Imaginez un instant : le Mercato d’hiver bat son plein, les supporters scrutent chaque transfert comme une question de vie ou de mort, et soudain, au milieu des rumeurs de recrues à plusieurs dizaines de millions, c’est McDonald’s qui annonce son propre mercato… mais de burgers et de frites. En janvier 2026, la chaîne de fast-food ne s’est pas contentée d’être partenaire titre de la Ligue 1 : elle a carrément détourné l’un des moments les plus excitants du football français pour relancer six de ses recettes les plus mythiques. Bienvenue dans le « Mercato des Légendes ».
Cette opération, orchestrée main dans la main avec l’agence BBDO Paris, ne se limite pas à un simple retour de produits au menu. Elle transforme un temps fort sportif en véritable plateforme de marque, mêlant nostalgie, culture pop footballistique et marketing malin. Pour les professionnels du marketing, de la communication et des stratégies digitales, cette campagne mérite qu’on s’y attarde : elle coche toutes les cases d’une activation réussie en 2026.
Quand le football devient le meilleur allié d’une stratégie de relance produit
Depuis deux saisons, McDonald’s est partenaire titre du championnat de France de football. Le logo de la marque trône donc sur tous les panneaux officiels de la Ligue 1 McDonald’s. Mais plutôt que de se contenter d’un naming sponsor passif, l’enseigne a choisi de s’approprier pleinement le storytelling du championnat, et plus particulièrement celui du mercato.
Le mercato d’hiver, c’est traditionnellement la période où les clubs tentent de corriger le tir en milieu de saison. Les supporters rêvent de voir revenir un ancien héros ou de découvrir une pépite inattendue. McDonald’s a saisi cette mécanique émotionnelle pour la transposer à ses propres icônes culinaires. Le parallèle est limpide : le Triple Cheeseburger revient comme un joueur libre qui signe à nouveau, le McFlurry Oreo fait son grand come-back à la manière d’une star qui retrouve son club formateur.
Ce choix n’est pas anodin. En 2026, les marques doivent plus que jamais créer du brand content qui ne ressemble pas à de la publicité. Ici, l’opération est vécue comme un événement culturel par les fans de foot et par les amateurs de fast-food. C’est malin, car cela permet de générer du talkability naturel sans forcer le trait promotionnel.
Les six légendes qui reviennent sur le terrain
La liste des produits remis en lumière est un véritable best-of des goûts qui ont marqué plusieurs générations de consommateurs McDonald’s :
- Le Triple Cheeseburger : trois steaks, trois tranches de fromage, un concentré de plaisir coupable
- Le McFlurry Oreo : le dessert signature qui n’a jamais vraiment disparu des mémoires
- Le Big Mac Chicken : la version poulet du roi des burgers
- Les Wavy Fries : ces frites ondulées qui avaient disparu des menus français depuis plusieurs années
- Le Green Apple Sprite : une boisson pétillante à la pomme verte, très plébiscitée à son époque
- La sauce Big Mac vendue seule : un petit pot pour les fans hardcore qui veulent napper leurs frites maison
Ce ne sont pas des nouveautés. Ce sont des produits qui ont déjà fait leurs preuves, qui suscitent de l’affect et qui permettent de générer du trafic incrémental sans prendre de risques majeurs sur le développement produit. Une stratégie de revival marketing parfaitement adaptée à une période où l’inflation pousse les consommateurs à privilégier des repères connus et rassurants.
L’activation terrain : quand les stades deviennent des écrans géants de brand content
Le point d’orgue de la campagne s’est déroulé lors de la 17ᵉ journée de Ligue 1, les 3 et 4 janvier 2026. Cinq matchs ont été ciblés pour maximiser la visibilité :
- PSG – message pour Javier Pastore
- OM – clin d’œil à Basile Boli
- AS Monaco – hommage à Ludovic Giuly
- FC Lorient – coucou à Jean-Claude Darcheville
- LOSC – coucou à Rio Mavuba
Sur les panneaux LED bord terrain, des messages du type « Javier, tu nous manques… mais pas autant que le Triple Cheese ! » ou « Basile, reviens, on a ramené la sauce Big Mac ! » ont été diffusés. L’effet est immédiat : les caméras de télévision zooment, les réseaux sociaux s’enflamment, les supporters partagent les images en tribune.
