Imaginez un instant : les algorithmes les plus puissants du monde, ceux qui driv ent les recommandations sur Instagram, les conversations avec Meta AI ou les futurs modèles de superintelligence, ont soudain besoin d’une quantité d’électricité équivalente à plusieurs grandes villes. Et si la solution venait d’une technologie née dans les années 1950, mais remise au goût du jour ? C’est exactement ce que vient d’annoncer Meta en ce début 2026 : des partenariats stratégiques massifs dans le nucléaire pour alimenter sa course effrénée vers l’IA avancée. Une décision qui fait du bruit dans le monde du business tech et qui soulève des questions fascinantes sur l’avenir de l’énergie, de l’innovation et de la compétitivité américaine face à la Chine.
Dans un secteur où chaque watt compte, Meta ne se contente plus d’acheter de l’électricité verte classique. La firme de Mark Zuckerberg passe à la vitesse supérieure en signant des accords de long terme avec des acteurs clés du nucléaire : Vistra, TerraPower et Oklo. Objectif affiché ? Sécuriser jusqu’à 6,6 gigawatts d’énergie propre et fiable d’ici 2035. De quoi faire tourner des data centers géants comme le futur Prometheus sans craindre les blackouts ou les hausses de prix de l’électricité.
Pourquoi l’IA pousse Meta vers le nucléaire ?
L’explosion de l’intelligence artificielle générative a complètement bouleversé les besoins énergétiques des Big Tech. Un seul centre de données moderne pour l’IA peut consommer autant qu’une ville de 100 000 habitants. Chez Meta, la construction du supercluster Prometheus à New Albany dans l’Ohio, annoncé en 2025 et prévu pour être opérationnel dès cette année, symbolise cette nouvelle ère. Ce monstre de calcul, conçu pour entraîner des modèles toujours plus grands, exige une alimentation constante, fiable et idéalement décarbonée.
Les renouvelables (solaire, éolien) sont excellents, mais intermittents. Les batteries aident, mais ne suffisent pas pour des charges 24/7. Le nucléaire, lui, offre une puissance stable et sans CO2. C’est cette équation que Meta a choisie de résoudre en misant gros sur l’atome. Une stratégie qui s’inscrit dans une tendance plus large : Google, Amazon et Microsoft regardent aussi de près le nucléaire modulaire et les prolongations de centrales existantes.
« L’innovation à cette échelle exige plus d’électricité, et c’est là que l’énergie nucléaire entre en jeu. Elle fournit une électricité propre, fiable et ferme qui aide à alimenter l’économie et les communautés américaines. »
– Extrait du communiqué officiel de Meta, janvier 2026
Cette citation résume parfaitement la vision : le nucléaire n’est plus vu comme un vestige du passé, mais comme un levier stratégique pour conserver le leadership technologique américain.
Les trois piliers des accords Meta
Meta a structuré ses engagements autour de trois partenariats complémentaires, chacun apportant une brique essentielle à l’édifice énergétique :
- Vistra : accords de 20 ans pour plus de 2,6 GW, dont 2,176 GW issus des centrales existantes de Perry et Davis-Besse (Ohio) et Beaver Valley (Pennsylvanie), plus 433 MW via des uprates (augmentations de puissance). Ces prolongations de licence et ces modernisations représentent les plus importants uprates nucléaires soutenus par un client corporate aux États-Unis.
- TerraPower (soutenue par Bill Gates) : financement pour deux réacteurs Natrium avancés (jusqu’à 690 MW dès 2032), avec option sur six unités supplémentaires pour un total potentiel de 2,8 GW de puissance ferme + 1,2 GW de stockage. Une technologie de réacteur rapide au sodium couplé à du stockage par sel fondu.
- Oklo (soutenue par Sam Altman d’OpenAI) : soutien au développement d’un campus de 1,2 GW dans le comté de Pike en Ohio, avec des mini-réacteurs modulaires avancés recyclant des déchets nucléaires. Première phase visée pour 2030.
Ces deals font de Meta l’un des plus gros acheteurs corporates d’énergie nucléaire de l’histoire américaine, juste derrière son accord précédent avec Constellation Energy en 2025.
