Imaginez une soirée où des centaines de jeunes créatifs de 20 à 30 ans se retrouvent à l’Opéra Bastille pour présenter leurs projets les plus fous, sous les projecteurs d’un jury composé de pointures du branding, du cinéma, du jeu vidéo et de la musique. Le 28 janvier 2026, c’est exactement ce qui s’est passé lors de La Nuit des Chatons d’Or. Ce moment marque un tournant majeur pour cet événement qui, loin de se cantonner à son passé publicitaire, s’impose aujourd’hui comme un véritable festival des industries culturelles et créatives.
Pour les professionnels du marketing, de la communication et de l’innovation, cette édition 2025 des Chatons d’Or n’est pas seulement une remise de prix. Elle révèle comment les frontières entre publicité, culture, technologie et art s’effacent progressivement, créant de nouvelles opportunités pour les marques qui savent repérer et accompagner les talents de demain.
Des origines publicitaires à un festival pluridisciplinaire
Lancé en 2011, Les Chatons d’Or étaient à l’origine perçus comme un concours destiné aux futurs créatifs publicitaires. À cette époque, les projets tournaient essentiellement autour des campagnes print, TV et digitales classiques. Mais depuis plusieurs années, sous l’impulsion de son président Nicolas Cerisola, l’événement a entamé une mue profonde.
Aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement de publicité. Le concours s’est transformé en festival couvrant huit grandes catégories qui reflètent les mutations actuelles des métiers créatifs : création visuelle (fixe et animée), création filmique, musique & son, design de marque, innovation numérique, expérience immersive et jeu vidéo. Cette ouverture traduit une réalité du marché : les compétences créatives les plus recherchées se situent désormais à la croisée de la culture, de la tech et de l’innovation.
« Les Chatons d’Or sont devenus un véritable festival des industries culturelles et créatives. Notre ambition est claire : repérer des talents singuliers, mais surtout les accompagner vers la production et leur insertion professionnelle. La remise des prix n’est pas une fin, c’est le début d’un parcours d’excellence. »
– Nicolas Cerisola, président des Chatons d’Or
Cette citation résume parfaitement l’état d’esprit actuel de l’organisation. Loin d’être un simple tremplin scolaire, Les Chatons d’Or se positionnent comme un véritable accélérateur de carrières dans les secteurs créatifs les plus dynamiques.
Un processus de sélection ultra-exigeant
Pour cette édition 2025, plus de 300 projets ont été soumis par de jeunes créateurs âgés de 20 à 30 ans. Après une présélection rigoureuse, 44 finalistes ont été retenus. Mais le vrai moment décisif n’était pas la simple présentation d’un portfolio : tous ont dû pitcher leur projet en direct devant les jurys respectifs.
Cette matinée de pitchs constitue l’une des forces majeures du dispositif. Au-delà de la qualité esthétique ou technique du travail, les jurys évaluent surtout :
- le potentiel de développement concret du projet
- la personnalité et la capacité d’exécution de la ou des personnes derrière l’idée
- la possibilité d’un partenariat ou d’une production professionnelle
Cette approche explique pourquoi les lauréats ne reçoivent pas seulement un trophée : ils gagnent surtout un réseau, du mentoring, des mises en relation avec des agences, studios, écoles et entreprises partenaires. Dans un marché où les premiers jobs créatifs sont souvent obtenus par cooptation, ce type d’accompagnement vaut largement plus qu’un prix symbolique.
Le palmarès 2025 en détail
Huit catégories, huit lauréats. Voici les grands gagnants de cette édition placée sous le thème « La créativité sans limite » :
- Design de marque & identité visuelle : Safa Osman (LISAA)
- Création visuelle – image fixe : Bastien Couteaud (e-artsup)
- Création filmique : Louis Marguerite (Sup de Pub)
- Création & innovation numérique : Mathilde Guillaume (Sup de Pub)
- Création musicale & sonore : Arthur Ouvrard
- Création visuelle – image animée : Équipe de l’École Méliès (Nacim Naç, Léa Atlan, Louna Coulot, Sam Geyer, Margot de Buyser, Anna Wang, Emma Vaucher)
- Expérience immersive & interactive : Cyliane Baudrand (École de Condé)
- Création de jeu vidéo & plateau + Grand Prix IAA : Équipe de l’IIM menée par Alvi Frémont-Prauda et Anatole Chapelle (18 collaborateurs)
On remarque immédiatement la diversité des écoles représentées : LISAA, e-artsup, Sup de Pub, École Méliès, École de Condé, IIM… mais aussi des profils plus indépendants comme Arthur Ouvrard en musique. Cette mixité montre que le talent ne se cantonne pas à quelques établissements phares.