Le génie de cette mécanique réside dans sa simplicité : on parle aux légendes du foot comme on parlerait à des potes, et on glisse le produit au milieu de la conversation.
– Un directeur marketing anonyme cité dans la profession
Cette prise de parole ultra-contextuelle a permis de toucher à la fois les spectateurs présents (environ 200 000 sur les cinq matchs ciblés) et l’audience télévisée nationale.
La dimension broadcast : Xavier Domergue comme narrateur officiel
Pour amplifier l’opération, McDonald’s a intégré la voix emblématique de Xavier Domergue, commentateur sportif connu pour son enthousiasme et sa légitimité dans l’univers foot. Des interventions ont été diffusées en début de match, à la mi-temps et en fin de rencontre, entretenant le suspense autour du « mercato » de la marque.
Ce choix renforce la crédibilité de l’opération : on ne fait pas semblant d’être dans l’univers du football, on y est vraiment, avec les bonnes voix et les bons codes. C’est un excellent exemple de branded entertainment qui ne dénature pas le contenu sportif.
Le rôle clé des influenceurs et du social media
Une fois le teasing stade + TV terminé, la révélation officielle des retours produits a été confiée à un mix d’influenceurs food, de journalistes sportifs et de créateurs de contenu spécialisés dans le lifestyle. La campagne s’est ensuite déployée jusqu’au 9 février 2026 sur l’ensemble des leviers :
- TV et VOL (vidéo on line)
- PLV en restaurant
- Posts sponsorisés et organiques sur les réseaux sociaux
- Contenus influence
- Digital display
Le choix d’un déploiement multi-canal permet de toucher à la fois les fans hardcore de foot, les consommateurs occasionnels de McDonald’s et les foodies qui suivent les tendances restauration rapide.
Pourquoi cette campagne fonctionne si bien en 2026 ?
Plusieurs facteurs expliquent le succès potentiel de cette opération :
- Timing parfait : le Mercato d’hiver est un moment d’attention maximale pour les 18-35 ans masculins, cible historique de McDonald’s
- Nostalgie maîtrisée : en 2026, les millennials et la Gen Z sont désormais sensibles aux produits de leur adolescence
- Partenariat préexistant : pas besoin de construire la légitimité football, elle existe déjà depuis deux ans
- Low risk / high reward : relancer des produits connus limite les risques d’échec tout en générant de l’excitation
- Contenu natif : l’opération s’intègre parfaitement dans l’univers foot sans apparaître comme de l’intrusion publicitaire
Dans un contexte où l’attention est fragmentée et où les bloqueurs de pub sont omniprésents, réussir à créer un moment partagé entre une marque et une passion nationale relève presque de l’exploit.
Les leçons à retenir pour les marketeurs et les startups
Même si vous n’avez pas un budget McDonald’s ni un partenariat avec une ligue sportive, plusieurs enseignements peuvent être tirés :
- Identifiez les micro-moments culturels de votre audience et appropriez-les
- La nostalgie reste l’une des émotions les plus puissantes en marketing
- Les partenariats sportifs ou culturels doivent aller au-delà du naming : il faut raconter une histoire
- Les activations physiques (stade, PLV) combinées au digital créent une amplification maximale
- Utiliser des voix légitimes (commentateurs, anciens joueurs, influenceurs crédibles) renforce l’authenticité
Pour les startups foodtech ou les marques D2C qui cherchent à créer du lien émotionnel, le revival de produits cultes peut être une arme puissante, surtout quand il est associé à un contexte culturel fort.
Un benchmark pour les partenariats marque-sport en 2026
Avec cette campagne, McDonald’s et BBDO Paris fixent un nouveau standard pour les activations autour d’un naming sponsor. Là où beaucoup de marques se contentent de visibilité passive, ici la marque devient actrice du récit sportif.
Le « Mercato des Légendes » démontre qu’un partenariat peut être bien plus qu’un logo sur un maillot : il peut devenir une plateforme créative globale qui nourrit à la fois la notoriété, l’image et les ventes court-terme.
Dans un paysage marketing de plus en plus saturé, les marques qui réussiront seront celles qui parviendront à créer des moments de culture partagée plutôt que des spots publicitaires supplémentaires. Et sur ce terrain-là, McDonald’s vient de marquer un but d’anthologie.
Maintenant, à vous de jouer : quelle légende de votre marque seriez-vous prêt à faire revenir sous les projecteurs ?
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