Imaginez une agence qui, après 14 années d’existence, décide de tout remettre à plat. Pas un simple lifting esthétique, non : une véritable renaissance stratégique, identitaire et organisationnelle. C’est exactement ce qu’a vécu Sweetpunk en 2025. De Sweet & Punk à Sweetpunk, d’une formule duale à une identité unifiée, d’une agence généraliste à l’agence créative des outsiders. Une mue courageuse dans un secteur où le confort est souvent la norme. Mais pourquoi tout risquer quand tout allait (presque) bien ?
À l’heure où les budgets se resserrent, où l’efficacité business prime sur le beau pour le beau, et où l’intelligence artificielle redessine les frontières créatives, cette transformation mérite qu’on s’y attarde. Rencontre avec une agence qui a choisi l’audace plutôt que la prudence, et qui en récolte déjà les fruits.
Les origines : quand deux amis réinventent la formule agence
Tout commence en 2012. Alexandre Castaing (directeur de création) et Stéphane Pointin (directeur de clientèle), alors chez Brainsonic, partagent un moment de lucidité autour d’un verre de rosé. Ils rêvent d’une structure différente : une agence qui écoute vraiment ses clients tout en osant des partis pris créatifs forts. Ni « com », ni « digital » dans le nom. Juste une envie de faire du sweet (l’accompagnement client) et du punk (la créativité qui dérange).
Le nom Sweet Punk arrive par SMS dans le métro parisien. Coup de cœur immédiat. La promesse est claire : on chouchoute le client et on lui propose des idées qui claquent. Pas de compromis entre efficacité et audace. Cette dualité va devenir leur signature pendant plus d’une décennie.
Les débuts sont fulgurants. Petits projets → bannières → newsletters → sites complets. L’équipe livre des productions soignées, obsession du détail, culture du résultat. Très vite, les appels d’offres s’enchaînent, les trophées aussi. Sweet Punk devient une agence que l’on remarque dans le paysage français.
On n’était pas là pour faire juste du beau, il fallait que ça marche.
– Stéphane Pointin, Directeur Général de Sweetpunk
Cette obsession du ROI et de la performance va les porter très loin… jusqu’à atteindre, en seulement 4-5 ans, leur « dream agency » : une vingtaine de personnes, des projets passionnants, un équilibre vie pro/perso respectable et même des collaborations associatives. Objectif rempli. Et après ?
Le moment de flottement et l’impact du Covid
Quand on réalise son rêve en avance sur le planning, deux options : se reposer sur ses lauriers ou se fixer un nouveau défi. Sweet Punk choisit la seconde voie : devenir la meilleure agence de France de moins de 30 personnes. Mais la machine est lancée, la croissance s’accélère, et le cap devient flou.
Puis arrive 2020. Le monde s’arrête. Les appels d’offres s’évaporent. Sweet Punk prend conscience de sa dépendance à ce modèle de pitch compétitifs. C’est le déclic. L’agence décide de muter : montée en gamme, recrutement de profils stratégiques seniors, refonte du site internet, positionnement plus global et premium. Résultat ? 2021 devient une année exceptionnelle avec +30 % de chiffre d’affaires. L’association à Ekstend Group en 2022 et de gros gains d’appels d’offres confirment la trajectoire.
Mais le succès peut être trompeur. En 2023, les signaux d’alerte s’accumulent : dilution de l’ADN originel, idées moins tranchantes, trop de réunions, présentations moins percutantes. L’agence sent qu’elle perd de sa fraîcheur. Un message WhatsApp anodin dans le comité de direction va tout changer : « Et si on revoyait complètement notre organisation ? »
Le workshop de Bordeaux : naissance du Re-birth
Début 2024, Sweet Punk organise un workshop stratégique de deux jours à Bordeaux. L’objectif est ambitieux : repartir avec un positionnement saillant, une identité forte et une promesse différenciante. Clients historiques interrogés, brainstorming intense, remise en question totale.
À l’issue de ces deux jours, une évidence émerge : l’agence veut accompagner les marques outsiders. Celles qui osent, qui challengent, qui prennent des risques, qu’elles soient déjà leaders ou challengers. Être outsider devient un état d’esprit, pas seulement une position de marché.
En parallèle, le nom évolue : adieu l’espace entre Sweet et Punk, place à Sweetpunk. Un symbole fort : l’agence n’est plus schizophrène entre accompagnement client et créativité disruptive. Elle est les deux en même temps, partout, tout le temps.
