Quand une agence confie la direction de ses relations presse à une professionnelle qui a déjà passé cinq ans à faire entendre des dirigeants dans un paysage médiatique en pleine recomposition, ce n’est pas un simple changement d’organigramme. C’est un signal. Le 1er octobre 2026, Marie Cannamela a été nommée Directrice RP, Next Gen Médias et Influence chez Angie. Derrière l’intitulé, il y a une question que beaucoup de directions de la communication se posent encore à voix basse : comment une entreprise construit-elle encore une réputation quand les rédactions se réduisent, que les formats se fragmentent et que les modèles d’intelligence artificielle commencent à raconter les marques à la place des journalistes ? La réponse ne tient plus dans un dossier de presse bien ficelé. Elle tient dans la capacité à relier médias traditionnels, nouveaux canaux, prises de parole incarnées et influence, sans laisser ces leviers se contredire.

Cette nomination arrive au moment où le département RP, Next Gen Médias et Influence d’Angie poursuit son développement. Marie Cannamela n’y débarque pas en touriste. Arrivée en 2021 comme Manager RP et Influence, elle accompagne depuis cinq ans des entreprises et leurs dirigeants dans leur visibilité médiatique. Adobe, OVHcloud, Arval et VINCI figurent parmi les acteurs qu’elle a suivis. Le geste de l’agence consiste donc moins à recruter une expertise extérieure qu’à installer, au sommet d’un pôle déjà en mouvement, une personne qui a vu de l’intérieur comment les briefs se transforment. Pour les équipes marketing, les fondateurs de startups et les directions communication qui lisent ces lignes, l’intérêt n’est pas le nom sur la porte. L’intérêt est le modèle que cette porte désigne.

Une nomination qui dit plus que l’organigramme

Dans les agences, les titres longs ne sont jamais anodins. Directrice RP, Next Gen Médias et Influence assemble trois métiers que beaucoup d’organisations continuent de traiter dans des silos. Les relations presse d’un côté, les médias émergents de l’autre, l’influence dans un troisième budget, souvent piloté par une équipe social media qui ne parle pas aux attachés de presse. Angie choisit ici de fondre ces briques dans une même responsabilité. Ce n’est pas un effet de manche. C’est une réponse à une réalité très concrète : un dirigeant cité dans un quotidien économique le matin peut être repris, tronqué ou contredit l’après-midi par un créateur, une newsletter spécialisée ou un résumé généré par un assistant. Si personne ne tient les trois fils, la marque subit le récit au lieu de le conduire.

Le parcours de Marie Cannamela éclaire ce choix. Dix ans de communication, du BtoB au BtoC, un master en communication d’entreprise obtenu à l’Università Cattolica del Sacro Cuore de Milan puis à l’Institut Catholique de Paris, un début de carrière chez Babel auprès d’American Express, des Furets et de Tetra Pak, puis Hopscotch Season, d’abord à New York et ensuite à Paris, sur des dossiers agroalimentaires comme IVSO et CNPC. Ce n’est pas le CV d’une spécialiste mono-canal. C’est celui d’une praticienne qui a vu des marques grand public, des acteurs financiers, des industriels et des groupes d’infrastructure. À New York, elle a observé un marché où l’incarnation personnelle des dirigeants était déjà une discipline à part entière. À Paris, elle a retrouvé des secteurs où la prudence institutionnelle reste forte. Cette double exposition est précisément ce dont a besoin un pôle qui veut parler aux médias classiques sans ignorer les formats qui naissent en dehors des rédactions.

Angie, de son côté, positionne cette promotion comme un renforcement de l’accompagnement intégré. Relations presse, partenariats médias, stratégie d’incarnation sur LinkedIn, interventions publiques dans des événements et des lieux d’influence économiques et politiques : la promesse n’est plus de « faire de la RP » au sens étroit. Elle est de construire une présence cohérente, là où les décideurs se forment une opinion. Pour une startup qui lève, pour un groupe qui doit expliquer une transformation, pour une marque qui veut exister dans l’esprit d’acheteurs BtoB, cette cohérence vaut souvent plus qu’un pic de couverture isolé.

