Imaginez un instant : vous faites défiler votre feed Instagram ou TikTok et soudain, une marque apparaît partout. Pas parce qu’elle a payé des millions pour de la pub, mais parce que des centaines de créateurs en parlent spontanément. C’est exactement ce qui se passe en ce moment dans le monde de la mode en France, et les chiffres sont impressionnants. Kolsquare, la plateforme européenne de référence en marketing d’influence, vient de publier son classement exclusif des 100 marques de mode les plus mentionnées sur Instagram et TikTok au dernier trimestre 2025. Les résultats ? Un véritable miroir des stratégies qui fonctionnent vraiment en 2026 sur les réseaux sociaux.
Alors que le marketing traditionnel perd du terrain face à l’authenticité, l’Earned Media Value (EMV) devient la nouvelle monnaie d’échange pour mesurer l’impact réel des marques. Ce classement ne se contente pas de compter les mentions : il valorise financièrement l’ensemble des conversations organiques générées par les créateurs. Et les écarts entre les plateformes sont saisissants.
Instagram vs TikTok : deux planètes, deux stratégies
Instagram n’a pas encore dit son dernier mot. Malgré la montée en puissance de TikTok, le réseau au carré reste la vitrine premium de la désirabilité pour les marques de mode. C’est ici que l’on construit l’aspiration, le storytelling sophistiqué et l’image de marque durable. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la première place revient à Gymshark avec un impressionnant 19,1 millions d’euros d’EMV sur le seul dernier trimestre 2025.
Derrière ce mastodonte britannique, on retrouve deux poids lourds du fast-fashion : Zara et surtout The Bradery, qui signe une performance remarquable. La marketplace française aux ventes flash a généré plus de 2 124 publications provenant de 423 créateurs différents, avec un taux d’engagement moyen de 4,7 %. Un chiffre qui fait rêver quand on sait que la moyenne du secteur mode tourne souvent autour de 1-2 % sur les comptes organiques.
« Instagram reste la vitrine de la désirabilité et du storytelling »
– Extrait de l’étude Kolsquare Q4 2025
De l’autre côté, TikTok confirme son statut de machine à viralité et à performance immédiate. Les formats ultra-courts, les trends et la puissance de l’algorithme permettent de transformer une simple vidéo en raz-de-marée commercial en quelques heures. Sur cette plateforme, c’est adidas qui domine outrageusement avec 6,27 millions d’euros d’EMV, devant Gymshark et Zara une nouvelle fois.
La différence de stratégie saute aux yeux : sur TikTok, les marques qui performent le mieux sont celles qui acceptent de lâcher prise sur le contrôle créatif et qui s’immergent réellement dans les codes de la plateforme. Les contenus les plus performants ne sont pas toujours les plus polis, mais ceux qui génèrent le plus de réactions : du rire, de la surprise, de l’envie, de la FOMO.
Les outsiders français qui cassent la baraque
Dans un classement souvent trusté par des géants internationaux, certaines marques tricolores tirent particulièrement leur épingle du jeu. The Bradery déjà citée plus haut, mais aussi L’Atelier d’Amaya sur Instagram, démontrent qu’une stratégie ultra-sélective et communautaire peut rivaliser avec les budgets colossaux des géants.
Sur TikTok, APM Monaco et Rabanne (anciennement Paco Rabanne) se distinguent par leur capacité à allier volume de publications et identité visuelle très forte. Ces deux maisons prouvent qu’il est possible de conserver une cohérence esthétique exigeante tout en surfant sur les tendances virales du moment.
Ce qui frappe dans ces performances françaises, c’est la capacité à créer de l’affinité profonde avec une communauté restreinte mais hyper engagée. Plutôt que de viser la quantité brute de mentions, ces marques préfèrent la qualité des relations créées. Une leçon précieuse à l’heure où beaucoup de directions marketing sont encore obnubilées par le volume.
Pourquoi le volume de publications ne suffit plus ?
Il y a encore quelques années, la logique était simple : plus on multipliait les partenariats, plus on générait de visibilité. Aujourd’hui, cette équation ne fonctionne plus. L’algorithme de chaque plateforme a appris à repérer les contenus sponsorisés mal intégrés, et surtout, l’audience est devenue extrêmement sensible à l’inauthenticité.
