Trois décisions sur quatre finissent par s’essouffler avant d’atteindre le terrain. Ce n’est pas un slogan de conférence. C’est le constat que beaucoup de comités de direction connaissent trop bien : une feuille de route brillante, des slides impeccables, puis un écart grandissant entre ce qui a été décidé et ce qui se passe vraiment dans les équipes. C’est précisément sur cet angle mort qu’J’ai un pote dans la com a récemment mis en lumière le lancement d’AD VICTORIAM, nouveau cabinet du collectif AUSTRALIEGAD, pensé pour coller la stratégie à la réalité opérationnelle.
Le sujet n’a rien d’anecdotique pour les lecteurs qui vivent le marketing, les startups, le business et la communication digitale au quotidien. Une marque peut disposer d’un positionnement clair, d’un plan média ambitieux et d’une roadmap produit solide. Si l’arbitrage du comité exécutif se dilue au fil des strates, le client ne voit qu’une promesse molle. AD VICTORIAM naît de cette friction. Fondé et dirigé par Arnaud Deschamps, ancien dirigeant de Nestlé et directeur général de Nespresso France, le cabinet se présente comme un atelier d’exécution des stratégies plutôt que comme une usine à PowerPoint de plus.
Pourquoi Tant De Plans Restent Sur Le Papier
Une stratégie pertinente peut échouer sans être fausse. Elle se brise souvent sur des détails que les modèles théoriques sous-estiment : priorités contradictoires, silos, calendriers incompatibles, indicateurs qui ne parlent pas aux équipes de vente, absence de récit interne, ou encore un leadership qui accélère d’un côté et freine de l’autre. Le cabinet s’appuie sur une estimation souvent citée du Boston Consulting Group : environ 75 % des transformations n’atteignent que partiellement leurs objectifs, voire s’arrêtent en chemin.
Dans une économie plus rapide, cet écart devient coûteux. Les cycles produits se raccourcissent. Les plateformes changent les habitudes d’achat. Les équipes marketing doivent livrer plus vite, avec moins de marge d’erreur. Pendant ce temps, les organisations historiques gardent des rituels lourds. Le résultat ? Une vision validée en janvier qui n’a plus de traduction concrète en septembre. AD VICTORIAM nomme cet écart le Strategy Gap.
La décision stratégique est déjà une performance en soi. Mais le point difficile est son arrivée intacte jusqu’au terrain. Un dirigeant sait presque toujours ce qu’il faudrait arrêter ou accélérer. Ce qui lui manque, c’est le savoir-faire qui rend l’arbitrage tenable.
– Arnaud Deschamps
Cette phrase résume mieux qu’un manifeste le métier que le cabinet veut occuper. Il ne s’agit pas d’inventer une énième doctrine. Il s’agit de rendre un choix de direction tenable une fois confronté aux contraintes du quotidien : budgets, outils, habitudes, résistances, charge mentale des managers de proximité.
Le Strategy Gap, Un Concept Simple Et Impitoyable
Le Strategy Gap n’est pas un jargon décoratif. C’est une grille de lecture. Entre la décision et l’application, il existe une perte d’information, d’énergie et de cohérence. Plus l’entreprise est grande, plus cette perte s’accumule. Plus le marché accélère, plus cette perte se paie cher. Pour une startup en hypercroissance, le gap peut naître d’un fondateur qui décide trop vite sans outiller le middle management. Pour un groupe établi, il naît souvent d’une sédimentation de process.
AD VICTORIAM structure son intervention autour de trois temps. D’abord mesurer l’écart entre ce qui a été acté et ce qui est réellement appliqué. Ensuite identifier les causes, souvent multiples et rarement là où l’on croit. Enfin installer les conditions qui permettent de refermer cet écart. L’objectif n’est donc pas de reformuler la vision. C’est de la faire descendre sans la trahir.
- Mesurer l’écart entre décision et application réelle
- Diagnostiquer les causes organisationnelles, culturelles et opérationnelles
- Créer les conditions d’une exécution durable sur le terrain
Cette séquence a l’avantage d’être lisible pour un COMEX comme pour un directeur marketing. Elle évite le piège classique du conseil stratégique qui s’arrête au diagnostic brillant. Ici, la valeur se joue après la slide 40, quand il faut choisir ce que l’on arrête, ce que l’on finance vraiment, et comment on aligne les équipes commerciales, produit, communication et opérations.