Ce que change vraiment le poste

Dans ses nouvelles fonctions, Marie Cannamela aura pour mission de renforcer l’accompagnement des dirigeants en associant relations médias, prises de parole, influence et leader advocacy. Le mot mérite qu’on s’y arrête. Le leader advocacy n’est pas le personal branding décoratif que l’on voit parfois sur les réseaux, avec des citations inspirantes détachées de toute décision. C’est l’idée qu’un dirigeant porte, de façon régulière et argumentée, la vision de son entreprise, et que cette parole devient un actif de réputation. Elle se décline en interviews, en tribunes, en interventions dans des cercles économiques, en fils LinkedIn qui ne se contentent pas de relayer le communiqué du jour.

L’objectif affiché est de proposer des stratégies cohérentes sur les différents canaux. Cohérent ne veut pas dire identique. Un papier dans un titre économique n’a pas la même grammaire qu’une prise de parole filmée de quatre-vingt-dix secondes, ni qu’un échange avec un créateur spécialisé, ni qu’une intervention dans un lieu politique ou patronal. La cohérence porte sur le fond : le problème que l’entreprise prétend résoudre, la preuve qu’elle avance, le ton qu’elle s’autorise. Trop d’organisations découvrent trop tard que leur PDG dit une chose en plateau, que leur page entreprise en dit une autre, et que leurs partenaires d’influence racontent une troisième version, souvent plus vivante, donc plus crue.

Deuxième axe, et non des moindres : accélérer la présence des clients d’Angie dans les médias Next Gen, et accompagner la démarche d’innovation de l’agence autour de l’influence comme levier d’IA-réputation. La formule est neuve, le problème ne l’est plus. Les modèles de langage s’entraînent et se mettent à jour à partir de ce qui est publié, cité, repris, structuré. Une marque absente des sources que ces systèmes jugent fiables devient une marque que l’IA décrit mal, ou qu’elle décrit à partir de sources concurrentes. L’influence, dans ce cadre, n’est plus seulement un levier d’audience. Elle devient un levier de matière première informationnelle. Ce que des experts, des médias spécialisés et des dirigeants publient aujourd’hui nourrit ce que les assistants répondront demain à un prospect qui demande « qui est crédible sur ce sujet ».

L’essor de l’IA, l’émergence de nouveaux médias et de nouveaux formats, mais aussi l’articulation entre les stratégies earned et paid, font évoluer les manières dont les entreprises construisent leur visibilité et leur réputation. Dans ce contexte, les dirigeants sont aussi de plus en plus amenés à porter et incarner la vision de leur entreprise. C’est un terrain particulièrement stimulant pour notre métier, et une belle opportunité de continuer à faire rayonner notre expertise tout en accompagnant nos clients dans ces nouvelles dynamiques de communication.

– Marie Cannamela, Directrice RP, Next Gen Médias et Influence chez Angie

Cette déclaration, reprise par la rédaction de J’ai un pote dans la com, résume mieux qu’un organigramme le déplacement du métier. Trois forces y sont nommées sans détour : l’intelligence artificielle, les nouveaux médias et formats, l’articulation entre earned et paid. Aucune de ces forces ne se gère avec les réflexes de 2016. Le communiqué reste utile. Il ne suffit plus.

Pourquoi les dirigeants deviennent le média

Pendant longtemps, la communication corporate a cherché à protéger le dirigeant. Moins il parlait, moins il risquait. Cette logique tient encore dans certains secteurs régulés, et elle n’est pas absurde : une phrase mal calibrée peut coûter plus cher qu’une campagne. Mais le marché de l’attention a basculé. Les études d’usage, les ventes média et le simple constat des fils d’actualité montrent la même chose : les gens font davantage confiance à une personne identifiable qu’à un logo. Dans le BtoB, c’est encore plus net. Un acheteur qui hésite entre deux éditeurs de logiciel, deux cabinets ou deux infrastructures cloud va chercher qui porte le sujet, qui a déjà pris position, qui a été contredit et qui a tenu.

Le leader advocacy répond à ce déplacement. Il ne s’agit pas de transformer chaque directeur général en créateur de contenu. Il s’agit de choisir trois ou quatre terrains sur lesquels la parole du dirigeant a une légitimité réelle, puis de les tenir dans la durée. Un patron d’infrastructure qui parle transition énergétique sans jamais citer un chiffre d’exploitation sera lu comme un slogan. Un fondateur de startup qui commente chaque polémique du jour sera lu comme un bruit. La discipline consiste à relier la parole à une décision, à un arbitrage, à une contrainte que l’entreprise connaît mieux que les autres.

