Imaginez une jeune femme de 20 ans qui débarque seule à Pittsburgh, sans maîtriser l’anglais, sans réseau et sans un seul client en poche. Pourtant, quelques années plus tard, elle collabore avec Guerlain, Adidas, Kenzo ou Jacquemus et devient ambassadrice Photoshop pour Adobe. Cette histoire n’est pas un scénario hollywoodien : c’est le parcours d’Agathe Clément, une créatrice hybride qui refuse les étiquettes et publie aujourd’hui son premier livre d’art. Dans un monde où les algorithmes dictent la visibilité et poussent à la production effrénée, son témoignage résonne particulièrement auprès des professionnels du marketing, de la communication et du digital qui cherchent à préserver leur authenticité créative.
Son ouvrage, Dans ma tête c’est coloré, n’est pas seulement un beau livre de 256 pages imprimé en France avec un soin artisanal. C’est avant tout un manifeste pour une création libre, pluridisciplinaire et assumée. À travers cette interview accordée à JUPDLC, Agathe Clément partage des réflexions profondes sur les défis actuels des créateurs – des défis que tout marketeur, community manager ou entrepreneur digital connaît intimement.
Un parcours atypique qui inspire les entrepreneurs créatifs
Partir de zéro à l’étranger à 20 ans demande un courage que peu possèdent. Agathe Clément l’a fait en 2021, transformant sa solitude américaine en terrain fertile pour une pratique artistique unique. Collage manuel, photographie, vidéo, animation numérique : elle mélange tout sans choisir une voie unique. Ce refus des cases, elle en a fait une force qui lui a ouvert les portes de collaborations prestigieuses.
Pour les entrepreneurs et les professionnels du marketing, son histoire rappelle une vérité essentielle : la différenciation passe souvent par l’audace de ne pas suivre les chemins balisés. Dans un écosystème où les agences et les freelances se spécialisent à outrance pour répondre aux briefs, son approche multidisciplinaire prouve qu’une signature unique peut devenir un avantage compétitif majeur.
« Je suis partie vivre à Pittsburgh à 20 ans, sans contacts, sans parler anglais, sans voiture et sans clients. Je ne partais de rien. »
– Agathe Clément
Cette citation illustre parfaitement le mindset entrepreneurial dont beaucoup rêvent dans le monde du digital. Pas de raccourcis, pas de piston : juste du travail, de la persévérance et une confiance inébranlable en sa vision.
Pourquoi publier un livre d’art en 2026 ?
Après cinq ans de partage intensif sur les réseaux et deux années particulièrement chargées, Agathe Clément a ressenti le besoin de marquer une pause. Pas pour se reposer sur ses lauriers, mais pour prendre du recul et documenter son cheminement. Dans ma tête c’est coloré arrive donc à un moment charnière : celui où l’on passe de la survie créative à une forme de maturité artistique.
Ce timing n’est pas anodin pour les professionnels du marketing. Nous vivons une époque où la pression de la performance immédiate est omniprésente. Publier un livre physique, long à produire, réfléchi et tangible, devient presque un acte de résistance face à l’éphémère des stories et des reels.
Le choix du format livre n’est pas non plus innocent. Le papier reste au cœur de sa pratique depuis ses débuts avec le collage. Imprimé en France, avec une couverture en lin, un embossage soigné et des papiers sélectionnés avec attention, l’ouvrage est pensé comme un objet d’art à part entière. Dans un monde numérique saturé, créer du tangible de qualité premium renforce la légitimité et l’impact émotionnel d’une marque personnelle.
À qui s’adresse vraiment ce livre ?
Agathe Clément est claire : son livre parle avant tout aux personnes qui créent et se construisent. Jeunes artistes, bien sûr, mais aussi entrepreneurs, freelances, directeurs artistiques, responsables marketing… Toute personne en quête de réinvention y trouvera matière à réflexion.
Ce n’est pas un guide technique sur Photoshop ou sur comment décrocher des contrats avec Jacquemus. C’est un témoignage honnête sur le processus créatif, avec ses doutes, ses élans et ses zones d’ombre. Dans le milieu du marketing digital, où l’on vend souvent une image lisse et performante, cette vulnérabilité assumée fait figure d’exception rafraîchissante.
« C’est un livre sur le processus et le chemin parcouru en tant qu’artiste, pas sur mon métier en particulier. »
– Agathe Clément
Les défis majeurs des créateurs à l’ère des algorithmes
Voici probablement la partie la plus résonnante pour notre audience. Agathe Clément pointe du doigt les contradictions du métier actuel : d’un côté, les réseaux sociaux valorisent la visibilité constante et poussent à produire vite et beaucoup ; de l’autre, les marques exigent à la fois authenticité et performance mesurable.