Arnaud Deschamps, Un Profil De Dirigeant Plus Que De Consultant
Le choix du fondateur n’est pas anodin. Arnaud Deschamps a passé une grande partie de sa carrière chez Nestlé. Il a dirigé Nespresso de 2008 à 2020, une période assez longue pour voir une marque premium affronter la saturation, la concurrence, les attentes RSE et la relation client comme champ de bataille. Selon AUSTRALIEGAD, ce passage se serait notamment traduit par une transformation autour de la relation client et par un renforcement de la place de la responsabilité sociétale.
Ce type de parcours compte pour l’audience business. Un dirigeant qui a vécu la descente d’une décision du siège vers les boutiques, les centres d’appels, les usines et les partenaires retail sait que la stratégie n’existe que si elle survit au lundi matin. Il a aussi appris qu’un arbitrage non expliqué devient un bruit de couloir, puis une inertie.
Deschamps insiste sur un point rarement dit à voix haute : les dirigeants savent souvent ce qu’il faudrait couper ou accélérer. Le manque n’est pas l’idée. Le manque est le mode d’emploi qui rend l’idée acceptable, finançable et suivie. En communication digitale comme en retail, cette distinction change tout. On peut avoir le bon message de marque et rater l’activation magasin. On peut avoir la bonne offre d’abonnement et rater l’expérience après-vente.
Pourquoi AUSTRALIEGAD Élargit Son Collectif Maintenant
La création d’AD VICTORIAM s’inscrit dans une logique de collectif. AUSTRALIEGAD réunit déjà plusieurs expertises. Ajouter un cabinet dédié à l’exécution, c’est reconnaître que la communication ne suffit plus à porter une transformation si l’organisation ne suit pas. Le rapprochement repose aussi sur une relation ancienne entre Arnaud Deschamps et David Leclabart, président du groupe : dix-sept ans de collaboration.
Pour Deschamps, le modèle intégré compte. Différentes expertises peuvent travailler dans le même ensemble, de la formulation jusqu’à l’adhésion interne et au suivi des résultats. La communication n’est plus un vernis final. Elle devient un levier d’exécution : raconter le cap, créer de l’adhésion, rendre visibles les preuves, corriger le tir.
Les dirigeants n’ont pas besoin d’une stratégie de plus, mais d’une stratégie qui s’applique. La force d’Arnaud ne réside pas seulement dans les résultats exceptionnels qu’il a bâtis, mais dans sa capacité à aligner toute une organisation, du comité exécutif jusqu’au terrain.
– David Leclabart, président d’AUSTRALIEGAD
Le message est clair pour les annonceurs et les scale-up. Le marché du conseil est saturé de visions. Il est plus rare de trouver quelqu’un capable de refermer l’écart entre la vision et le quotidien. C’est cette « expertise singulière » que Leclabart met en avant. Dans un univers où les budgets marketing sont scrutés, prouver que la stratégie se traduit en actes devient un argument de survie.
Ce Que Cela Change Pour Les Marques Et Les Équipes Marketing
Les directions marketing sont souvent coincées au milieu. On leur demande d’incarner la vision, de produire des campagnes, de nourrir les réseaux, de défendre la marque employeur et de justifier le ROI. Si le Strategy Gap n’est pas traité, elles deviennent les interprètes d’une partition que le reste de l’orchestre ne joue pas. Une campagne promet une expérience fluide. Le SAV n’a pas les scripts. Le retail n’a pas le merchandising. Le commercial pousse une offre différente. Le client, lui, tranche.
AD VICTORIAM se positionne donc à l’intersection du conseil, du management et de la communication d’accompagnement. Pour une audience habituée aux stacks Martech, aux dashboards et aux sprints, l’idée n’est pas de revenir à l’âge du papier. C’est d’admettre que l’outil ne ferme pas l’écart à lui seul. Un CRM mal adopté reste un cimetière de données. Une plateforme de content ops sans gouvernance produit du bruit. Une IA générative sans cadre multiplie les versions hors marque.