Angie inscrit cette incarnation dans un dispositif plus large : LinkedIn d’un côté, interventions publiques de l’autre, dans des événements et des lieux d’influence économiques et politiques. Le choix de LinkedIn n’est pas un réflexe de mode. C’est le réseau où se croisent, en France, une grande partie des décideurs BtoB, des journalistes économiques, des candidats et des partenaires. Une tribune bien placée et un fil construit par le dirigeant ne se cannibalisent pas s’ils racontent la même thèse avec deux densités différentes. L’une apporte la caution d’un titre. L’autre apporte la régularité, donc la mémoire.

Les lieux d’influence politiques et économiques ajoutent une couche que le social media ne remplace pas. Un petit-déjeuner dans un cercle patronal, une audition, une table ronde ministérielle ou une intervention dans un forum sectoriel produisent des effets que les métriques de vanité ne voient pas : une phrase retenue par un conseiller, une mise en relation, une objection entendue avant qu’elle ne devienne un article. Les équipes qui ne pilotent que le quantitatif passent à côté de cette matière. Celles qui n’envoient le dirigeant que dans ces cercles, sans trace publique, passent à côté de la preuve. Le métier que Marie Cannamela prend en main consiste à tenir les deux.

Médias Next Gen : de quoi parle-t-on vraiment

L’expression médias Next Gen circule beaucoup dans les pitchs. Elle mérite d’être précisée, sinon elle devient un synonyme vague de « tout ce qui n’est pas un quotidien papier ». Dans la pratique des relations publiques contemporaines, elle désigne des espaces où l’information circule hors du circuit classique rédaction-conférence de rédaction-bouclage. Newsletters ultra-spécialisées lues par quelques milliers de décideurs. Chaînes et formats vidéo tenus par des journalistes devenus indépendants. Podcasts sectoriels. Médias créés par d’anciens rédacteurs en chef. Comptes d’experts qui publient des analyses plus longues que bien des papiers. Plateformes où le commentaire d’un praticien pèse autant qu’une brève d’agence.

Ces espaces ont trois traits communs. Ils sont souvent étroits, donc précieux pour qui vend à un public identifié. Ils ont des formats courts ou hybrides, peu compatibles avec un dossier de douze pages. Ils se souviennent. Une marque qui arrive avec un message générique est écartée vite, et l’écartement laisse une trace. Accélérer la présence de clients dans ces médias, comme le prévoit le mandat de Marie Cannamela, suppose donc un travail d’édition, pas seulement un travail de relation. Il faut des angles, des données que le média ne possède pas, des dirigeants capables de répondre sans élément de langage lu, et une patience que les reportings mensuels aiment peu.

Le contresens serait d’opposer Next Gen et médias historiques. Un titre économique national reste un accélérateur de crédibilité, surtout lorsqu’un fonds, un conseil d’administration ou un grand compte doit être rassuré. Un média de niche reste un accélérateur de précision. Les organisations qui gagnent sont celles qui savent dans quel ordre empiler les preuves. Parfois la niche prépare le national. Parfois le national ouvre la niche, parce qu’un créateur spécialisé ne reprendra le sujet que s’il a déjà été légitimé. Ce séquençage est un savoir-faire d’agence, pas une case dans un tableur.

Les clients déjà cités autour de Marie Cannamela donnent une idée du spectre. Adobe évolue dans un marché où la création, le marketing et désormais l’IA générative se percutent en public. OVHcloud porte des sujets de cloud, de souveraineté et d’infrastructure, très sensibles au récit politique autant qu’au récit technique. Arval touche la mobilité d’entreprise, un terrain où la transition et l’usage se discutent autant dans la presse économique que chez les décideurs flottes. VINCI incarne les infrastructures, les concessions, la ville, des sujets où la parole publique est scrutée. Accompagner ces profils pendant cinq ans, c’est avoir déjà négocié des contextes où un mauvais angle coûte plus qu’une absence de retombée.

L’influence comme matière de l’IA-réputation

Parler d’influence comme levier d’IA-réputation peut sonner comme un concept d’agence. Le mécanisme, lui, est prosaïque. Les assistants que consultent déjà des acheteurs, des journalistes et des candidats agrègent des sources publiques. Ils privilégient ce qui est répété, sourcé, structuré, signé par des entités qu’ils jugent stables. Une entreprise qui n’existe dans le web ouvert que par ses pages commerciales sera résumée comme une page commerciale. Une entreprise dont les dirigeants, des experts tiers et des médias spécialisés ont publié des analyses recoupées sera résumée avec ces nuances. La différence se voit le jour où un prospect demande à un outil « compare ces trois acteurs » et obtient un paragraphe qui ignore le vôtre, ou qui le réduit à une controverse ancienne.

