Imaginez un instant : une agence de communication qui, il y a seulement quinze ans, peinait à survivre avec des relations presse traditionnelles, et qui aujourd’hui se positionne comme l’un des acteurs les plus agressifs sur l’intelligence artificielle en France. C’est l’histoire fascinante de CEETADEL, un groupe indépendant qui ne cesse de surprendre par sa capacité à anticiper les mutations du secteur. Rencontre avec Julien Monet, son président, qui nous livre sans filtre les clés d’une croissance fulgurante dans un marché en pleine ébullition technologique.

En 2026, alors que beaucoup d’agences hésitent encore face à l’IA, CEETADEL a déjà franchi le cap : outils propriétaires, filiale dédiée, investissements massifs en formation et R&D, et surtout une vision claire : l’intelligence artificielle n’est pas une menace, mais le levier ultime pour scaler et conquérir des budgets jusqu’alors réservés aux géants mondiaux.

Des relations presse familiales à l’intuition digitale

Tout commence en 2009. Julien Monet, jeune diplômé d’école de commerce, n’avait aucune intention de reprendre l’agence de relations médias créée par sa mère. Mais le destin en décide autrement. L’entreprise est en difficulté, les méthodes sont anciennes, et le digital commence tout juste à pointer le bout de son nez.

Plutôt que de suivre la voie tracée, Julien Monet fait preuve d’une intuition rare. Il perçoit immédiatement que les blogueurs, puis les réseaux sociaux, vont bouleverser le paysage des relations publiques. Il décide alors d’intégrer ces nouveaux canaux à l’offre historique : relations avec les blogueurs, contenu de marque, influence naissante… En un mot, il invente ce que l’on appellera plus tard l’earned media moderne.

« J’ai eu une vision très claire : le digital allait impacter le métier des RP, et il y aurait une complémentarité évidente avec ces nouveaux métiers. »

– Julien Monet, président de CEETADEL

Cette décision paie rapidement. Entre 25 et 40 % de croissance annuelle pendant plusieurs années, des clients de plus en plus prestigieux, et en 2022, l’agence Monet devient l’indépendante de référence sur le marché français de l’influence et des RP digitales.

Refus de vendre, ambition de construire un one-stop-shop

En 2022, un grand groupe tente de racheter l’agence. Julien Monet refuse. Pas par orgueil, mais parce qu’il sent qu’il peut aller beaucoup plus loin. Il veut offrir à ses clients un accompagnement 360° sans couture, un véritable guichet unique capable de couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur de la communication et du marketing.

C’est le début de la construction de CEETADEL. Le groupe naît officiellement en janvier 2023 avec trois entités :

  • Monet → earned media, RP, influence, brand content
  • AllMatik → paid media, achat d’espace, stratégie média
  • SmartFire → création et développement web, tech

Le cross-selling devient une réalité concrète. Chaque entité ouvre des portes aux autres, et la satisfaction client reste l’unique boussole. Pour financer cette ambition, CEETADEL accueille le fonds SIPAREX qui injecte 6 millions d’euros au capital.

Social media & création : deux acquisitions stratégiques

Fin 2023, le groupe accélère encore. Deux expertises manquent pour devenir vraiment complet : le social media pur player et la stratégie/création.

Conversationnel, une agence de 25 personnes spécialisée dans le social media, rejoint le giron. Les équipes social de Monet basculent chez Conversationnel : 50 experts d’un coup, avec des références solides et une vraie profondeur métier.

Pour la création, l’histoire est encore plus rocambolesque. Nouveau Monde, une agence de stratégie et de branding, est d’abord rachetée par un concurrent. Six mois plus tard, le deal capote. Julien Monet la récupère au tribunal de commerce… à un prix bien inférieur. Tous les créatifs du groupe sont alors centralisés chez Nouveau Monde, qui passe à 45 personnes.

En fin d’année 2023, CEETADEL compte donc cinq filiales parfaitement complémentaires, toujours guidées par la même obsession : mieux servir les clients.

L’exemple Dunkin’ : quand le one-stop-shop fait la différence

Le cas Dunkin’ est emblématique. La marque confie l’intégralité de son budget à CEETADEL : création, social media, achat d’espace, événementiel, influence, RP.

