Imaginez traverser deux continents, 30 000 kilomètres de routes imprévisibles, à bord d’un side-car vintage… en étant paraplégique. C’est l’exploit fou que viennent de réaliser François Pons et son cousin Marc Bouzik. Et derrière cette odyssée humaine se cache une marque qui a tout compris au branding moderne : Triumph. Loin des campagnes lisses et policées, la firme britannique a choisi de soutenir un projet brut, sincère et terriblement inspirant baptisé Side to Side. Résultat ? Une opération qui fait vibrer bien au-delà du monde de la moto.

Quand une marque devient co-scénariste d’une histoire vraie

Le partenariat ne se limite pas à un logo plaqué sur une bande-annonce. Triumph a fourni le side-car lui-même – une Bonneville T100 Bud Ekins spécialement adaptée – et a financé une partie significative de la production du long-métrage. Le véhicule n’est pas un simple produit placé : il devient personnage à part entière, symbole de liberté retrouvée et d’ingéniosité technique.

Ce choix stratégique illustre parfaitement l’évolution du marketing de marque : on ne vend plus seulement un objet, on vend une expérience émotionnelle forte et des valeurs qui résonnent avec les attentes sociétales actuelles.

« Ce n’est pas du sponsoring classique, c’est un engagement humain avant d’être commercial. »

– Explication donnée par l’équipe Triumph France

L’inclusion n’est plus un sujet, c’est un levier de storytelling

François Pons a perdu l’usage de ses jambes il y a dix ans. Plutôt que de se morfondre, il décide avec Marc de repartir à l’aventure, mais autrement. Deux ans de préparation, des centaines d’heures d’ingénierie pour adapter le side-car, un premier test grandeur nature dans les fjords norvégiens… puis le grand départ : Atlantique-Pacifique via l’Europe, la Russie, la Mongolie et l’Alaska.

Le film Side to Side ne montre pas seulement de magnifiques paysages. Il capture les galères, les fous rires, les doutes, les rencontres improbables. Autant d’éléments qui font exploser les stéréotypes sur le handicap et qui transforment le spectateur.

Pour une marque, s’associer à ce type de récit, c’est prendre le risque de l’authenticité. Et ça paye : le court-métrage de 20 minutes réalisé en 2024 a fait salle comble et standing ovation lors de la Journée internationale du handicap. Le long-métrage, sorti en septembre 2025, est déjà sélectionné dans les plus grands festivals d’aventure (FIFAV La Rochelle, What a Trip, Les Écrans de l’Aventure…).

Les ingrédients d’une campagne RSE qui marque réussie

Pourquoi cette opération fonctionne-t-elle aussi bien auprès du public et des professionnels du marketing ? Voici les clés :

  • Authenticité absolue – Pas d’acteurs, pas de mise en scène larmoyante, juste deux cousins qui vivent leur rêve.
  • Co-construction – Triumph a accompagné le projet dès le début, sans imposer sa vision créative.
  • Alignement parfait des valeurs – Liberté, aventure, résilience : l’ADN même de la marque moto britannique.
  • Activation multi-canal – Projections-débats en entreprise (LVMH, Crédit Mutuel, UNESCO…), tournée nationale, présence festivals, réseaux sociaux viraux.
  • Timing parfait – Sortie calée sur la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées et la Journée internationale du 3 décembre.

Ce que les marques peuvent apprendre de Triumph

Dans un monde où 87 % des consommateurs déclarent préférer les marques engagées (étude Edelman 2024), le sponsoring classique ne suffit plus. Les opérations doivent créer de l’émotion durable et du sens partagé.

Triumph démontre qu’une marque patrimoniale peut rester ultra-moderne en choisissant des projets indépendants, risqués, mais terriblement humains. Plutôt que de produire une énième publicité inclusive en studio, la marque a préféré devenir mécène d’une œuvre qui existe par elle-même.

Résultat : l’image de Triumph sort renforcée auprès des motards évidemment, mais aussi auprès d’un public beaucoup plus large – entreprises sensibles à la diversité, jeunes générations en quête de sens, amateurs de cinéma documentaire.

Un modèle reproductible (ou presque)

Toutes les marques n’ont pas la chance d’avoir un side-car iconique dans leur catalogue, mais le schéma reste applicable :

  1. Identifier un projet indépendant porté par des personnalités fortes et alignées sur vos valeurs
  2. Proposer un soutien technique + financier sans prise de contrôle créative
  3. Activer le partenariat sur le long terme (tournée, conférences, contenus digitaux)
  4. Laisser l’histoire vivre et porter elle-même le message de marque

Patagonia, Red Bull ou encore GoPro ont déjà prouvé l’efficacité de cette approche. Triumph vient d’ajouter une nouvelle référence magistrale dans le domaine de l’inclusion et de l’aventure humaine.

Prochaines étapes : la tournée qui prolonge l’expérience

François et Marc ne s’arrêtent pas là. Une tournée nationale de projections-débats est en cours : Marseille et Angers déjà complets, Paris le 3 décembre, et d’autres dates à venir. Chaque séance est l’occasion pour les entreprises d’organiser des moments forts autour de la diversité et de la résilience.

Pour les professionnels du marketing, c’est l’opportunité parfaite d’inviter ces deux ambassadeurs hors norme et de vivre en live l’émotion que procure Side to Side.

En résumé, Triumph ne s’est pas contenté de changer le regard sur le handicap : la marque a changé le regard sur ce que doit être une grande campagne de communication en 2025. Authentique, risquée, humaine et terriblement efficace.

Et vous, quand est-ce que votre marque osera soutenir une aventure qui fera date ?