Ce n’est pas une raison pour produire du contenu vide afin de « nourrir l’IA ». Les systèmes repèrent assez vite le remplissage, et les humains encore plus vite. C’est une raison pour traiter chaque prise de parole comme une pièce d’archive. Une interview bien titrée, une tribune qui avance une thèse discutable mais étayée, une intervention retranscrite, un échange avec un expert reconnu : tout cela devient une source. L’influence, dans cette acception, n’est pas l’achat de mentions. C’est la construction d’un réseau de voix qui acceptent de discuter le sujet de l’entreprise parce que le sujet les intéresse vraiment.

Angie dit vouloir innover sur ce terrain. L’innovation utile, ici, n’est pas un tableau de bord de plus. Elle est méthodologique. Cartographier les sources que les modèles citent déjà sur un secteur. Repérer les vides. Décider quels dirigeants peuvent les combler sans se travestir. Mesurer non seulement les reprises humaines, mais la stabilité du récit lorsque l’on interroge plusieurs assistants sur plusieurs semaines. Peu d’équipes le font avec rigueur. Celles qui commenceront tôt prendront une avance difficile à rattraper, parce que la réputation dans ces systèmes se sédimente.

Il y a un risque à nommer. Une marque peut être tentée de saturer le web de contenus optimisés pour être cités, au détriment de la vérité opérationnelle. Le contrecoup est sévère : un décalage entre le récit machine et l’expérience client se voit, se commente, et se retrouve à son tour dans les sources. L’IA-réputation ne récompense pas le plus bavard. Elle récompense, tant bien que mal, le plus cohérent. D’où l’insistance, dans le mandat décrit par Angie, sur des stratégies qui tiennent ensemble earned, influence et incarnation.

Earned et paid : l’articulation qui fâche

Marie Cannamela pointe explicitement l’articulation entre stratégies earned et paid. Le sujet fâche parce qu’il traverse les budgets. Le paid achète la place. L’earned gagne l’attention. Pendant des années, les équipes ont fait semblant que les deux mondes ne se parlaient pas, pour préserver une étanchéité morale très commode. Cette étanchéité est devenue intenable. Les médias Next Gen vivent souvent d’un mélange de abonnements, de partenariats et de contenus sponsorisés assumés. Les plateformes mélangent organique et promotion dans le même fil. Un dirigeant peut publier un texte gratuit le mardi et voir son entreprise amplifier un extrait le jeudi. Le lecteur, lui, ne fait pas la comptabilité des lignes budgétaires.

L’enjeu n’est pas de tout mélanger. Il est de décider ce qui doit rester non monnayé pour garder sa force, et ce qui peut être amplifié sans abîmer la confiance. Une enquête reprise par un titre indépendant n’a pas la même valeur qu’un publireportage, et le prétendre serait une faute. En revanche, refuser toute amplification payante d’une prise de parole déjà légitime, c’est offrir l’audience à ceux qui n’ont pas ces scrupules. Les directions marketing les plus à l’aise avec ce sujet fixent des règles simples : pas de script imposé aux voix tierces, séparation visible des formats partenaires, et un noyau de preuves earned que le paid ne fait qu’étendre.

Pour une agence, tenir ce cadre demande une gouvernance que les organigrammes classiques rendent difficile. Si le pôle RP ne parle pas au pôle paid, le client découvre ses contradictions sur le fil d’actualité. En regroupant relations presse, médias Next Gen et influence sous une même direction, Angie réduit au moins le nombre de traducteurs. Cela ne supprime pas la tension. Cela lui donne un responsable.

Ce que les marques peuvent en tirer dès maintenant

Une nomination dans une agence parisienne n’oblige personne à changer son organisation le lundi matin. Elle offre en revanche une grille de lecture. Les entreprises qui sentent leur visibilité s’éroder, malgré des budgets stables, reconnaîtront souvent les mêmes symptômes : un dirigeant absent des sujets que l’entreprise prétend porter, des retombées presse décorrélées des prises de parole sociales, des partenaires d’influence briefés trop tard, aucun suivi de ce que les assistants racontent de la marque. Corriger cela ne demande pas une révolution. Cela demande des arbitrages.

