Imaginez un instant : nous sommes en 2026, les cookies tiers ont quasiment disparu, l’attention des consommateurs s’effrite à une vitesse folle et l’intelligence artificielle redéfinit chaque jour les règles du jeu en marketing digital. Dans ce contexte ultra-compétitif, les agences de performance ne peuvent plus se contenter d’optimiser des campagnes ; elles doivent devenir de véritables partenaires stratégiques capables de piloter la croissance de manière globale et prédictive. C’est précisément dans cette optique que Publicis Connected Media vient de frapper un grand coup en nommant Stéphanie Guédon à la présidence de Performics France.

Cette nomination, officialisée début mars 2026, ne passe pas inaperçue dans le petit monde du marketing français. Elle symbolise à elle seule les mutations profondes que traverse la filière : montée en puissance de la data first-party, sophistication extrême des modèles de mesure, intégration massive de l’IA générative et nécessité impérieuse de créer de la cohérence entre media, CRM, contenu et analytics. Décryptage complet de ce mouvement majeur.

Un parcours qui incarne parfaitement les nouveaux enjeux du marketing client

Stéphanie Guédon n’arrive pas en terrain inconnu. Son parcours est d’une rare complémentarité : elle a successivement évolué côté annonceur, côté agence média et côté conseil stratégique. Une triangulation rare qui lui permet de parler le même langage que les Directions Marketing, les Directions Digitales et les Directions Data des plus grands groupes français.

Diplômée de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne, elle a débuté sa carrière dans le conseil avant de rejoindre iProspect (groupe Dentsu) où elle a dirigé les expertises performance et data pendant plusieurs années. Elle a ensuite pris la direction performance marketing chez Equancy, cabinet qui a fusionné avec une autre entité pour former l’une des structures les plus en vue sur le CRM et la data. Enfin, pendant six années, elle a occupé le poste stratégique de Directrice Marketing Client chez Maisons du Monde, l’un des retailers les plus dynamiques du paysage français.

Ce CV impressionnant lui confère une double légitimité : elle connaît intimement les contraintes business d’un annonceur tout en maîtrisant les leviers technologiques et méthodologiques des agences spécialisées en performance.

« Je suis honorée de rejoindre Performics France et enthousiaste à l’idée de contribuer à son développement dans un écosystème en profond renouvellement. Les enjeux actuels offrent de formidables opportunités pour réinventer la manière dont les marques pilotent leurs stratégies média. »

– Stéphanie Guédon, Présidente de Performics France

Performics France : l’agence performance historique qui veut redevenir incontournable

Performics n’est pas une nouvelle venue. Créée il y a plus de vingt ans, l’agence a longtemps été considérée comme l’une des références françaises en search, affiliate, display programmatique et performance globale. Intégrée au réseau Publicis depuis 2017, elle a connu différentes phases d’évolution stratégique.

Aujourd’hui, dans un marché où la distinction entre pure players média et agences CRM/data s’estompe, Performics veut clairement se repositionner comme partenaire stratégique de la transformation des marques. Fini le simple achat média ; l’heure est à l’orchestration globale de la performance sur l’ensemble du parcours client.

Stéphanie Guédon arrive donc à un moment charnière. Elle succède à un management qui a posé les bases de cette ambition et reporte désormais à Arnaud Lauga, fraîchement nommé Directeur Général Business & Transformation de Publicis Connected Media France.