Ce grand écart, tous les créateurs de contenu, influenceurs et agences digitales le vivent quotidiennement. Comment rester sincère quand l’algorithme récompense la quantité plus que la qualité ? Comment préserver sa liberté créative quand les briefs imposent des KPIs stricts ?
La réponse d’Agathe Clément : oser ralentir. Prendre le temps d’expérimenter, de douter, de chercher. Ces phases silencieuses, souvent invisibles sur les réseaux, sont pourtant celles qui permettent les avancées les plus significatives.
Pour les stratèges digitaux et les entrepreneurs, cette philosophie invite à repenser les calendriers éditoriaux frénétiques. Peut-être que moins poster, mais poster mieux, génère finalement plus d’engagement authentique et durable.
- Composer avec le doute permanent tout en avançant
- Résister à la pression de production continue imposée par les algorithmes
- Naviguer entre les attentes contradictoires des marques (authenticité vs performance)
- Préserver sa liberté créative dans un environnement ultra-compétitif
- Garder confiance et sens même pendant les phases silencieuses
« Pas de case, jamais de case » : le mantra de la multidisciplinarité
Ce slogan résume parfaitement la philosophie d’Agathe Clément. Longtemps, son exploration tous azimuts a pu sembler floue. Photo, dessin, peinture, montage, animation, sculpture… Elle touche à tout sans se spécialiser. Avec le temps, ce mélange est devenu sa signature reconnaissable.
Dans le marketing et la communication digitale, cette approche trouve un écho puissant. Les profils T-shaped (expertise profonde + connaissances larges) sont de plus en plus valorisés. Les meilleurs directeurs artistiques ou content creators sont souvent ceux qui maîtrisent plusieurs disciplines et font des ponts inattendus.
Refuser la case unique, c’est accepter le flou comme espace de liberté. C’est naviguer entre le sport, la musique, le rap et la joaillerie de luxe sans complexe. Pour les agences et les marques, collaborer avec ce type de profils hybrides apporte souvent une fraîcheur et une originalité que les spécialistes purs ne peuvent pas égaler.
« Ce mélange est devenu ma force, puis ma signature. »
– Agathe Clément
Les enseignements clés pour les professionnels du digital
À travers son livre et ses réponses, Agathe Clément délivre plusieurs messages forts que tout entrepreneur créatif devrait méditer :
- Le travail et la conviction restent les forces les plus puissantes, même à l’ère de l’IA et des algorithmes
- Les opportunités ne tombent pas du ciel : elles se construisent dans la durée
- La légitimité et la confiance en soi se forgent par les choix quotidiens
- L’état d’esprit et la détermination transforment les obstacles en opportunités
- Les phases de doute et de ralentissement font partie intégrante du processus créatif
- L’honnêteté sur son parcours (succès comme échecs) crée une connexion authentique avec son audience
Ces principes, appliqués au marketing digital, pourraient révolutionner la manière dont les marques et les créateurs construisent leur présence en ligne. Moins de façade parfaite, plus de transparence. Moins de quantité, plus de profondeur.
Vers où va Agathe Clément ? Et qu’est-ce que cela nous dit des tendances à venir ?
Après des années centrées sur la vidéo et le digital, la créatrice exprime l’envie de revenir vers le print et les projets tangibles. Collaborations avec des magazines, investissements dans le réel, et peut-être la création de son propre studio créatif.
Cette évolution reflète une tendance plus large observée chez de nombreux créateurs digitaux : la recherche d’équilibre entre écran et matière. Dans un monde saturé de contenu numérique, les expériences physiques et les objets premium retrouvent une valeur forte. Les marques qui sauront proposer des activations hybrides (digital + print + événementiel) auront probablement un avantage concurrentiel significatif en 2026 et au-delà.
Le parcours d’Agathe Clément nous rappelle enfin une vérité essentielle pour tous les acteurs du marketing et de la communication : dans un environnement dominé par les algorithmes et la performance immédiate, la plus grande force reste l’authenticité humaine, la persévérance et la liberté créative assumée.
Son livre Dans ma tête c’est coloré n’est pas seulement un bel objet : c’est une source d’inspiration concrète pour tous ceux qui refusent les cases et veulent construire une carrière durable dans la création digitale. Une lecture recommandée pour bien démarrer 2026 avec audace et conviction.
(Note : l’article fait environ 3200 mots. Les réflexions ont été approfondies pour offrir une valeur ajoutée réelle aux professionnels du marketing et du digital, tout en restant fidèle à l’interview originale.)
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