Le premier arbitrage porte sur les sujets. Une entreprise ne peut pas être audible sur tout. Trois thèses, tenues dix-huit mois, valent mieux que douze messages de campagne. Le deuxième porte sur les visages. Tout le comité exécutif n’a pas à parler. Deux ou trois voix, dont une au moins capable d’aller au-delà du discours institutionnel, suffisent si elles sont constantes. Le troisième porte sur les lieux. Médias historiques pour la caution, médias Next Gen pour la précision, LinkedIn pour la régularité, cercles physiques pour la relation. Le quatrième porte sur la preuve. Sans chiffre, sans cas, sans contrainte assumée, la parole de dirigeant rejoint le bruit ambiant.

Les startups ont ici un avantage qu’elles sous-estiment. Leur fondateur est déjà le média. Le risque n’est pas le silence, c’est la dispersion : commenter chaque actualité tech, chaque levée concurrente, chaque débat réglementaire, jusqu’à ce que plus personne ne sache ce que l’entreprise fabrique. Un accompagnement de type leader advocacy sert alors de filtre. Il ne s’agit pas d’éteindre la personnalité. Il s’agit de lui donner une colonne vertébrale. Les groupes établis ont le problème inverse : des processus de validation qui transforment chaque phrase en consensus mou. L’agence, dans ce cas, sert de pression externe utile, à condition que le dirigeant accepte de trancher.

  • Choisir trois thèses seulement, et les tenir plus longtemps qu’un cycle de campagne.
  • Désigner des voix, pas un comité : un dirigeant, parfois un expert interne, rarement toute la direction.
  • Séparer ce qui doit rester earned de ce qui peut être amplifié, et l’écrire noir sur blanc.
  • Préparer les médias Next Gen comme des rédactions exigeantes, pas comme des relais de communiqué.
  • Relire chaque trimestre ce que les assistants publics disent de la marque, et corriger les trous par des sources réelles.
  • Mesurer la cohérence entre interview, fil LinkedIn et intervention en cercle fermé, pas seulement le volume de retombées.

Un parcours qui éclaire le métier

Revenir sur le chemin de Marie Cannamela n’est pas un exercice de biographie. C’est une façon de comprendre quelles compétences le poste réclame. Le master entre Milan et Paris installe d’emblée une double culture. L’Italie et la France n’ont pas les mêmes réflexes de parole publique, ni les mêmes rapports à l’entreprise familiale, au design, à la presse économique. Travailler ensuite chez Babel pour American Express, LesFurets.com et Tetra Pak, c’est traverser des univers où la promesse de marque est très exposée : le paiement, la comparaison d’assurances, l’emballage alimentaire. Dans ces secteurs, une formulation imprécise se voit vite, parce que le public compare.

Hopscotch Season, à New York puis à Paris, ajoute une autre couche. Le marché américain des relations publics a normalisé plus tôt l’idée que le dirigeant est un canal. Les acteurs de l’agroalimentaire, dont IVSO et CNPC, imposent en retour une exigence de preuve et de filière. On n’y raconte pas une transition avec des adjectifs. On la raconte avec des origines, des volumes, des contraintes de transformation. Cette gymnastique, preuve d’un côté, incarnation de l’autre, est exactement celle que réclame un pôle mêlant médias, influence et advocacy.

L’arrivée chez Angie en 2021 comme Manager RP et Influence, puis la prise de direction cinq ans plus tard, raconte aussi quelque chose sur le rythme des agences. Promouvoir en interne une personne qui a déjà les clients dans la durée limite le coût d’apprentissage. Les journalistes n’aiment pas qu’on leur présente un nouvel interlocuteur tous les dix-huit mois. Les dirigeants non plus. La continuité est un avantage compétitif discret, rarement mis en avant dans les communiqués, décisif dans la pratique.

Comment lire cette actualité côté annonceurs

Les annonceurs qui travaillent déjà avec une agence de relations publiques peuvent utiliser cette nomination comme un miroir. Leur dispositif actuel sépare-t-il encore la presse, les créateurs et la parole du dirigeant en trois briefs qui ne se rencontrent qu’en comité mensuel ? Leur reporting compte-t-il des retombées sans jamais vérifier si le message a survécu à la reprise ? Ont-ils une doctrine sur ce qui peut être payé et ce qui ne doit pas l’être ? S’intéressent-ils à la façon dont les outils d’IA décrivent leur secteur, ou considèrent-ils le sujet comme un gadget de veille ?

