Imaginez un instant : vous êtes en réunion stratégique média, et après 45 slides PowerPoint remplies de jargons, de courbes exponentielles et d’acronymes incompréhensibles, vous sortez avec la même question qu’en entrant : « Mais en fait, ça va faire quoi pour la marque ? ». Cette scène, trop d’équipes marketing la vivent quotidiennement. Et si quelqu’un décidait enfin de dire stop ? C’est exactement ce que propose no thanks, une nouvelle agence média indépendante qui vient de naître à Paris et qui refuse catégoriquement la complexité devenue monnaie courante dans le secteur.
Dans un monde où les stratégies média se noient sous des couches de data, d’algorithmes et de technos stack surdimensionnées, cette initiative tombe à pic. Fondée par deux profils atypiques, l’agence promet de remettre les idées et l’efficacité au centre, sans sacrifier la créativité. Pour les marketeurs, les fondateurs de startups et les directeurs de la communication qui en ont assez des PowerPoints interminables, c’est peut-être le vent frais dont le secteur a besoin en 2026.
Pourquoi le secteur média a-t-il autant besoin d’une révolution anti-complexité ?
Le paysage média français (et international) a muté ces dernières années. Entre la fragmentation des audiences, l’explosion des plateformes programmatiques, les walled gardens et les nouvelles régulations sur la privacy, les agences ont accumulé des outils, des certifications et des expertises pointues. Résultat ? Une opacité grandissante. Les clients peinent à comprendre où passe leur budget, pourquoi telle cible est touchée 47 fois ou comment mesurer réellement l’impact créatif.
Les grands groupes médias dominants ont construit des machines impressionnantes, mais souvent au détriment de la lisibilité. Les plans deviennent des usines à gaz où le comms planning (encore rare en France) est noyé sous des tonnes de data non actionable. C’est dans ce contexte que no thanks arrive avec un message clair : le média doit redevenir un allié des idées, pas un frein.
« Le média ne devrait jamais être un langage réservé aux initiés. Si une stratégie ne peut pas être expliquée simplement, c’est qu’elle n’est pas claire. Et si elle n’est pas claire, elle n’est probablement pas efficace. »
– Alexandre Chavagnac, cofondateur de no thanks
Cette citation résume parfaitement la philosophie de l’agence. Pas de bullshit, pas de slides de 120 pages, pas de termes techniques pour impressionner. Juste du bon sens appliqué à la diffusion des idées créatives.
Les fondateurs : un duo stratégie + création qui change la donne
Derrière no thanks, on retrouve Alexandre Chavagnac et Valentin Fertillet. Le premier a un parcours impressionnant dans les stratégies média internationales : Zalando, Kering, Estée Lauder… Il connaît les rouages des grands comptes et les pièges de la sur-complexification. Le second n’est autre que le CEO et cofondateur de Socialclub, une agence créative indépendante reconnue pour son audace (Spotify, Dom Pérignon, Hinge…).
Ce tandem est rare : un pur média qui parle couramment création, et un créatif qui maîtrise les enjeux d’exécution média. Leur frustration commune face aux silos traditionnels (agence créa d’un côté, média de l’autre) a donné naissance à cette structure. Dès le brief initial, chez no thanks, la création et le média dialoguent comme des égaux. Fini le « on fait la créa puis on voit pour le média ».
Pour les startups et les marques en croissance rapide, ce modèle est précieux. Il permet d’éviter les pertes d’énergie terribles quand une belle idée créative est massacrée par une exécution média déconnectée. Ici, tout part du concept pour arriver à l’achat d’espace, en passant par les études audiences et la négociation.
Le comms planning : l’approche qui fait la différence en France
Encore peu démocratisé dans l’Hexagone, le comms planning est au cœur du positionnement de no thanks. Cette discipline anglo-saxonne consiste à penser la communication dans sa globalité : quel message, pour qui, où, quand, comment, et surtout pourquoi. Le média n’est plus une étape finale, mais un prolongement logique du concept créatif.
