Et si croquer dans une pomme devenait soudainement l’acte le plus cool et le plus désirable de votre journée ? C’est précisément le pari que vient de prendre Pink Lady avec le lancement tonitruant de sa nouvelle plateforme de communication paneuropéenne. Exit les discours santé raisonnables et les promesses nutritionnelles attendues : la marque de pommes premium veut désormais incarner une véritable attitude, un style de vie assumé, presque provocateur dans sa simplicité. Bienvenue dans l’ère « So Crunchy. So Juicy. So Cool. ».
En novembre 2025, Pink Lady a enclenché un virage stratégique majeur dans 11 pays européens. L’objectif ? Sortir définitivement du rayon fruits et légumes pour s’installer dans l’univers du lifestyle urbain, aux côtés des marques de mode, de sneakers ou de cafés specialty. Un mouvement audacieux qui mérite qu’on s’y attarde, surtout pour les professionnels du marketing, de la communication et des stratégies de marque qui cherchent l’inspiration en 2026.
Pourquoi une pomme premium doit-elle absolument devenir “cool” ?
Le contexte de consommation a radicalement changé ces dernières années. Les jeunes adultes (18-35 ans) plébiscitent de moins en moins les fruits entiers au profit de snacks ultra-transformés, packagés, gourmands et surtout très bien marketés. Face à cette érosion discrète mais réelle, Pink Lady a décidé de ne pas se contenter d’améliorer son discours produit. La marque a choisi de réinventer la perception même du fruit.
Le croquant intense et la jutosité exceptionnelle, qui étaient jusqu’ici des arguments techniques, deviennent des marqueurs émotionnels puissants. Croquer dans une Pink Lady n’est plus seulement une alternative saine : c’est un geste qui dégage du charisme, de la désinvolture, une forme de rébellion douce contre le stress et les injonctions permanentes.
Avec notre nouvelle campagne So Crunchy. So Juicy. So Cool., nous rendons Pink Lady désirable bien au-delà de son audience traditionnelle, en incarnant une attitude positive et un code de consommation résolument moderne.
– Cédric Modica Amore, Directeur Marketing & Communication, Pink Lady Europe
Cette citation résume parfaitement l’ambition : passer d’une marque recommandée par les nutritionnistes à une marque désirée par une génération qui valorise le plaisir immédiat et l’esthétique du quotidien.
Un univers visuel signé Charlotte Abramow : quand la simplicité devient magnétique
Pour porter ce nouveau territoire, Pink Lady a fait appel à l’agence Romance et à la réalisatrice / photographe belge Charlotte Abramow. Celle-ci est connue pour son esthétique à la fois poétique, brute et ultra-contemporaine. Son regard transforme des situations banales en moments suspendus, presque cinématographiques.
Dans les films et les visuels de la campagne, on découvre des personnages qui croquent dans leur Pink Lady avec une intensité presque insolente, alors même que le vent leur ébouriffe les cheveux, qu’un pull s’accroche à une porte ou qu’une averse menace. Rien ne les détourne. Le message est clair : le plaisir simple et immédiat l’emporte toujours.
L’univers chromatique est saturé sans être agressif : rose signature bien sûr, mais aussi jaunes éclatants, oranges vitaminés, bleus profonds. Les cadrages sont serrés, les lumières flatteuses, les mouvements fluides. On est très loin des plateaux de fruits classiques et des sourires forcés des publicités santé des années 2010.
Les codes narratifs du cool appliqués à… une pomme
Ce qui frappe dans cette prise de parole, c’est la manière dont Pink Lady s’approprie des codes culturels jusqu’ici réservés à d’autres univers :
- le geste iconique de croquer dans une pomme, omniprésent dans le cinéma américain pour signifier assurance et nonchalance
- la revendication d’un plaisir assumé, sans culpabilité
- une esthétique “effortless cool” que l’on retrouve chez des marques comme Glossier, Reformation ou même Supreme dans ses activations les plus réussies
- un refus des discours moralisateurs sur la santé
En résumé, Pink Lady ne vend plus une pomme. Elle vend une attitude accessible, joyeuse et visuellement désirable. C’est une masterclass de brand desire engineering appliquée à un produit a priori très éloigné des codes du luxe ou de la hype.
Un déploiement média ambitieux et très 2026
La campagne se déploie dans 11 pays européens avec un mix média très équilibré :
- TV linéaire (temps fort autour de la Saint-Valentin en France)
- radio
- digital (vidéos courtes, social media, YouTube, TikTok…)
- affichage urbain massif
- métro et gares dans les grandes villes françaises
- activations point de vente repensées
Pour la première fois, Pink Lady investit fortement le métro et l’affichage sauvage dans les capitales européennes. L’idée est double : capter l’attention des urbains pressés et s’inscrire physiquement dans leur quotidien visuel. Une stratégie d’urban brand dominance qui rappelle les plus belles campagnes d’affichage des années 2020-2025 (Supreme x Louis Vuitton, Jacquemus dans le métro parisien, etc.).
En point de vente, le rayon fruits se transforme en véritable pop-up culturel : couleurs vibrantes, typographies audacieuses, mises en scène immersives. L’objectif est de créer un choc visuel dès l’entrée du magasin et de transformer l’acte d’achat en expérience mémorable.
Les leçons stratégiques à retenir pour 2026
Ce repositionnement Pink Lady est riche d’enseignements pour toute marque qui cherche à rester pertinente dans un environnement saturé :
- Arrêter de se battre sur le terrain de la rationalité – la santé est devenue un prérequis, plus un différenciateur
- Investir massivement l’émotionnel et le sensoriel – le plaisir immédiat est devenu le nouveau carburant du désir
- S’approprier des codes culturels externes – cinéma, mode, art, street culture – pour enrichir son propre territoire
- Créer une cohérence visuelle radicale – du film à l’affiche métro en passant par le rayon fruits
- Oser la simplicité assumée – parfois un seul geste bien exécuté (croquer) suffit à porter toute une philosophie de marque
Dans un monde où l’attention est devenue la ressource la plus rare, Pink Lady rappelle une vérité essentielle : la désirabilité naît souvent de l’émotion et de l’esthétique bien plus que de la promesse produit.
Vers une Pink Lady iconique et générationnelle ?
Le pari est ambitieux : faire de la pomme rose la nouvelle icône d’une génération urbaine, sensible aux codes visuels contemporains et allergique aux discours trop sérieux. Si la campagne parvient à s’installer durablement dans le paysage culturel (comme l’ont fait avant elle des marques comme Red Bull, GoPro ou même Innocent à ses débuts), Pink Lady pourrait bien devenir l’exemple 2026 d’une marque de grande consommation qui a su muter vers un statut culturel.
Les prochains mois seront décisifs : les performances sur les réseaux sociaux, l’évolution des parts de voix, l’impact sur les ventes jeunes adultes et surtout la capacité de la marque à entretenir cette nouvelle aura au-delà du lancement seront scrutés de près par toute la profession.
En attendant, une chose est sûre : la prochaine fois que vous croiserez une Pink Lady dans le métro, sur un écran géant ou dans un spot TikTok, vous ne la regarderez plus tout à fait de la même manière. Elle ne sera plus seulement une pomme. Elle sera devenue une attitude.
Et vous, que pensez-vous de ce virage stratégique ? Une marque alimentaire peut-elle vraiment devenir un symbole de cool attitude au même titre qu’une paire de sneakers ou un café de spécialité ? La discussion est ouverte.
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