Re-birth : 26 chantiers en parallèle, une mobilisation totale
Janvier 2025. Kick-off annuel. Le Codir annonce aux équipes : ce n’est pas un rebranding, c’est une nouvelle agence… avec 14 ans d’expérience en plus. Le projet Re-birth est lancé. Pas moins de 26 sous-chantiers sont ouverts simultanément :
- Refonte complète des offres commerciales
- Intégration intelligente de l’IA (créa + efficacité économique)
- Réinvention des outils internes et des rituels
- Nouvelle ligne éditoriale sur les réseaux sociaux
- Création d’un studio de production interne
- Nouvelle méthode propriétaire en 4 piliers
Pour impliquer tout le monde, un site participatif est créé. Chaque collaborateur peut s’inscrire aux chantiers qui l’intéressent. Résultat inattendu : un tel engouement qu’il faut limiter le nombre de chantiers par personne. Preuve que lorsque le sens est clair et le challenge collectif, les équipes se mobilisent massivement.
Le 28 octobre 2025, le Re-birth est officiellement présenté. Début décembre, un événement « Outsider Club » réunit les clients historiques pour leur dévoiler la nouvelle plateforme de marque, la méthode, les outils. Une année 2025 intense, épuisante, mais unanimement considérée comme la plus belle de l’histoire de l’agence.
Ça a été mon année professionnelle la plus challengeante, et de loin. Mais c’est aussi le projet dont je suis le plus fier.
– Stéphane Pointin
La méthode Sweetpunk 2026 : 4 piliers pour les outsiders
Face à un marché où les marques sont sous pression budgétaire et où la communication doit impérativement performer, Sweetpunk structure son offre autour d’une méthode en quatre axes :
- Objectifs business clairs dès le départ : chaque projet commence par des KPI concrets et suivis
- Créer l’inattendu grâce à deux outils propriétaires :
- Outsider Brief : décoder les codes du marché pour mieux les contourner
- Outsider Bench : benchmark créatif inversé pour identifier les angles morts
- Collaboration exemplaire : refonte totale de la relation client pour créer de l’émerveillement à chaque étape
- IA intégrée partout : gain de temps créatif + compétitivité financière dans un contexte économique tendu
En complément, l’agence s’est dotée d’un studio de production interne. Objectif : réduire les délais, maîtriser les coûts et répondre à l’urgence que réclament aujourd’hui les annonceurs quand ils se décident enfin à bouger.
Les premiers résultats : attractivité multipliée par 5
Moins de trois mois après l’annonce officielle, les retours sont déjà impressionnants. L’attractivité de la marque Sweetpunk aurait été multipliée par cinq. Deux phénomènes intéressants émergent :
- Les marques alignées avec l’ADN outsider prennent spontanément contact
- Des entreprises contactent l’agence non pas pour une campagne, mais pour être accompagnées dans leur propre repositionnement / rebranding, inspirées par le travail de Sweetpunk
Preuve que lorsque l’on assume un positionnement fort et cohérent, on attire non seulement des clients, mais aussi du respect et de l’admiration dans l’écosystème.
Pourquoi ce repositionnement est un cas d’école en 2026
Dans un monde saturé d’agences qui se disent « globales », « full-service », « data-driven » ou « créatives », Sweetpunk a choisi de parler à un public précis : les marques qui veulent sortir du lot, qui acceptent le risque, qui savent que le statu quo est la pire des stratégies.
Ce choix est doublement malin :
- Il est discriminant : tout le monde ne se reconnaît pas dans le terme « outsider »
- Il est fédérateur : celles qui se reconnaissent dans cette posture deviennent ultra-motivées et impliquées
De plus, en assumant pleinement l’audace (« Audacieux aujourd’hui, références demain »), Sweetpunk s’autorise à refuser certains clients et à en valoriser d’autres. Un luxe rare dans le secteur.
Leçons pour les entrepreneurs et marketeurs
Ce que nous apprend Sweetpunk va bien au-delà du monde des agences. Plusieurs enseignements transversaux émergent :
- Le succès peut être un piège : quand tout va bien, c’est le moment idéal pour se remettre en question
- La transformation doit être totale ou ne pas être : corriger une réunion par ci, un process par là… c’est épuisant et peu efficace. Mieux vaut tout revoir d’un bloc
- Impliquer massivement les équipes paye : quand le sens est clair, même les stagiaires veulent participer
- Un positionnement qui divise est souvent plus puissant que l’unanimité fade
- L’IA n’est plus une option : elle devient un levier de compétitivité incontournable, même (et surtout) pour les agences créatives
En 2026, alors que beaucoup d’acteurs hésitent encore à trancher, Sweetpunk a choisi son camp : celui des marques qui osent. Et cela semble plutôt bien lui réussir.
Pour aller plus loin, découvrez la page dédiée à Sweetpunk sur le site J’ai un pote dans la com. Une belle source d’inspiration pour tous ceux qui pensent que le confort est l’ennemi de la progression.
Et vous, quelle est la dernière fois que vous avez tout remis à plat dans votre entreprise ou votre stratégie ?
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