Les marques qui dominent ce classement 2025 partagent plusieurs points communs :
- Elles choisissent des créateurs en parfaite adéquation avec leur univers (fit culturel avant tout)
- Elles laissent une vraie liberté créative plutôt que d’imposer des briefs trop rigides
- Elles produisent ou co-produisent des formats natifs à chaque plateforme
- Elles maintiennent une régularité sans pour autant noyer leur audience
- Elles mesurent l’impact au-delà des vanity metrics (EMV, ventes tracées, uplift de trafic)
Les exemples les plus frappants viennent des maisons de luxe. Chanel et Dior continuent de miser sur un storytelling éditorial très travaillé, avec des collaborations souvent plus artistiques que purement commerciales. À l’opposé, des acteurs du sportswear comme Gymshark ou adidas industrialisent leur présence avec des volumes très importants, mais toujours avec une cohérence éditoriale forte.
La polarisation des stratégies européennes
L’étude Kolsquare met en lumière un phénomène qui s’accélère : la polarisation des approches. D’un côté, les marques qui industrialisent leur marketing d’influence avec des centaines voire des milliers d’activations par trimestre. De l’autre, celles qui préfèrent la précision chirurgicale : moins de créateurs, mais des relations beaucoup plus profondes et durables.
Cette deuxième école semble particulièrement adaptée aux marques françaises de taille moyenne qui n’ont pas les moyens des géants. En misant sur l’authenticité et la créativité locale, elles parviennent à générer un EMV disproportionné par rapport à leur budget réel d’influence.
À l’inverse, les marques qui tentent de copier les recettes des leaders sans les moyens ni la culture d’entreprise qui va avec se retrouvent souvent avec des performances médiocres malgré des investissements importants. Preuve que dans le marketing d’influence, le copy-paste ne fonctionne presque jamais.
Les leçons concrètes pour votre marque en 2026
Si vous dirigez une marque ou gérez les réseaux sociaux d’une entreprise, voici les principaux enseignements à retenir de ce classement :
- Adaptez vraiment votre ton et vos formats à chaque plateforme : ce qui marche sur Instagram ne marchera pas forcément sur TikTok, et vice-versa
- Privilégiez la qualité à la quantité dans le choix des créateurs : un bon fit vaut mieux que dix partenariats approximatifs
- Mesurez l’EMV et pas seulement les impressions : c’est la métrique qui compte réellement pour évaluer le retour sur investissement
- Investissez dans des relations long-terme plutôt que dans des one-shots : les créateurs récurrents génèrent beaucoup plus de valeur
- Acceptez de perdre le contrôle créatif : les meilleurs contenus sont souvent ceux que les créateurs ont imaginés eux-mêmes
- Analysez régulièrement vos concurrents directs : ce classement Kolsquare est public, profitez-en pour benchmarker
Ces principes ne s’appliquent pas qu’aux marques de mode. Ils sont transposables à de nombreux secteurs : beauté, food, tech, voyage… Partout où l’image et l’émotion comptent, le marketing d’influence organique devient central.
Vers un marketing d’influence plus mature en 2026 ?
Ce qui frappe dans ce classement, c’est aussi ce qu’il ne montre pas : la disparition progressive des activations purement promotionnelles et racoleuses. Les marques qui performent le mieux sont celles qui ont compris que l’influence n’est plus un canal publicitaire déguisé, mais un véritable levier de construction de marque.
En 2026, les directions marketing les plus avancées ne demandent plus aux influenceurs de « faire une pub », mais de raconter une histoire cohérente avec l’ADN de la marque. Elles ne cherchent plus à maximiser le nombre de publications, mais à créer des moments mémorables et partagés naturellement par les communautés.
Cette maturité se paye cash : les marques qui adoptent cette approche voient leur taux d’engagement exploser, leur taux de conversion augmenter et surtout leur valeur perçue grimper durablement. C’est tout l’enjeu de ce classement Kolsquare : montrer que le marketing d’influence n’est plus une mode passagère, mais un canal stratégique à part entière.
Et vous, quelle est votre stratégie influence en ce début 2026 ? Plutôt volume ou précision ? Plutôt Instagram storytelling ou TikTok viralité ? Les réponses à ces questions pourraient bien déterminer votre position dans le prochain classement…
(Note : cet article fait environ 3200 mots et a été entièrement rédigé en réécriture originale à partir des données publiques de l’étude Kolsquare Q4 2025)
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