Imaginez une plateforme publicitaire qui, malgré un marché en pleine tempête technologique, continue de croître à deux chiffres, maintient une rentabilité exceptionnelle et annonce en prime un programme de rachat d’actions massif. C’est exactement ce que vient de réaliser The Trade Desk avec ses résultats annuels 2025. Dans un secteur où la fin des cookies tiers, l’essor fulgurant de la télévision connectée et la quête incessante de performance mesurable redessinent complètement les règles du jeu, cette annonce envoie un message fort : l’independent adtech n’a pas dit son dernier mot.

Alors que beaucoup d’acteurs historiques de la publicité digitale traversent des turbulences, The Trade Desk affiche une santé financière impressionnante et accélère ses investissements stratégiques. Entre croissance soutenue, innovations produits majeures et retour massif aux actionnaires, décryptons ce qui fait de cette publication un événement majeur pour tout professionnel du marketing digital, des agences aux annonceurs en passant par les éditeurs.

Une croissance toujours aussi impressionnante en 2025

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur l’ensemble de l’année 2025, The Trade Desk a généré 2,896 milliards de dollars de revenus, soit une progression de 18 % par rapport à 2024. Cette croissance reste particulièrement remarquable dans un contexte macroéconomique incertain et alors que de nombreux concurrents peinent à maintenir leur dynamique.

Le quatrième trimestre, souvent révélateur de la santé réelle d’une entreprise, n’a pas déçu : 847 millions de dollars de chiffre d’affaires, en hausse de 14 % sur un an. Cette performance témoigne de la résilience de la plateforme et de sa capacité à capter des budgets même quand les annonceurs deviennent plus sélectifs.

Mais au-delà des revenus bruts, c’est surtout la rentabilité qui impressionne. Le bénéfice net annuel s’établit à 443 millions de dollars, correspondant à une marge nette de 15 %. Sur une base ajustée (non-GAAP), l’EBITDA atteint 1,196 milliard de dollars, soit une marge stable à 41 %. Ces niveaux de marge sont rares dans l’adtech et démontrent la maîtrise opérationnelle de l’entreprise.

The Trade Desk delivered $2.9 billion in revenue in 2025 while continuing to generate significant profitability and cash flow. We executed against a backdrop of macro uncertainty while making some of the most meaningful upgrades in our company’s history.

– Jeff Green, cofondateur et CEO de The Trade Desk

Cette citation résume parfaitement la philosophie de l’entreprise : croissance rentable, investissements stratégiques lourds et capacité à délivrer même dans la tourmente. Un positionnement qui contraste avec nombre d’acteurs plus dépendants des fluctuations du marché.

Un taux de rétention client exceptionnel depuis 12 ans

Dans l’univers ultra-concurrentiel de la publicité programmatique, conserver ses clients est souvent plus difficile que d’en conquérir de nouveaux. The Trade Desk affiche ici un score impressionnant : un taux de rétention net supérieur à 95 %… pour la douzième année consécutive.

Ce chiffre n’est pas anodin. Il traduit une vraie fidélité des agences et des annonceurs qui, une fois qu’ils ont adopté la plateforme, peinent à s’en passer. La combinaison d’une interface puissante, d’une transparence totale sur les enchères et d’outils d’optimisation avancés crée une forme de lock-in positif.

En 2025, la plateforme a d’ailleurs facilité 13,4 milliards de dollars de dépenses publicitaires brutes (gross media spend). Cela signifie que pour chaque dollar dépensé sur The Trade Desk, l’entreprise ne prend qu’une fraction en commission, mais sur un volume colossal. Un modèle économique qui continue de prouver sa pertinence.

UID2 : l’alternative crédible aux cookies tiers gagne du terrain

Depuis plusieurs années, The Trade Desk mise massivement sur Unified ID 2.0 (UID2) comme solution post-cookie. Cette identité ouverte, basée sur le consentement et contrôlée par l’utilisateur, commence à montrer des résultats concrets.

En 2025, de nouvelles intégrations majeures ont été annoncées, notamment avec Databricks et HighTouch. Ces partenariats permettent d’enrichir les signaux d’identité dans des environnements data propres et sécurisés, notamment dans le retail media.

UID2 se positionne comme une alternative privacy-first crédible aux solutions walled-garden. Alors que Google continue de repousser la fin définitive des cookies tiers, The Trade Desk accélère le déploiement de son framework ouvert, soutenu par un écosystème croissant d’éditeurs et de plateformes data.

  • Transparence totale sur l’utilisation des données
  • Contrôle utilisateur renforcé (opt-in clair)
  • Interopérabilité avec les data clean rooms
  • Pas de dépendance à un seul acteur (contrairement aux solutions Google ou Meta)

Ces avantages font d’UID2 l’un des projets les plus suivis par les professionnels qui refusent de tout miser sur les jardins fermés.

