À une époque où le scroll incessant sur les réseaux sociaux ne laisse que quelques dixièmes de seconde pour capter l’attention, les marques traditionnelles se retrouvent souvent noyées dans le flot incessant de contenus. Pourtant, certaines parviennent à percer, à créer du lien émotionnel et à générer des millions de vues organiques. Leur secret ? Elles ne se contentent plus de vendre un produit : elles racontent des histoires qui divertissent, qui surprennent et qui s’ancrent profondément dans l’imaginaire collectif. Bienvenue dans le monde du brand entertainment, où la pop culture devient l’alliée la plus puissante des directions marketing.

Le 16 février 2026, une interview passionnante est publiée sur le média spécialisé J’ai un pote dans la com. Sébastien Wullems, Managing Director de Busterwood, y dévoile les coulisses d’un studio créatif qui a su transformer des idées simples en véritables phénomènes viraux. À travers ses réponses, on comprend pourquoi le mélange entre marques, divertissement et références culturelles populaires est en train de redéfinir les règles du jeu en communication digitale. Plongeons ensemble dans les clés de cette approche qui fait aujourd’hui référence.

Pourquoi la pop culture est devenue incontournable en marketing moderne

Dans un monde saturé de publicités, l’attention est devenue la ressource la plus rare. Selon plusieurs études récentes, le temps moyen qu’un utilisateur accorde à une vidéo sur les réseaux avant de swiper est inférieur à 2 secondes. Face à cette réalité brutale, les stratégies classiques d’interruption perdent en efficacité. C’est là que la pop culture entre en scène : elle offre un langage universel, immédiat et chargé d’émotions positives.

Quand une marque utilise des codes issus de films cultes, de jeux vidéo iconiques, de mèmes viraux ou de tendances musicales, elle ne part plus de zéro. Elle s’appuie sur un socle de références déjà aimées par la cible. Sébastien Wullems l’explique très clairement :

« La Pop Culture étant par définition un univers de tendances communes auprès du grand public, elle nourrit nos réflexions stratégiques et permet d’adopter un langage commun positif auprès de nombreuses cibles. »

– Sébastien Wullems, Managing Director de Busterwood

Ce langage partagé permet de créer instantanément de l’empathie et de la connivence. Une blague bien placée sur un mème récent, une référence subtile à une série Netflix en plein buzz ou un clin d’œil à un jeu vidéo culte : tout cela construit un pont émotionnel bien plus efficace qu’un argumentaire produit traditionnel.

L’exemple viral qui a marqué 2026 : la raclette Grand Frais en mode sports d’hiver

Parmi les centaines de productions réalisées chaque année par Busterwood, une campagne est ressortie en 2026 comme un cas d’école du brand entertainment réussi : le contenu CGI / FOOH pour Grand Frais autour de la raclette.

Le concept ? Associer deux univers ultra-fédérateurs en France pendant l’hiver : la raclette (plat totem de l’apéro convivial) et les sports d’hiver. Le tout saupoudré d’une bonne dose d’humour absurde et d’une exécution visuelle irréprochable grâce à la technique du FOOH (Fake Out Of Home), ces fausses publicités géantes insérées dans des environnements réels via CGI.

Résultat : plus de 100 millions de vues organiques. Un chiffre qui donne le vertige et qui démontre une vérité simple mais puissante : quand l’idée est forte, compréhensible en moins de 2 secondes, diffusée au bon moment et exécutée avec talent, les résultats explosent.

Ce succès n’est pas le fruit du hasard. Il repose sur plusieurs piliers que l’on retrouve dans la méthodologie de Busterwood :

  • Une idée ultra-simple et immédiatement compréhensible
  • Une connexion directe avec les centres d’intérêt saisonniers de la cible
  • Une exécution visuelle premium (CGI de haut niveau)
  • Un timing parfait (lancement au pic de froid fin janvier)
  • Une tonalité fun et décomplexée

Comment construire une narration de marque cohérente et puissante

Accompagner une marque dans la définition de son univers narratif n’est pas une simple séance de brainstorming créatif. C’est un travail stratégique profond qui consiste à trouver le point de rencontre parfait entre trois éléments :

  • L’ADN profond de la marque (ses valeurs, son histoire, sa personnalité)
  • Les attentes et codes culturels de la cible prioritaire
  • Les territoires narratifs les plus riches et impactants de la pop culture actuelle

Sébastien Wullems insiste sur un point essentiel :

« Notre rôle principal consiste à identifier quel segment narratif et artistique correspond le mieux à l’univers de la marque et de la cible visée. »

– Sébastien Wullems

Concrètement, cela passe par une plongée dans l’écosystème culturel de la cible : quelles séries regarde-t-elle ? Quels jeux vidéo pratique-t-elle ? Quels artistes suit-elle ? Quels mèmes fait-elle circuler ? Une fois ces insights collectés, l’équipe créative pioche dans une immense bibliothèque d’inspirations (graphiques, sonores, narratives) pour construire un territoire qui sonne juste.