« Son riche parcours et sa connaissance fine du marketing client mêlant data, CRM et performance en font un atout déterminant pour continuer à faire grandir et progresser l’agence, ses talents et donc ses clients. »

– Arnaud Lauga, Directeur Général Business & Transformation de Publicis Connected Media France

Les grands chantiers qui attendent la nouvelle Présidente

La feuille de route de Stéphanie Guédon s’articule autour de plusieurs axes stratégiques majeurs dans le paysage 2026 :

  • Renforcer massivement les capacités data first-party et zero-party des clients
  • Accélérer le déploiement de solutions d’IA générative pour la création, l’optimisation créative et la personnalisation à grande échelle
  • Développer des modèles de mesure avancés (MMM, incrementality testing, causal inference) dans un monde post-cookies
  • Créer une vraie cohérence entre media, CRM, contenus owned et analytics
  • Lancer de nouveaux produits et solutions propriétaires différenciants
  • Attirer et retenir les meilleurs talents data & IA dans un marché ultra-concurrentiel

Ces chantiers ne sont pas théoriques. Ils répondent à des pressions très concrètes exercées par les Directions Générales et les Directions Financières des grands groupes : démontrer un ROI incrémental réel, optimiser chaque euro dépensé en media et anticiper les prochaines évolutions réglementaires (Digital Markets Act, ePrivacy, AI Act).

Pourquoi cette nomination est symptomatique d’une tendance de fond

Depuis 2024-2025, on observe une accélération nette du recrutement de profils hybrides à des postes de direction dans les agences performance et média. Les pure players search ou social media cèdent la place à des leaders capables de parler business, data science, création et technologie dans la même phrase.

Chez Publicis, cette tendance est particulièrement visible :

  • Arrivée de nombreux profils annonceurs à des postes clés
  • Fusion progressive des expertises média, data, CRM et créatif sous la bannière Connected Media
  • Investissements massifs dans les plateformes propriétaires (Epsilon, CitrusAd, etc.)
  • Partenariats stratégiques renforcés avec Google, Meta, Amazon Ads, TikTok, etc.

Dans ce mouvement général, la nomination de Stéphanie Guédon apparaît comme l’un des signaux les plus forts envoyés par le marché français en 2026.

Quel impact pour les annonceurs et les autres agences ?

Pour les annonceurs, cette évolution devrait se traduire par des propositions de valeur plus intégrées et moins fragmentées. Fini le temps où l’on briefait séparément l’agence search, l’agence social, l’agence CRM et l’agence data. Les grands groupes attendent désormais un partenaire capable de leur livrer une orchestration globale de la performance.

Pour les agences concurrentes (GroupM, Havas Media, Dentsu, Independent, etc.), la pression s’accentue. Celles qui n’ont pas encore fusionné leurs expertises media et data risquent de se retrouver distancées dans les mois qui viennent.

Enfin, pour les talents du secteur, c’est une excellente nouvelle : les opportunités de carrière dans des rôles stratégiques et technologiques se multiplient.

Vers une nouvelle ère de la performance marketing unifiée

En 2026, la performance ne se limite plus à l’optimisation du last-click ou du ROAS court-terme. Elle devient un système nerveux central de l’entreprise, capable d’intégrer :

  • La vision stratégique long terme de la marque
  • Les objectifs financiers trimestriels
  • La connaissance fine du client issue du CRM
  • Les innovations technologiques (IA, clean rooms, privacy-enhancing tech)
  • Les nouvelles attentes sociétales en matière de publicité responsable

C’est cette vision 360° et prospective que Stéphanie Guédon est appelée à incarner chez Performics France. Son arrivée marque sans doute le début d’un nouveau chapitre pour l’agence, mais aussi pour toute une profession en quête de sens et de valeur ajoutée dans un monde saturé de signaux.

À suivre de très près dans les prochains mois : les premiers chantiers lancés, les innovations produits dévoilées et surtout les résultats concrets obtenus auprès des clients historiques et nouveaux. Car dans ce secteur, plus que jamais, c’est sur le terrain que se joue la crédibilité.

Une chose est sûre : avec cette nomination, Publicis Connected Media envoie un message clair au marché. La performance marketing de demain ne se fera pas sans data, sans IA, sans vision client globale… et sans leaders capables de porter haut et fort cette ambition.

Et vous, comment percevez-vous cette évolution ? Les agences doivent-elles toutes devenir des “full-funnel partners” ou reste-t-il de la place pour des spécialistes ultra-pointus ? La discussion est ouverte.