Imaginez une agence de communication qui décide volontairement de mettre en collision deux mondes que tout semble opposer : l’expérience patiemment accumulée pendant plus de vingt ans dans les plus grandes enseignes publicitaires mondiales et le regard ultra-connecté, natif des flux TikTok, Instagram Reels et Discord, d’un jeune talent tout juste sorti des bancs d’école. C’est exactement ce pari audacieux que vient de concrétiser Brainsonic, en officialisant un binôme créatif inédit au sein de son pôle créatif. Une association qui dépasse largement le traditionnel duo directeur artistique / concepteur-rédacteur pour explorer de nouvelles façons de penser, de créer et surtout d’intégrer l’intelligence artificielle comme véritable co-pilote créatif.

Dans un secteur où les agences cherchent désespérément à rester pertinentes face à la fragmentation des attentions et à la montée en puissance des outils IA, cette initiative mérite qu’on s’y attarde. Elle pose des questions essentielles pour tous les marketeurs, les entrepreneurs du digital et les créatifs qui veulent survivre – et prospérer – dans les années 2026 et au-delà.

Pourquoi mixer les générations devient un impératif stratégique

Les statistiques sont implacables : en 2025 déjà, la Gen Z représentait environ 30 % de la population active dans les pays développés, et ce chiffre continue de grimper rapidement. Parallèlement, les baby-boomers et la génération X quittent progressivement le marché du travail, emportant avec eux des décennies de savoir-faire « analogique » et de culture publicitaire classique. Face à ce grand remplacement générationnel, deux attitudes sont possibles : soit on le subit et on court après des tendances qu’on comprend mal, soit on décide d’en faire une force.

Brainsonic a clairement choisi la seconde option. En plaçant côte à côte Jean-Marie Gateau, un copywriter senior passé par TBWA\Paris, BETC et Leo Burnett (et détenteur d’un Lion à Cannes pour Leroy Merlin), et Justhian Mbumba, major de promotion de l’ESP et immergé dans les codes culturels nativement digitaux, l’agence ne fait pas qu’un simple recrutement : elle expérimente un modèle organisationnel.

« Ce nouveau team illustre la volonté de Brainsonic de décloisonner la chaîne de valeur créative. »

– Les directeurs de la création de Brainsonic

Cette phrase résume parfaitement l’ambition : sortir des silos métier traditionnels (stratégie d’un côté, création de l’autre, production ensuite) pour créer une boucle beaucoup plus fluide où stratégie, concept, narration et premières visualisations se nourrissent mutuellement en temps réel.

Un « team créatif augmenté » : de quoi parle-t-on vraiment ?

Le terme « augmenté » n’est pas choisi au hasard. Il fait directement référence à l’intégration profonde des outils d’IA générative dans le processus créatif quotidien. Chez Brainsonic, l’IA ne sert pas seulement à générer des visuels « jolis » en fin de chaîne : elle intervient dès les premières phases d’idéation pour accélérer les itérations, visualiser rapidement des directions créatives et permettre aux deux créatifs de se concentrer sur ce que les machines font encore mal : le sens, l’émotion, la pertinence culturelle.

Concrètement, ce binôme peut passer d’un brief stratégique à une première proposition visuelle et narrative en un temps record, grâce à la complémentarité des regards et à la rapidité d’exécution permise par les outils IA. Le senior apporte la rigueur du craft, la précision de l’écriture et la mémoire des codes qui fonctionnent durablement. Le junior injecte une compréhension instinctive des comportements actuels sur les réseaux sociaux, des formats qui cartonnent et des micro-tendances culturelles qui émergent parfois en quelques heures.

  • Expérience publicitaire classique + culture 100 % digitale
  • Maîtrise du copy & storytelling long format + formats courts ultra-performants
  • Savoir-faire craft manuel + rapidité d’exécution IA
  • Regard critique sur les concepts + intuition des attentes communautaires

Cette complémentarité permet d’aborder aussi bien une campagne TV classique que des dispositifs social media complexes, des activations événementielles ou des campagnes d’engagement interne pour de grands groupes.

Les profils croisés : deux parcours qui se répondent

Jean-Marie Gateau n’est pas un inconnu dans le paysage publicitaire français. Son parcours dans des agences mythiques et son Lion à Cannes témoignent d’une exigence créative élevée et d’une capacité à produire un travail qui résiste au temps. Il incarne ce que l’on appelle communément le « beau métier » de la publicité : écrire des slogans qui marquent, construire des récits qui vendent sans être trop vendeurs, respecter le craft.

Justhian Mbumba, lui, appartient à cette nouvelle génération qui n’a quasiment connu que le monde numérique. Diplômé avec les honneurs, il a grandi avec les stories Instagram, les trends TikTok, les memes et les communautés en ligne. Il parle le langage des plateformes et comprend intuitivement pourquoi certains contenus deviennent viraux en 48 heures alors que d’autres, pourtant très bien produits, passent complètement inaperçus.