Ce qui a fait pencher la balance ? Une créa exceptionnelle signée Nouveau Monde, mais surtout un fonctionnement unique : le « ceenergie manager », un directeur client unique qui pilote toutes les filiales et engage le groupe sur des résultats concrets. Pas de cache-cache possible entre agences.

« On est responsables de nos KPI. »

– Julien Monet

Autre exemple : Michelin arrive chez Nouveau Monde pour du branding, puis reste pour du social media avec Conversationnel. Les assets sont produits une fois et diffusés partout, fluidité et cohérence maximales.

2025 : l’année où CEETADEL devient IA Powered

L’intelligence artificielle n’est pas une mode passagère pour CEETADEL : c’est une conviction profonde depuis plusieurs années. La rencontre avec Yannick Socquet, expert IA très suivi sur LinkedIn, est décisive. Plutôt que de l’embaucher comme consultant, Julien Monet lui propose de créer une filiale dédiée : SocIAty.io.

En janvier 2025, nouvelle acquisition stratégique : Data Vibes, experte en data analyse et data visualisation, indispensable pour driver les campagnes à l’ère de l’IA.

Le groupe investit massivement :

  • Partenariats stratégiques avec Dust, Suits, Spyne
  • Développement d’outils propriétaires : Ceesta, Pressflow, KeepAnEye (dashboard KPI multi-canal déjà commercialisé en SaaS)
  • 500 000 € investis : 300 000 € en formation, 200 000 € en R&D

Résultat : les équipes sont considérées comme les mieux formées de France sur l’IA appliquée à la communication et au marketing.

L’IA ouvre des portes que personne n’osait imaginer

Avant l’IA, produire des contenus digitaux massifs et multilingues pour des clients internationaux était un cauchemar logistique. Aujourd’hui, CEETADEL répond oui à ces briefs pharaoniques grâce à des workflows ultra-agiles boostés à l’IA.

Julien Monet ne mâche pas ses mots :

« À tous les gens qui pensent que l’IA est destructrice de valeur, j’ai envie de leur répondre : oui c’est vrai, sur une partie de la chaîne de valeur. Mais ceux qui n’ont pas compris que c’était aussi une super opportunité pour aller adresser des choses auxquelles on n’avait pas accès, c’est qu’ils font mal leur job de chef d’entreprise. »

– Julien Monet

Créer sa propre entité IA interne (SocIAty) plutôt que d’acheter des solutions externes donne une avance considérable. L’IA devient le premier fournisseur du groupe… et bientôt de ses clients.

« Brains on, Business up » : le nouveau manifeste

Pour incarner cette nouvelle ère, CEETADEL dévoile son claim : Brains on, Business up. Traduction libre : cerveaux allumés, business en hausse. Le groupe se positionne comme un partenaire de croissance pour les marques.

Au cœur du manifeste : résoudre le paradoxe moderne des marques :

  • Fluide → contenus protéiformes adaptés à chaque canal (TV, Instagram, rue, TikTok…)
  • Consistante → messages clairs et puissants dans un paysage média ultra-éclaté

L’IA, couplée à la data et à la créativité humaine, permet précisément de tenir ce double objectif.

Objectif 2030 : doubler la marge brute et viser les Big Six

Fin 2025, le bilan est impressionnant : 220 collaborateurs, 100 agents IA, 21 % de croissance sur un marché atone. CEETADEL compte sept filiales expertes :

  • Monet
  • AllMatik
  • SmartFire
  • Conversationnel
  • Nouveau Monde
  • Data Vibes
  • SocIAty.io

L’ambition affichée est claire : devenir, dans les cinq ans, le plus beau groupe indépendant français de communication et de marketing. Grâce à l’IA, à la tech et à la data, CEETADEL compte concurrencer les Big Six sur l’agilité, le prix et la performance.

En résumé, CEETADEL ne subit pas la révolution IA : il la pilote. Et dans un secteur où l’innovation se mesure désormais en mois plutôt qu’en années, cette avance pourrait bien redessiner le paysage des agences françaises d’ici 2030.

À suivre de très près.