- Aligner le récit de marque et les preuves opérationnelles
- Relier indicateurs COMEX et indicateurs de terrain
- Faire de la communication interne un levier d’exécution
- Arbitrer vraiment : arrêter autant qu’accélérer
Les entreprises tech et les acteurs de la cryptomonnaie connaissent une version extrême du même problème. La roadmap protocolaire ou produit avance. La communauté, le support et la conformité ne suivent pas au même rythme. Le gap devient alors un risque réputationnel. Dans le e-commerce, il se manifeste par un écart entre la promesse publicitaire et le délai réel, le stock, ou la qualité du colis. Partout, le mécanisme est identique.
Mesurer Avant De Prescrire : Une Discipline Rare
Beaucoup de missions de conseil commencent par une recommandation. AD VICTORIAM inverse le réflexe : d’abord mesurer. Qu’est-ce qui a été décidé ? Qu’est-ce qui est réellement fait ? Où la décision s’est-elle perdue ? Cette mesure n’est pas qu’un audit documentaire. Elle suppose d’écouter le terrain, de comparer les rituels, de regarder les files d’attente des projets, de lire les OKR oubliés, de voir quels comités décident vraiment.
Dans le marketing digital, cette mesure peut prendre des formes concrètes. Un plan d’acquisition validé mais sous-exécuté faute de créas. Une stratégie de contenu premium jamais relayée par les commerciaux. Une ambition RSE présente dans le rapport annuel et absente du brief agence. Une priorisation produit contredite par le calendrier influence. Chaque fois, le gap a une signature visible si l’on accepte de la chercher.
Identifier les causes vient ensuite. Parfois c’est un problème d’incentives. Parfois un problème de langage : le COMEX parle de parts de marché, le terrain parle de charge. Parfois un problème de rythme : la stratégie est annuelle, le marché est hebdomadaire. Parfois un problème de courage managérial : personne n’ose arrêter un projet zombie. Le cabinet affirme vouloir rendre ces causes actionnables, pas seulement descriptives.
Créer Les Conditions D’Une Exécution Qui Tient
Refermer le gap, ce n’est pas publier une nouvelle note de service. C’est installer des conditions. Des rituels plus courts. Des propriétaires nommés. Des preuves visibles. Un récit interne qui n’infantilise pas les équipes. Une communication qui accompagne le changement au lieu de le maquiller. C’est aussi accepter qu’une stratégie appliquée est souvent plus étroite qu’une stratégie rêvée. Mieux vaut trois priorités tenues que douze intentions concurrentes.
Le collectif AUSTRALIEGAD ajoute ici une couche utile. Si la communication peut travailler dès la formulation, elle peut aussi créer de l’adhésion et suivre les résultats. Trop d’organisations séparent encore « ceux qui pensent la stratégie », « ceux qui font les campagnes » et « ceux qui opèrent ». Cette séparation fabrique le gap. Un collectif intégré cherche à réduire les allers-retours et les traductions successives qui déforment le cap.
Pour les écoles, les agences et les marques qui lisent l’écosystème français de la com, le signal est intéressant. Le marché valorise encore beaucoup la grande idée. Or les directions générales, pressées par la performance, demandent de plus en plus la grande application. Les pitchs qui s’arrêtent à l’insight risquent de paraître incomplets. Ceux qui montrent comment l’idée survit au terrain auront un avantage.
Leçon Nespresso : La Relation Client Comme Champ D’Exécution
L’expérience Nespresso sert de toile de fond au discours du fondateur. Une marque premium ne se joue pas seulement dans le film ou le design de boutique. Elle se joue dans la constance du service, la clarté de l’offre, la gestion des tensions entre exclusivité et accessibilité, et la capacité à faire vivre une promesse sur des milliers de points de contact. Transformer une entreprise autour de la relation client, c’est précisément un exercice de Strategy Gap : aligner marketing, retail, digital, supply et culture interne.
Le renforcement de la RSE s’inscrit dans la même logique. Une politique responsable qui reste dans le rapport extra-financier n’existe pas pour le consommateur. Elle doit informer les achats, les packagings, les partenariats, le discours commercial et la formation des équipes. Sinon elle alimente le soupçon. L’exécution devient alors un sujet de confiance autant que d’efficacité.
On peut extraire de ce parcours une leçon transposable aux startups et aux scale-up. La relation client n’est pas un département. C’est le lieu où la stratégie devient vraie ou fausse. Un fondateur peut décréter « customer centric ». Si le support n’a pas d’autonomie, si le produit ignore les tickets, si le marketing promet une fonctionnalité absente, le décret reste un slide.