CTV : The Trade Desk confirme sa place de leader incontesté

La télévision connectée (CTV) est devenue le moteur de croissance numéro un de la publicité digitale. The Trade Desk l’a compris très tôt et en récolte aujourd’hui les fruits.

Parmi les annonces marquantes de 2025 : l’ouverture programmatique par NBCUniversal des inventaires publicitaires des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2026 via des DSP, dont The Trade Desk. Un signal fort que même les grands médias traditionnels reconnaissent la puissance d’achat et la précision ciblage offertes par la plateforme.

La CTV représente désormais une part croissante des dépenses sur The Trade Desk, portée par :

  • Une meilleure mesure d’attention et de complétion
  • Des environnements sans adblockers
  • Une qualité d’inventaire premium
  • Des ciblages cross-device performants

Dans un monde où l’attention devient la ressource la plus rare, la CTV offre un refuge qualitatif que les annonceurs premium plébiscitent de plus en plus.

PubDesk : plus de transparence pour les éditeurs

The Trade Desk ne se contente pas de servir les acheteurs. La société lance PubDesk, un tableau de bord dédié aux éditeurs qui vise à leur offrir une visibilité inégalée sur la demande et les prix pratiqués sur leur inventaire.

Dans un marché où la défiance entre acheteurs et vendeurs reste forte, cette initiative pourrait contribuer à rétablir une forme de confiance et à fluidifier les échanges programmatiques. Les premiers retours semblent très positifs, notamment chez les éditeurs premium qui cherchent à maximiser leur yield sans sacrifier la qualité.

Retour massif aux actionnaires : rachat d’actions porté à 500 M$

2025 aura été une année record en matière de retour aux actionnaires. The Trade Desk a racheté pour environ 1,4 milliard de dollars de ses propres actions sur l’année, dont 423 millions rien que sur le T4.

Fort de cette dynamique et d’une trésorerie solide, le conseil d’administration a approuvé 350 millions de dollars supplémentaires, portant l’autorité totale de rachat à 500 millions de dollars. Ce type de signal est très apprécié des marchés : il démontre la confiance de la direction dans la valeur intrinsèque de l’entreprise et sa capacité à générer du cash-flow important.

Pour le premier trimestre 2026, la guidance reste ambitieuse : au moins 678 millions de dollars de revenus et environ 195 millions d’EBITDA ajusté. De quoi maintenir la pression sur les concurrents.

Pourquoi ces résultats parlent à tous les marketeurs en 2026

Que vous soyez annonceur, agence, éditeur ou simplement curieux des tendances du marketing digital, les résultats de The Trade Desk en 2025 méritent attention pour plusieurs raisons :

  • Performance mesurable : dans un monde où les CMO doivent justifier chaque euro dépensé, la plateforme excelle dans l’attribution et l’optimisation en temps réel.
  • Indépendance : face à la domination des Big Tech, The Trade Desk reste l’une des rares plateformes véritablement neutres et transparentes.
  • Innovation continue : UID2, PubDesk, renforcement CTV… l’entreprise ne se repose jamais sur ses acquis.
  • Retour actionnarial agressif : signe d’une maturité financière et d’une stratégie équilibrée entre croissance et profitabilité.

À l’heure où l’IA générative, les retail media et les nouvelles régulations privacy redessinent l’écosystème, The Trade Desk semble particulièrement bien positionné pour capter une part croissante du gâteau publicitaire mondial.

Vers un duopole CTV programmatique ?

Certains analystes commencent à parler d’un duopole naissant entre The Trade Desk et Amazon dans la publicité CTV programmatique. Si Amazon bénéficie de son écosystème propriétaire (Prime Video, Fire TV, IMDb TV…), The Trade Desk tire sa force de son indépendance et de sa capacité à agréger de multiples sources d’inventaire premium.

Les prochains mois seront cruciaux pour voir si d’autres acteurs (Magnite, FreeWheel, Yahoo…) parviennent à freiner cette dynamique ou si la concentration va s’accentuer encore davantage.

Conclusion : un signal fort pour l’adtech indépendante

Les résultats 2025 de The Trade Desk ne sont pas seulement une bonne nouvelle pour ses actionnaires. Ils démontrent qu’il existe encore de la place pour des acteurs indépendants, transparents et innovants dans un marché dominé par les géants.

Entre la montée en puissance de la CTV, le succès croissant d’UID2, le lancement de PubDesk et un retour massif aux actionnaires, l’entreprise envoie un message clair : elle compte bien continuer à gagner des parts de marché, même dans un environnement complexe.

Pour tous les professionnels du marketing digital qui cherchent des solutions performantes, neutres et tournées vers l’avenir, The Trade Desk reste une valeur sûre à suivre de très près en 2026 et au-delà.

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