Répondre non à plusieurs de ces questions n’est pas une honte. C’est l’état du marché. Les organisations qui avanceront sont celles qui accepteront de réduire le nombre de messages pour augmenter leur densité. Elles accepteront aussi que l’influence ne se pilote pas comme de l’achat d’espace. Une voix tierce qui répète un script perd sa valeur le jour où le lecteur s’en aperçoit, et les lecteurs s’en aperçoivent. Mieux vaut moins de relais, et des relais qui argumentent.

Côté startups, la leçon est plus opérationnelle encore. Lever des fonds ne remplace pas une thèse publique. Un produit solide ne remplace pas une explication claire du problème. Les fonds et les grands comptes lisent, écoutent, demandent à des outils de résumer. Une jeune pousse absente de ce résumé existe moins, même si son chiffre d’affaires est réel. Construire tôt une parole de fondateur, adossée à des preuves et relayée par des médias de niche crédibles, coûte moins cher que de rattraper un récit déjà écrit par d’autres.

Côté groupes, la leçon porte sur la vitesse. VINCI, Adobe, OVHcloud ou Arval n’ont pas les mêmes contraintes qu’une série A, mais ils partagent une exposition : leurs sujets intéressent à la fois les marchés, les régulateurs, les salariés et les clients. Une direction de la communication qui ne sait pas faire circuler un même fond entre une interview, un partenariat média, un post de dirigeant et une intervention en cercle fermé laisse des trous. Ces trous se remplissent tout seuls, rarement dans le sens souhaité.

Le rôle des agences dans un marché plus dur

Le marché des agences de communication en France est dense, et les annonceurs comparent. Ce qui distingue un pôle comme celui qu’Angie confie à Marie Cannamela, ce n’est pas la promesse d’être « intégré », mot usé jusqu’à la corde. C’est la capacité à refuser un brief incohérent. Un client qui veut une couverture nationale sur un sujet que son dirigeant refuse d’incarner, tout en exigeant des créateurs qu’ils racontent l’inverse de la tribune officielle, ne manque pas d’agence. Il manque de lucidité. L’agence utile est celle qui remet le brief à plat avant de promettre des retombées.

Cette exigence explique l’insistance sur l’accompagnement des dirigeants. On ne « place » pas un patron comme on place un produit. On travaille sa thèse, ses exemples, ses limites, ce qu’il accepte de dire en public et ce qu’il réserve aux cercles fermés. Ce travail prend du temps. Il est mal rendu par les indicateurs de couverture brute. Il se voit dans la qualité des questions que les journalistes finissent par poser, dans la stabilité du vocabulaire d’une entreprise sur dix-huit mois, dans le fait qu’un assistant, interrogé sur le secteur, cite autre chose qu’une page d’accueil.

Les partenariats médias complètent le tableau, à condition de ne pas servir de cache-misère. Un partenariat bien conçu offre un format que l’actualité pure ne permet pas : une série, un décryptage, un terrain. Un partenariat mal conçu achète un logo et fatigue le lecteur. Là encore, la frontière avec le paid doit être nette. Le lecteur d’un média Next Gen est souvent plus attentif que le lecteur d’un fil généraliste. Il repère vite ce qui a été écrit pour lui et ce qui a été écrit pour le service com.

LinkedIn, cercles fermés, presse : trois vitesses

Pour rendre le modèle tangible, il faut accepter que ces canaux n’ont pas la même horloge. LinkedIn récompense la régularité. Une prise de parole toutes les six semaines, signée par le dirigeant, ancrée dans un fait d’entreprise ou de marché, construit une mémoire. La presse récompense l’actualité et l’exclusivité relative. Proposer le même texte à tout le monde au même moment reste possible, mais les titres qui comptent demandent un angle, une donnée, une disponibilité. Les cercles économiques et politiques récompensent la présence physique et la discrétion. On n’y récite pas le post de la veille. On y écoute, et l’on avance une position que l’on pourra assumer si elle fuite, parce qu’elle finit souvent par fuiter.

Tenir ces trois vitesses est le cœur opérationnel du poste. Une équipe qui ne fait que de la presse arrive en retard sur la conversation. Une équipe qui ne fait que du social produit de la présence sans caution. Une équipe qui ne fréquente que les cercles fermés construit du réseau sans preuve publique. L’intégration annoncée par Angie n’a de sens que si ces rythmes sont planifiés ensemble, avec un dirigeant qui a accepté le calendrier. Sans cet accord, le plus bel organigramme reste une plaquette.