Les prix spéciaux : reconnaissance des acteurs historiques
Outre les trophées remis aux jeunes créateurs, deux distinctions spéciales ont été attribuées :
- Personnalité créative 2025 : Laurent Allias, fondateur historique des Chatons d’Or et président de l’agence Josiane
- Groupe / École 2025 : Groupe AD Education (représenté par Pierre-Édouard Schmitt)
Ces deux prix soulignent l’importance du rôle des mentors et des structures de formation dans l’écosystème créatif français. Ils rappellent aussi que la transmission reste au cœur du projet des Chatons d’Or.
Pourquoi ce virage culturel intéresse les marketeurs et les startups tech
À première vue, un concours de création artistique peut sembler éloigné des préoccupations quotidiennes d’un CMO ou d’un fondateur de startup. Pourtant, plusieurs raisons expliquent pourquoi cet événement devrait figurer dans le radar des professionnels du marketing digital, de l’innovation et des technologies créatives.
Tout d’abord, les catégories récompensées correspondent exactement aux compétences que recherchent les marques et les agences en 2026 :
- des identités visuelles fortes et différenciantes
- des formats vidéo toujours plus immersifs et narratifs
- des expériences sonores et musicales originales (pensez aux jingles, sound design de marques, playlists brand content)
- des innovations numériques (AR, filtres, NFT artistiques, activations Web3 créatives…)
- des expériences immersives (VR, installations interactives, métavers brand experiences)
- des jeux vidéo et mécaniques gamifiées (serious games, brand games, activations gaming)
Ensuite, les lauréats des Chatons d’Or intègrent très souvent les agences, studios et marques partenaires dans les mois qui suivent. Repérer un talent lors de cet événement, c’est potentiellement sécuriser un profil rare avant même qu’il ne soit sur LinkedIn ou Malt.
Enfin, dans un contexte où les marques cherchent à se démarquer par la créativité et l’authenticité, s’associer à des jeunes talents issus de ces disciplines permet de rafraîchir son image et de parler un langage culturel actuel.
Les tendances créatives qui émergent en 2025-2026
En observant les projets finalistes et lauréats, plusieurs grandes tendances se dessinent pour les mois et années à venir :
- Hybridation des formats : les frontières entre image fixe, animée, interactive et jeu vidéo s’estompent. On voit apparaître des œuvres qui fonctionnent à la fois en print, en social media, en installation physique et en expérience digitale.
- Son et musique comme levier d’émotion : la catégorie musique & son gagne en importance, signe que les marques comprennent enfin l’impact émotionnel et mémoriel d’une identité sonore bien pensée.
- Immersion et interactivité généralisées : les expériences immersives ne sont plus réservées au luxe ou à la tech. Elles deviennent un standard pour créer du lien avec les audiences.
- Gaming et narration transmédia : le Grand Prix décerné à une équipe de 19 personnes sur un projet de jeu vidéo montre que les gros projets collaboratifs et ambitieux sont valorisés.
Ces tendances ne concernent pas seulement les agences créatives. Elles impactent directement les directions marketing qui souhaitent construire des campagnes cross-canal réellement engageantes.
Comment les marques peuvent s’impliquer avec Les Chatons d’Or
Les opportunités de partenariat sont nombreuses pour les entreprises qui souhaitent se positionner comme mécènes ou recruteurs de talents créatifs :
- sponsoriser une catégorie spécifique
- proposer un brief réel à intégrer dans le concours
- offrir un stage, une alternance ou un premier CDD au lauréat de sa catégorie
- participer au jury pour identifier très tôt des profils alignés avec ses besoins
- utiliser les travaux lauréats dans des campagnes réelles (avec autorisation et rémunération)
Cette implication permet non seulement de dénicher des pépites, mais aussi de renforcer son image d’entreprise innovante et ouverte aux jeunes talents.
Conclusion : un écosystème créatif en pleine mutation
L’édition 2025 des Chatons d’Or marque clairement une étape. L’événement n’est plus un simple concours publicitaire ; il est devenu un festival incontournable pour quiconque s’intéresse aux futurs visages de la création en France.
Pour les marketeurs, les directeurs de l’innovation, les fondateurs de startups tech et les responsables de communication, suivre Les Chatons d’Or, c’est anticiper les codes visuels, sonores et narratifs qui domineront les prochaines campagnes et expériences de marque.
Et si la vraie disruption créative venait finalement de ces jeunes talents de 20-30 ans qui, loin des process industriels, imaginent déjà le futur de nos métiers ?
Une chose est sûre : en 2026, ignorer Les Chatons d’Or, c’est prendre le risque de passer à côté des prochaines grandes signatures créatives françaises.
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