Imaginez ceci : le 24 décembre au soir, les rues commerçantes sont bondées, les sites e-commerce croulent sous les commandes, et vos campagnes publicitaires tournent à plein régime. Puis, le 25 décembre arrive. Les cadeaux sont déballés, les familles réunies, et d’un coup… plus rien. La plupart des annonceurs coupent brutalement leurs budgets, persuadés que la fête est finie. Et si je vous disais que c’est précisément à ce moment-là que commence la vraie opportunité ? Cette période oubliée entre Noël et mi-janvier, baptisée « Q5 » par les experts, cache un potentiel énorme pour ceux qui osent rester dans la course.
Chaque année, c’est la même histoire. Le quatrième trimestre concentre l’essentiel des investissements publicitaires, dopés par le Black Friday et les fêtes. Mais dès que les guirlandes s’éteignent, les budgets s’éteignent aussi. Grave erreur. Pendant que vos concurrents hibernent, les plateformes comme Meta ou Google regorgent d’impressions à prix cassés. Le résultat ? Un retour sur investissement qui peut exploser. Prêt à changer de regard sur cette période traditionnellement délaissée ?
Pourquoi tout le monde coupe après Noël (et pourquoi c’est une erreur)
La logique semble implacable : avant Noël, les consommateurs sont en mode « achat plaisir », généreux, impulsifs. Après le 25 décembre, les cadeaux sont faits, les cartes bancaires refroidissent. Alors, pourquoi continuer à dépenser ? La majorité des annonceurs suit ce raisonnement et met en pause leurs campagnes dès le 26 décembre pour reprendre en force à la rentrée.
Mais cette vision est incomplète. Oui, les intentions d’achat purement festives chutent. Non, cela ne signifie pas que les consommateurs arrêtent de dépenser. Cartes cadeaux à utiliser, étrennes reçues, primes de fin d’année, achats complémentaires liés aux cadeaux… Le pouvoir d’achat reste bien présent. Surtout, les comportements évoluent : on passe des achats cadeaux à des achats plus personnels, souvent réfléchis.
Le vrai problème ? En coupant massivement, les annonceurs créent eux-mêmes un vide concurrentiel qu’une minorité avisée exploite. C’est le principe du Q5 : une fenêtre courte où tout devient plus rentable.
Le Q5 : quand l’offre explose et la demande s’effondre
Pour comprendre le phénomène, revenons aux bases du marché publicitaire digital. Sur Google Ads, Meta Ads, TikTok Ads ou n’importe quelle grande régie, le prix que vous payez dépend d’un équilibre simple : l’offre d’espaces publicitaires (le temps d’écran des utilisateurs) et la demande des annonceurs (ceux qui enchérissent pour ces espaces).
Pendant le Q4, la demande est à son paroxysme. Tout le monde veut sa part du gâteau de Noël. Résultat : les CPM (coût pour mille impressions) et CPC (coût par clic) flambent. Un même budget achète beaucoup moins de visibilité qu’en octobre.
À partir du 25 décembre, l’équation s’inverse brutalement :
- La demande publicitaire chute : des milliers d’annonceurs mettent en pause.
- L’offre d’impressions explose : les gens sont en vacances, il fait froid, il fait nuit tôt, les smartphones ne quittent plus les mains.
- Conséquence : les coûts d’acquisition plongent, parfois de 30 à 50 % selon les secteurs.
C’est comme si les plateformes organisaient des soldes géantes sur leurs espaces publicitaires, mais que presque personne ne vienne faire ses courses.
Le boom du temps d’écran post-Noël : les chiffres qui ne mentent pas
Les vacances scolaires et les congés de fin d’année créent un contexte idéal pour les écrans. Ajoutez le froid hivernal, la nuit qui tombe à 17 heures, et vous obtenez un cocktail parfait pour le scroll intensif.
Des études régulières montrent que le temps passé sur les réseaux sociaux et les applications augmente sensiblement entre Noël et le Jour de l’An. Les plateformes enregistrent des pics d’audience comparables, voire supérieurs, à ceux du confinement. Instagram, TikTok, YouTube : tout y passe. Les utilisateurs consomment du contenu, likent, commentent… et voient vos publicités si vous êtes encore là.
Pendant ce temps, vos concurrents dorment. Votre message a donc plus de chances d’être vu, cliqué, et converti, tout en coûtant beaucoup moins cher.
Les nouveaux comportements d’achat qui rendent le Q5 puissant
Contrairement à une idée reçue tenace, les consommateurs ne deviennent pas subitement ascètes le 26 décembre. Au contraire, plusieurs phénomènes entretiennent la dynamique d’achat :
- Les cartes cadeaux : des milliards d’euros sont offerts chaque année. Leur utilisation s’étale souvent sur janvier, voire février.
- Les étrennes et primes : beaucoup reçoivent de l’argent ou des bonus de fin d’année.
- Les achats complémentaires : on a reçu un nouvel appareil photo ? Il faut des objectifs. Un jeu vidéo ? Des accessoires gaming.