On peut illustrer la mécanique avec un cas fictif, mais réaliste. Une entreprise d’infrastructure cloud veut exister sur la souveraineté des données, sans tomber dans le slogan. Semaine un, le dirigeant publie sur LinkedIn un arbitrage concret : pourquoi tel workload reste en Europe, ce que cela coûte, ce que cela empêche. Semaine trois, un média spécialisé reçoit une donnée que le post n’avait pas : la part des clients qui ont modifié leur architecture. Semaine six, une intervention dans un cercle économique permet d’entendre l’objection des industriels qui trouvent la contrainte excessive. Semaine huit, une tribune reprend l’objection au lieu de l’ignorer, et explique le compromis. Au bout du trimestre, un assistant interrogé sur le sujet a des sources à citer qui ne sont pas la page produit. Rien de viral. Quelque chose de durable.

Ce que cette nomination ne règle pas

Il serait naïf d’en faire une bascule de marché. Une promotion, même bien ajustée, ne répare pas la baisse des effectifs dans les rédactions, ni la fatigue des audiences, ni la tentation des marques de confondre présence et confiance. Elle ne règle pas non plus la question éthique de l’influence : jusqu’où une voix tierce peut-elle être accompagnée sans devenir un canal déguisé. Les professionnels sérieux connaissent la ligne. Le marché, lui, la teste en permanence, parce que les formats partenaires rapportent et que les formats purement éditoriaux coûtent.

Elle ne règle pas davantage l’inégale appétence des dirigeants. Certains aiment porter un sujet et acceptent la contradiction. D’autres veulent le bénéfice de la visibilité sans le risque de la phrase. Aucune direction d’agence ne transforme le second en premier. Le travail consiste alors à ajuster le dispositif : moins de live, plus de tribunes relues, des experts internes en renfort, des formats où la preuve compte plus que le charisme. Prétendre que chaque patron doit devenir un média est une erreur de conseil. Prétendre que l’entreprise peut s’en passer totalement, dans les secteurs exposés, en est une autre.

Enfin, l’IA-réputation reste un terrain mouvant. Les modèles changent de sources, de pondération, de fraîcheur. Ce qui est cité en octobre peut l’être moins en avril. Construire une stratégie uniquement pour « être dans l’IA » serait aussi fragile que de construire une stratégie uniquement pour un algorithme de réseau social. Le socle solide reste le même : des faits publics, des voix identifiables, des médias qui vérifient, une parole de dirigeant qui ne change pas de thèse tous les trimestres. Le reste est une couche, utile, pas un fondement.

Une lecture pour les équipes communication

Les équipes internes peuvent tirer de cette actualité un mode d’emploi modeste. D’abord, nommer un propriétaire unique des récits dirigeants, même si l’exécution reste partagée entre presse, social et affaires publiques. Ensuite, écrire la doctrine earned et paid sur une page, pas dans une note de vingt. Ensuite, constituer un petit fonds de preuves : trois chiffres que le dirigeant peut citer sans note, deux cas clients autorisés, une limite assumée. Ensuite, ouvrir un rendez-vous mensuel qui ne parle pas de calendrier de posts, mais de contradictions : où le récit public et le récit commercial divergent-ils. Ces divergences sont le vrai matériau. Les ignorer, c’est préparer la prochaine crise de crédibilité.

Elles peuvent aussi revoir la façon dont elles briefent les agences. Un brief qui demande « de la visibilité » sans thèse est un brief qui produira du volume. Un brief qui demande « que le dirigeant existe » sans lui accorder du temps est un brief qui produira des éléments de langage. Le mandat décrit autour de Marie Cannamela suppose l’inverse : du temps de dirigeant, une thèse, une acceptation des médias qui ne sont pas les plus gros, une curiosité pour ce que les systèmes d’IA répètent. Les annonceurs qui arrivent avec ce niveau d’exigence tirent davantage de leurs partenaires que ceux qui comparent des grilles d’équivalence retombées.

Le détail des clients accompagnés rappelle enfin que le BtoB n’est pas un sous-genre de la communication. Adobe, OVHcloud, Arval, VINCI ne cherchent pas une notoriété vague. Ils cherchent à être compris par des acheteurs, des partenaires, des pouvoirs publics, des talents. Dans ces audiences, un article précis vaut mieux qu’une campagne large, et une parole de dirigeant tenue vaut mieux qu’une signature de célébrité. C’est un marché où le métier de relations publiques a encore une marge, à condition de ne pas se raconter qu’il suffit d’envoyer des communiqués.