Concrètement, cela signifie que l’agence accompagne les marques de A à Z :
- Compréhension fine des audiences et études qualitatives/quantitatives
- Élaboration de la stratégie média alignée sur le insight créatif
- Planification et négociation d’espaces (TV, digital, OOH, print…)
- Achat programmatique intelligent sans opacité
- Suivi des performances en temps réel avec KPIs clairs
Cette chaîne intégrée réduit les frictions et maximise l’impact. Pour une startup tech ou une scale-up en phase d’acquisition agressive, c’est un gain de temps et d’argent considérable.
Des premiers clients qui valident le concept
Même si l’agence est toute jeune (lancement officiel en janvier 2026), elle affiche déjà des références solides. Avant même d’ouvrir ses portes, no thanks a travaillé sur des projets concrets, notamment en collaboration étroite avec Socialclub.
Le cas le plus emblématique reste la campagne Hinge « Souvenirs d’Amour » (ou « Souvenirs of Love »). Déployée en France et en Allemagne, elle met en scène de vrais couples rencontrés sur l’application de dating, à travers des objets symboliques de leur histoire. no thanks a orchestré le média avec finesse : extensions éditoriales en podcast via Binge Audio, films d’animation avec Bound Media, et print dans Society. Le résultat ? Une campagne qui dépasse le simple achat d’espace pour créer un univers narratif cohérent et touchant.
Autre exemple marquant : la première campagne offline de Timeleft, l’app qui organise des dîners entre inconnus pour lutter contre la solitude urbaine. no thanks a conçu un dispositif massif dans le métro parisien, parfait pour toucher rapidement un large public et installer la notoriété de la marque. Simple, visible, impactant : exactement le contraire des plans média alambiqués.
Ces cas montrent que l’approche « no bullshit » fonctionne aussi bien pour des apps grand public que pour des marques internationales. Et surtout, elle prouve que simplicité ne rime pas avec minimalisme paresseux, mais avec pertinence chirurgicale.
Les avantages pour les marketeurs et entrepreneurs en 2026
Dans un contexte économique tendu, où chaque euro investi doit produire du ROI mesurable, une agence comme no thanks répond à plusieurs douleurs récurrentes :
- Transparence budgétaire : fini les marges opaques et les surcoûts cachés
- Rapidité décisionnelle : des présentations courtes et claires accélèrent les arbitrages
- Alignement créa-média : les idées ne se diluent plus dans l’exécution
- Focus performance : KPIs simples et orientés business (acquisition, notoriété, engagement réel)
- Adaptabilité internationale : l’expérience globale des fondateurs permet de scaler en Europe et au-delà
Pour une startup en levée de fonds ou une PME qui veut challenger les leaders, ce modèle est attractif. Il évite de tomber dans le piège des « big agency » où le client devient un numéro parmi d’autres.
Et demain ? Les défis d’une agence qui mise tout sur la simplicité
Bien sûr, dire non à la complexité n’est pas sans risques. Le secteur adore les outils sophistiqués, les dashboards multicolores et les certifications Google/Meta. Certains clients pourraient percevoir la simplicité comme un manque d’expertise. no thanks devra donc prouver continuellement que « simple » ne veut pas dire « simpliste ».
Autre enjeu : scaler sans se renier. Garder cette agilité et cette proximité quand le portefeuille clients grossit demandera une discipline de fer. Mais avec des fondateurs expérimentés et un positionnement clair, l’agence a les cartes en main pour devenir une alternative crédible aux mastodontes.
En 2026, alors que l’IA envahit les outils média (prédiction d’enchères, génération créa, analyse prédictive), no thanks rappelle une vérité essentielle : la technologie doit servir l’idée, pas l’inverse. Et surtout, elle doit rester compréhensible par tous les décideurs, du CMO au fondateur bootstrapé.
Conclusion : un signal fort pour l’écosystème marketing français
L’arrivée de no thanks n’est pas qu’une nouvelle agence de plus. C’est un manifeste. Dans un secteur qui s’essouffle sous le poids de sa propre sophistication, elle propose une voie différente : audacieuse, humaine, efficace. Pour les entrepreneurs tech, les directeurs marketing fatigués des process interminables et les marques qui veulent retrouver du sens dans leurs investissements média, c’est une option à surveiller de près.
Et vous, en avez-vous marre de la complexité média ? Prêts à tester une approche « no thanks » ? Le futur de la communication pourrait bien passer par des stratégies plus simples… et pourtant bien plus puissantes.
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