Un Marché Du Conseil Qui Doit Prouver L’Après-Slide
Le lancement arrive dans un climat où les entreprises interrogent le ROI du conseil. Après des années de transformations digitales, data, agile, purpose et IA, la fatigue est réelle. Chaque vague a produit ses frameworks. Beaucoup ont produit peu de changement durable. Un cabinet qui dit d’emblée « pas une stratégie de plus » parle à cette fatigue. Il promet un métier plus ingrat, plus proche du management de proximité, moins spectaculaire en conférence.
Cela ne signifie pas que la vision devient secondaire. Une mauvaise stratégie bien exécutée reste une mauvaise stratégie. Mais une bonne stratégie mal exécutée est, pour le client et pour les équipes, équivalente à une absence de cap. Le marché récompense désormais ceux qui tiennent les deux bouts. Les agences intégrées l’avaient compris sur le terrain créatif et média. AD VICTORIAM tente de l’étendre à l’architecture organisationnelle de la décision.
Comme l’a relayé J’ai un pote dans la com, le groupe ajoute ainsi une brique consacrée à la traduction opérationnelle des décisions. L’ambition affichée est simple à formuler et difficile à tenir : réduire l’écart entre la vision des dirigeants et sa mise en œuvre dans l’entreprise.
Ce Que Les COMEX Peuvent Retenir Dès Cette Semaine
Inutile d’attendre un cabinet pour commencer à regarder son propre gap. Quelques questions suffisent à ouvrir le diagnostic. Quelle décision stratégique des six derniers mois a réellement changé le calendrier des équipes ? Quel projet zombie consomme encore du budget ? Quel indicateur de terrain contredit le narratif officiel ? Quelle promesse de marque le SAV ne peut pas honorer ? Quel manager de proximité pourrait expliquer la stratégie en moins de deux minutes sans slide ?
- Lister les priorités réellement financées, pas seulement annoncées
- Comparer le discours COMEX et le discours middle management
- Relier chaque campagne à une preuve opérationnelle
- Nommer un propriétaire unique par arbitrage majeur
- Arrêter explicitement ce qui n’est plus stratégique
Ces gestes paraissent basiques. Ils sont souvent absents. Les organisations aiment ajouter. Elles détestent retrancher. Or l’exécution commence par le retranchement. Un dirigeant qui sait ce qu’il faut arrêter mais ne le rend pas tenable laisse le système continuer par inertie. C’est exactement le vide que Deschamps décrit.
Communication, Adhésion, Preuve : Le Trio Qui Ferme L’Écart
La communication interne a longtemps été traitée comme un accessoire RH. Dans une logique d’exécution, elle redevient stratégique. Elle traduit le cap, donne du sens aux arbitrages douloureux, montre les preuves, et évite que le vide soit rempli par les rumeurs. La communication externe, elle, doit cesser de précéder trop longtemps la réalité opérationnelle. Une campagne qui survend une transformation inachevée creuse le gap au lieu de le réduire.
L’adhésion n’est pas un sondage de climat. C’est la capacité des équipes à défendre la même priorité quand personne ne les regarde. Elle se construit par la clarté, la constance et la crédibilité des leaders. Le suivi des résultats, enfin, doit relier les KPI de direction et les frictions du quotidien. Un tableau vert peut masquer un terrain rouge. Un bon dispositif d’exécution rend cette contradiction visible assez tôt pour corriger.
Pour les professionnels du digital, cela recoupe des pratiques déjà connues : tests, itérations, product discovery, community management de crise. La nouveauté n’est pas méthodologique. Elle est politique. Qui a le droit d’arrêter ? Qui protège le focus ? Qui relie la marque, le produit et le terrain ? Sans réponse, les outils ne font que documenter le désalignement.
Startups, Groupes, Agences : Trois Lectures Du Même Problème
Une startup pré-série A souffre souvent d’un gap inverse : trop peu de formalisation. Tout est dans la tête du fondateur. L’exécution dépend de sa présence. Quand l’équipe grandit, la stratégie se perd. Une scale-up souffre du contraire : trop de process importés trop tôt, qui ralentissent sans clarifier. Un grand groupe souffre de la sédimentation. Trois diagnostics, un même besoin : faire arriver la décision intacte.