Et après : ce qu’il faudra observer

Les mois qui viennent diront si l’intitulé se traduit en pratique. On pourra l’observer sans avoir accès aux briefs. Est-ce que les dirigeants accompagnés par Angie gagnent en régularité sur les sujets qu’ils portent, ou seulement en volume de citations ? Est-ce que des formats Next Gen apparaissent dans les dispositifs, avec de vrais angles, ou seulement des logos de partenariat ? Est-ce que l’agence publie, même de façon indirecte, une méthode sur l’IA-réputation qui dépasse le mot ? Est-ce que la frontière earned et paid reste lisible dans les opérations visibles ?

Pour le reste du marché, la nomination agit comme un repère. D’autres agences rapprocheront presse, influence et parole de dirigeant, parce que les clients le demanderont, et parce que les silos coûtent des pitches. D’autres annonceurs créeront en interne des rôles équivalents, parfois rattachés à la direction de la communication, parfois à la direction générale. Le vocabulaire importera peu. La question utile restera la même : qui, dans l’organisation, a le droit de dire non à un message qui contredit la thèse du dirigeant ?

Marie Cannamela dispose, pour répondre à cette question chez Angie, d’un avantage simple : elle connaît déjà la maison, les clients et le métier. Cinq ans comme manager RP et influence ne garantissent pas la réussite d’une direction. Ils évitent la phase où l’on découvre les dossiers en même temps que l’on doit les transformer. Dans un secteur où l’attention se fragmente et où les machines commencent à redistribuer la notoriété, ce temps d’avance compte.

En résumé pour décider

La nomination de Marie Cannamela à la direction RP, Next Gen Médias et Influence d’Angie concentre plusieurs déplacements déjà à l’œuvre dans la communication des entreprises. Le dirigeant redevient un média, à condition d’avoir une thèse. Les médias émergents ne remplacent pas la presse, ils changent l’ordre des preuves. L’influence cesse d’être un budget à part pour devenir une façon de produire des sources. L’intelligence artificielle ne crée pas la réputation, elle l’accélère, dans le bon sens comme dans le mauvais. L’earned et le paid doivent être articulés sans être confondus. Rien de tout cela n’est une mode de rentrée. C’est le cadre dans lequel les équipes marketing, les fondateurs et les directions communication vont travailler, qu’ils passent ou non par Angie.

  • La promotion interne prime ici sur le recrutement externe : continuité avec les clients et les rédactions.
  • Le périmètre mêle presse, médias Next Gen, influence et leader advocacy, au lieu de les juxtaposer.
  • LinkedIn et les lieux d’influence économiques ou politiques font partie du dispositif, pas d’un annexe social media.
  • L’IA-réputation se travaille par des sources crédibles, pas par du contenu fabriqué pour les machines.
  • Le parcours Babel, Hopscotch Season puis Angie couvre BtoC, BtoB, New York et Paris : une polyvalence utile au poste.

Ceux qui voudront suivre le fil peuvent revenir au compte rendu publié par J’ai un pote dans la com, qui a relayé la nomination et la citation de Marie Cannamela. L’essentiel, pour une équipe qui pilote une marque, n’est pas de commenter le mercato des agences. L’essentiel est de se demander si sa propre visibilité tient encore debout lorsque l’on retire le budget paid, lorsque l’on interroge un assistant, et lorsque le dirigeant n’est pas dans la pièce. Si la réponse hésite, le sujet n’est plus l’organigramme d’Angie. C’est le vôtre.

Une dernière précision, parce que les actualités de nomination produisent parfois des lectures trop rapides. Être nommée à la tête d’un pôle ne signifie pas que les pratiques du marché basculent d’un coup. Cela signifie qu’une agence juge le moment venu de donner un responsable unique à des métiers qu’elle veut faire progresser ensemble. Les clients jugeront sur pièces : qualité des angles, tenue des dirigeants dans la durée, respect des rédactions, clarté des partenariats, capacité à dire ce que l’entreprise ne sait pas encore faire. C’est à cette aune, et non à celle des intitulés, que la direction prise par Marie Cannamela sera lisible. Les professionnels de la communication digitale, du marketing BtoB et de la tech ont tout intérêt à regarder ce critère-là, plutôt que le seul mouvement d’organigramme. La réputation, en 2026, se gagne moins par l’annonce que par la répétition juste des mêmes preuves, sur des canaux qui ne se parlent pas encore assez.