- Les bonnes résolutions : sport, apprentissage, organisation… Même si elles ne durent pas toujours, elles déclenchent des achats concrets début janvier.
Ces comportements ne disparaissent pas magiquement. Ils se transforment. Et pendant cette transformation, la concurrence publicitaire est au plus bas.
Qui peut réellement profiter du Q5 ? (Spoiler : presque tout le monde)
On associe souvent le Q5 aux secteurs des bonnes résolutions : salles de sport, applications de méditation, cours en ligne, matériel de fitness. Évidemment, ces acteurs ont un avantage naturel. Une campagne « Nouvelle année, nouveau vous » lancée le 28 décembre touche une audience ultra-réceptive.
Mais limiter le Q5 à ces niches serait une erreur stratégique majeure. Le vrai pouvoir du Q5 réside dans la baisse mécanique des coûts d’acquisition, pas uniquement dans l’alignement parfait avec les résolutions.
Exemples concrets :
- Une station de ski : les réservations pour février se font souvent en janvier. Pourquoi payer plein pot en décembre quand janvier coûte 40 % moins cher ?
- Une marque de mode : les soldes d’hiver démarrent, les gens cherchent des bonnes affaires avec leurs cartes cadeaux.
- Un service SaaS B2B : les décideurs en congés scrollent LinkedIn et réfléchissent à leurs outils pour la nouvelle année.
En réalité, tout annonceur qui a déjà observé une baisse de ses coûts d’acquisition après Noël les années précédentes devrait maintenir, voire augmenter, son budget.
Des cas concrets qui prouvent l’efficacité du Q5
Les exemples ne manquent pas chez ceux qui ont osé défier la norme.
L’application d’apprentissage des langues Mondly a triplé son budget TikTok pendant le Q5. Résultat ? Le nombre d’installations a été multiplié par six, et le coût par installation a chuté de 45 %. Pas de lien évident avec les résolutions, simplement une exploitation intelligente d’un marché moins concurrentiel.
Autre succès retentissant : Hily, une app de dating. En concentrant ses efforts post-Noël, elle a vu ses installations bondir de 104 % et ses abonnements de 75 %. Le 4 janvier, elle devenait l’application la plus téléchargée de sa catégorie aux États-Unis. Quand les autres apps ralentissent, Hily a accéléré.
« Le Q5, c’est comme des soldes sur les espaces publicitaires. Ceux qui restent font les meilleures affaires. »
– Théo Lion, CEO de Coudac
Ces cas montrent que le Q5 fonctionne pour des produits physiques, des services, des applications grand public ou même B2B. L’essentiel est de comprendre que la rentabilité prime sur le volume à cette période.
Comment construire une stratégie Q5 gagnante
Deux approches principales s’offrent à vous selon votre activité.
1. L’approche saisonnière : capitaliser sur les résolutions
Si votre produit ou service colle aux thèmes de renouveau (santé, apprentissage, organisation, finances personnelles), adaptez vos messages :
- Créez des créas spécifiques : « Commencez 2026 du bon pied »
- Lancez dès le 26 décembre pour capter l’effet « lendemain de Noël »
- Misez sur l’émotion du renouveau
2. L’approche rentabilité : amplifier ce qui marche déjà
Pour tous les autres secteurs, le Q5 est une période d’optimisation pure :
- Reprenez vos meilleures campagnes de Q4
- Augmentez les budgets sur les audiences et créas déjà performantes
- Évitez les tests risqués : la fenêtre est courte, privilégiez l’exécution
- Surveillez quotidiennement les coûts : ajustez en temps réel
Dans les deux cas, commencez à préparer vos campagnes dès novembre. Anticipez les créas, les audiences, les budgets. Le Q5 récompense ceux qui planifient.
Les erreurs à éviter absolument pendant le Q5
Même avec la meilleure volonté, certains pièges guettent :
- Couper trop tôt (dès le 25) : les 26-31 décembre sont souvent très rentables
- Vouloir tout tester : préférez scaler ce qui fonctionne déjà
- Attendre le 1er janvier : la concurrence reprend souvent dès le 2-3
- Négliger les plateformes mobiles : c’est là que le temps d’écran explose
Enfin, analysez vos données historiques. Si vos coûts d’acquisition ont déjà baissé après Noël les années passées, c’est le signal le plus clair que le Q5 fonctionne pour vous.
Le Q5 dans votre stratégie globale : une opportunité à ne plus ignorer
En 2026, alors que la concurrence pour les espaces publicitaires ne fait qu’augmenter toute l’année, le Q5 reste l’une des dernières grandes anomalies de marché exploitables à grande échelle. Ceux qui comprendront que janvier n’est pas une période morte, mais une période dorée, prendront une longueur d’avance décisive.
Le message est clair : ne suivez pas le troupeau qui coupe après Noël. Regardez les données, testez modestement si besoin, puis engagez-vous. Votre ROI vous dira merci.
Et vous, avez-vous déjà observé une baisse de vos coûts publicitaires après Noël ? Partagez votre expérience en commentaire, et préparez dès maintenant votre stratégie Q5 2026.
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