Du storytelling à l’expérience : les formats qui cartonnent en 2026

Une narration forte ne suffit pas : elle doit se traduire en expériences concrètes et engageantes. Busterwood active une large palette de formats, tous guidés par la même obsession : capter l’attention en moins de 2 secondes.

  • Contenus sociaux ultra-rythmés (Reels, TikToks, Shorts)
  • Expériences en réalité augmentée (filtres, packaging interactif)
  • Partenariats et licensing avec des licences iconiques
  • Activations gaming (mini-jeux, skins, mondes virtuels)
  • Contenus FOOH / CGI massivement viraux
  • Packaging narratif collector

Quel que soit le canal, la règle d’or reste la même : l’utilisateur doit comprendre l’idée en un clin d’œil. C’est cette immédiateté qui transforme un simple contenu en moment partagé massivement.

Le licensing : l’art délicat de faire cohabiter plusieurs univers

Parmi les leviers les plus puissants maîtrisés par Busterwood, le licensing occupe une place à part. Associer une marque grand public à une licence ultra-désirable (film, série, jeu vidéo, personnage culte) permet de bénéficier instantanément de toute la charge émotionnelle accumulée par cette IP.

Mais marier deux univers n’est pas une mince affaire. Il faut respecter :

  • Les guidelines narratives strictes des ayants droit
  • Les codes et chartes de la marque partenaire
  • Les attentes du consommateur final

Avec plus de 15 ans d’expérience et plusieurs centaines de collaborations à son actif, Busterwood a développé une méthodologie rodée pour créer des rencontres qui font sens pour les trois parties prenantes.

« La première règle consiste à organiser la rencontre autour d’une idée qui doit faire sens pour l’ensemble des trois parties : Marques, Ayants droits et Consommateurs. »

– Sébastien Wullems

Les atouts d’un creative studio 100 % internalisé

Ce qui distingue Busterwood de nombreuses agences classiques, c’est sa structure de creative studio : une grande partie des compétences techniques et artistiques sont internalisées. Graphistes, 3D artists, développeurs gaming, experts AR, motion designers… l’équipe couvre l’essentiel de la chaîne de création.

Cette maîtrise totale permet de :

  • Réagir très rapidement aux tendances
  • Contrôler intégralement la qualité artistique
  • Respecter des délais courts
  • Optimiser les budgets en limitant la sous-traitance
  • Expérimenter en permanence de nouvelles techniques

Les grands défis du brand entertainment aujourd’hui

Malgré son efficacité démontrée, construire des narrations innovantes reste un exercice d’équilibriste permanent. Sébastien Wullems identifie clairement le principal challenge :

« Notre principal défi consiste à résoudre l’équation permettant de faire matcher les désirs clients avec les nombreuses contraintes liées aux projets (chartes ayants droits, réglementations, budget, délais…). »

– Sébastien Wullems

C’est précisément pour répondre à cette complexité que le modèle du creative studio s’impose : en contrôlant l’ensemble de la production, on maximise les chances de transformer un brief ambitieux en activation mémorable.

Vers 2027-2030 : les tendances qui vont tout changer

Interrogé sur l’avenir, Sébastien Wullems pointe deux leviers majeurs qui, selon lui, redéfiniront le brand entertainment dans les prochaines années :

  • L’intelligence artificielle générative, qui révolutionne déjà la grammaire visuelle et accélère drastiquement les itérations créatives
  • Le gaming, encore largement sous-exploité comme territoire de communication et comme terrain de licensing

L’IA permet aujourd’hui de générer des visuels, des animations, des voix-off et même des concepts en un temps record. Mais elle ne remplace pas l’intelligence stratégique et culturelle : elle devient un outil démultiplicateur au service des créatifs.

Quant au gaming, il représente un océan d’opportunités encore peu exploré par les marques traditionnelles. Entre les licences ultra-puissantes (Fortnite, Roblox, Minecraft…), les mécaniques d’engagement natives et les communautés hyper-actives, le gaming est en passe de devenir le nouveau média dominant pour toucher les 18-35 ans.

Conclusion : le futur appartient aux marques qui savent divertir

Dans un paysage médiatique fragmenté et ultra-concurrentiel, les marques qui continuent à communiquer de manière purement promotionnelle risquent de disparaître du radar. À l’inverse, celles qui acceptent de devenir des studios de divertissement à part entière, qui osent s’approprier les codes de la pop culture et qui investissent dans des expériences réellement engageantes, gagnent des parts d’attention, d’affection et finalement de marché.

Comme le résume si bien Sébastien Wullems, l’efficacité du brand entertainment repose sur sa capacité à générer simultanément de l’attention et de l’empathie. Et dans un monde où ces deux ressources sont devenues les plus précieuses, cette combinaison explosive pourrait bien devenir le Graal du marketing moderne.

Une chose est sûre : les années à venir seront celles des marques qui savent raconter des histoires, faire rire, surprendre et émouvoir. Les années des marques qui, au fond, ont compris qu’avant de vendre, il fallait d’abord divertir.

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