Impacts économiques et emplois : un cercle vertueux ?
Au-delà de l’aspect purement tech, ces investissements ont un impact très concret sur le terrain. Meta met en avant la création de milliers d’emplois : construction, exploitation, maintenance. Les régions de l’Ohio et de Pennsylvanie, historiquement liées à l’industrie lourde et parfois touchées par des fermetures de centrales, voient ici une bouffée d’oxygène économique.
Les uprates et extensions de licence permettent de maintenir et d’augmenter la production sans construire de nouvelles centrales de zéro, ce qui réduit les délais et les coûts. Pour les startups comme Oklo et TerraPower, le soutien financier de Meta accélère considérablement leur roadmap industrielle. C’est un bel exemple de symbiose entre Big Tech et deep tech énergie.
- Milliers d’emplois temporaires (construction)
- Centaines d’emplois permanents (exploitation)
- Renforcement de la chaîne d’approvisionnement nucléaire américaine
- Augmentation de la base fiscale locale
Les défis et controverses à ne pas ignorer
Bien sûr, tout n’est pas rose. Associer IA et nucléaire fait naître des craintes : sécurité, gestion des déchets, proximité entre systèmes critiques et intelligence artificielle. Certains observateurs ironisent sur le fait que des modèles « plus intelligents que les humains » pourraient un jour piloter des réacteurs. Meta répond que l’énergie va dans le grid général et alimente ses data centers de manière indirecte, sans lien opérationnel direct.
Autre point sensible : l’eau. Les data centers consomment énormément pour le refroidissement. Meta affirme investir aussi dans des infrastructures hydriques durables, mais la pression sur les ressources locales reste réelle dans certaines régions.
« Ces projets ajoutent une puissance fiable au réseau, renforcent la chaîne d’approvisionnement nucléaire américaine et soutiennent de nouveaux emplois. »
– Meta, janvier 2026
Le message est clair : l’enjeu est national. Joel Kaplan, Chief Global Affairs Officer de Meta, a même déclaré que ces accords aident les États-Unis à « gagner la course à l’IA contre la Chine ».
Quelles leçons pour les entrepreneurs et marketeurs ?
Pour les fondateurs de startups, c’est une masterclass en stratégie d’approvisionnement critique. Quand votre croissance dépend d’une ressource rare (ici l’électricité), vous ne pouvez pas vous contenter de fournisseurs classiques : il faut verrouiller des contrats long terme, investir en amont, et parfois même co-financer l’innovation.
Du côté marketing et communication digitale, l’histoire est puissante : Meta se positionne comme un acteur responsable qui mise sur l’énergie propre pour scaler l’IA au service de milliards d’utilisateurs. Les équipes brand storytellers vont pouvoir construire des campagnes autour de « l’IA au service du bien commun », tout en rassurant sur l’impact environnemental.
Enfin, pour les investisseurs, ces annonces montrent que l’énergie devient le nouveau goulot d’étranglement de la tech. Les valorisations futures des entreprises d’IA pourraient de plus en plus dépendre de leur accès sécurisé à des gigawatts fiables.
Vers une nouvelle ère de l’énergie pour l’IA ?
Meta n’est que la partie visible d’un iceberg beaucoup plus large. L’ensemble de l’écosystème tech (GAFAM + startups IA) va devoir repenser son mix énergétique. Le nucléaire, longtemps boudé, retrouve grâce aux yeux des investisseurs et des décideurs. Les petits réacteurs modulaires (SMR), les technologies avancées comme celles de TerraPower ou Oklo, et les prolongations de centrales existantes pourraient bien devenir les piliers invisibles de la prochaine vague d’innovation.
En attendant, une chose est sûre : l’IA ne se contentera plus de data centers branchés sur le réseau classique. Elle veut de la puissance atomique. Et Meta vient de poser la première pierre d’un empire énergétique 2.0.
Restez connectés, car cette histoire ne fait que commencer. Entre business, géopolitique de l’énergie et course à la superintelligence, les prochains mois promettent d’être passionnants.
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