Leur différence d’âge et de culture n’est pas un handicap : elle devient le carburant principal de leur créativité. Le senior challenge le junior sur la solidité des idées et la pérennité des concepts. Le junior challenge le senior sur l’actualité des codes et la pertinence dans l’écosystème digital actuel. Cette confrontation constructive est exactement ce que recherchent les marques aujourd’hui : des idées qui soient à la fois solides et modernes.

L’IA générative : accélérateur et non remplaçant

Un des points les plus intéressants de cette initiative est la façon dont Brainsonic positionne l’intelligence artificielle. Contrairement à certaines agences qui la présentent comme LA solution miracle (et finissent souvent déçues), ici l’IA est traitée comme un outil parmi d’autres, extrêmement puissant pour certaines tâches, mais toujours au service de l’humain.

Elle permet notamment de :

  • Visualiser très rapidement des moodboards et des directions artistiques
  • Prototype des formats social media en quelques minutes
  • Multiplier les variantes d’un même concept pour choisir la meilleure direction
  • Accélérer les phases de test et d’itération avant de passer en production réelle

Le gain de temps est considérable, mais surtout : les créatifs peuvent se concentrer sur l’essentiel, c’est-à-dire la construction de sens, l’émotion et la connexion authentique avec les audiences.

Un modèle qui pourrait inspirer toute l’industrie

Ce que fait Brainsonic n’est pas anodin. En officialisant ce type de binôme, l’agence teste ouvertement un modèle qui pourrait se généraliser dans les années à venir. On peut déjà imaginer plusieurs évolutions possibles :

  • Des trios voire quatuors créatifs mélangeant encore plus de compétences (motion designer, community manager intégré, data analyst créatif…)
  • Une intégration encore plus poussée des outils IA avec des workflows spécifiques agence
  • Des formations croisées systématiques entre seniors et juniors pour accélérer le transfert de compétences dans les deux sens
  • Une réorganisation des pôles créatifs autour de la notion de « squad » plutôt que de métiers cloisonnés

Pour les marques clientes, ce genre d’organisation promet des idées plus fraîches, plus rapides à produire et surtout mieux adaptées aux usages réels des consommateurs. Pour les agences concurrentes, c’est un signal clair : ignorer la complémentarité intergénérationnelle et le potentiel de l’IA reviendrait à se condamner à produire des campagnes de plus en plus déconnectées.

Quelles leçons pour les entrepreneurs et marketeurs ?

Même si vous ne travaillez pas dans une agence de communication, cette actualité délivre plusieurs enseignements transférables à d’autres secteurs :

  • La diversité cognitive est un avantage compétitif – mixer les âges, les parcours et les cultures produit plus d’idées innovantes que l’homogénéité.
  • L’IA doit être un multiplicateur de talent humain, pas un remplaçant. Les entreprises qui réussissent à la positionner ainsi gagnent en vitesse ET en qualité.
  • La compréhension fine des codes culturels actuels est devenue aussi stratégique que le savoir-faire technique ou stratégique classique.
  • La capacité à itérer vite (grâce à l’IA ou à d’autres méthodes) est désormais un critère de sélection majeur pour les partenaires créatifs.

Pour les startups tech et les scale-ups qui recrutent régulièrement des profils créatifs ou marketing, la question se pose déjà : comment organiser vos équipes pour qu’elles combinent à la fois profondeur stratégique et agilité culturelle ? Brainsonic apporte ici une réponse concrète et observable.

Vers une créativité hybride et décloisonnée

Ce binôme n’est probablement que la première pierre d’un édifice beaucoup plus large. Dans les mois et années à venir, on peut parier que de nombreuses agences vont expérimenter des organisations similaires, voire aller plus loin en intégrant des data scientists créatifs, des experts en behavioral design ou des spécialistes des communautés de niche directement dans les équipes créatives.

Ce qui est certain, c’est que le modèle pyramidal et très cloisonné des agences traditionnelles touche à sa fin. L’avenir appartient aux structures capables de faire circuler les idées horizontalement, d’intégrer la technologie sans la sacraliser, et surtout de faire dialoguer les générations plutôt que de les opposer.

En plaçant ce binôme atypique au cœur de son pôle créatif, Brainsonic ne fait pas seulement preuve d’audace : elle anticipe probablement l’organisation créative de demain. Une organisation où l’expérience et la fraîcheur, le craft et la vitesse, l’humain et l’IA ne s’affrontent plus, mais se multiplient mutuellement.

Et vous, comment préparez-vous vos équipes à ce changement de paradigme ?