Les agences, elles, sont à la fois victimes et actrices du phénomène. Victimes, parce qu’elles reçoivent des briefs instables, fruits d’arbitrages non tranchés. Actrices, parce que leurs recommandations peuvent rester cosmétique si elles n’aident pas le client à opérer. Le modèle de collectif défendu par AUSTRALIEGAD cherche à réduire cette distance. Reste à prouver, dans la durée, que l’intégration produit réellement plus d’application et pas seulement plus de coordination interne.
Les écoles et les jeunes talents devraient aussi regarder ce lancement. On forme encore beaucoup à la conception de stratégies élégantes. On forme moins à l’art ingrat de les faire vivre. Or les recrutements de demain valoriseront ceux qui savent relier insight, budget, process et preuve. Le Strategy Gap est aussi un gap de compétences.
IA, Vitesse Et Nouveau Risque De Dilution
L’accélération technologique ajoute une couche. L’IA permet de produire plus de plans, plus de variantes, plus de roadmaps. Elle n’empêche pas le gap. Elle peut même l’élargir si chaque département génère sa propre version de la stratégie. Sans gouvernance, la vitesse de production dépasse la vitesse d’alignement. On se retrouve avec dix récits cohérents séparément et incompatibles ensemble.
C’est pourquoi un cabinet d’exécution arrive à un moment intéressant. Les entreprises n’ont pas seulement besoin de davantage d’idées générées. Elles ont besoin de filtres, d’arbitrages tenables et de boucles de suivi. L’IA peut aider à mesurer certains écarts, à synthétiser la voix du terrain, à détecter les contradictions dans les documents internes. Elle ne remplace pas le courage de couper.
Pour les équipes marketing qui expérimentent déjà des assistants de brief, de reporting ou de social listening, le bon réflexe consiste à relier ces outils à une seule source de priorités. Sinon chaque gain de productivité devient un gain de dispersion. Le Strategy Gap à l’ère de l’IA n’est plus seulement humain. Il devient algorithmique.
Ce Que Le Nom AD VICTORIAM Dit Du Positionnement
Le nom n’est pas neutre. Ad victoriam, vers la victoire. Il assume un registre martial, presque antique, à rebours des intitulés doux du conseil contemporain. Le sous-texte est net : la stratégie n’est pas un exercice esthétique. C’est une campagne qui se gagne ou se perd sur le terrain. Ce ton parlera à certains dirigeants. Il en irritera d’autres. Dans tous les cas, il clarifie la promesse : on ne vient pas seulement penser, on vient faire aboutir.
Le rattachement à AUSTRALIEGAD ancre cette promesse dans un écosystème déjà connu des annonceurs français. Le collectif gagne une brique de leadership opérationnel. Deschamps gagne une infrastructure de communication et d’expertises connexes. La relation de dix-sept ans avec David Leclabart réduit le risque d’un mariage de convenance. Reste le test habituel de tout lancement : les premiers dossiers, les premiers écarts refermés, les premiers résultats racontables sans langue de bois.
Une Lecture Utile Au-Delà Du Communiqué
On peut lire cette annonce comme une simple extension d’offre. On peut aussi y voir un symptôme plus large du marché. Après l’inflation des visions, place à la rareté de l’application. Les entreprises qui gagneront les prochaines années ne seront pas forcément celles qui auront le récit le plus séduisant. Ce seront celles qui auront le moins de perte entre la décision et le geste.
Pour les lecteurs de J’ai un pote dans la com comme pour tout décideur marketing, le test est concret. La prochaine fois qu’une stratégie sera applaudie en comité, il faudra demander : que verra un conseiller de vente, un community manager ou un opérateur dans quinze jours ? Si la réponse est floue, le Strategy Gap est déjà là. AD VICTORIAM parie qu’il existe un métier à part entière pour le réduire. Le marché, lui, jugera à l’usage.
En attendant, le lancement a le mérite de remettre au centre une vérité peu glamour et très opérationnelle. Décider est une performance. Faire arriver la décision intacte jusqu’au terrain en est une autre, souvent plus rare, toujours plus décisive. C’est là que les marques cessent de promettre et commencent à tenir. C’est aussi là que le business, le marketing et la communication cessent d’être des silos pour redevenir une seule chaîne d’exécution.
Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les derniers articles directement dans votre boîte mail.



Commentaires