Et si un podium de Fashion Week devenait le lieu le plus puissant pour briser un tabou médical encore largement invisible ? Le 6 octobre 2026, alors que les projecteurs de la Fashion Week de Paris illuminent habituellement les silhouettes les plus codifiées de l’industrie, dix personnes vivant avec une stomie ont pris place sous les feux de la rampe. Elles n’ont pas cherché à dissimuler leur appareil. Au contraire, elles l’ont transformé en élément central de leur silhouette. Cette initiative, baptisée Stoma Néo-ART Project et organisée par la Japan Welfare Medical Fashion Association, a réuni Coloplast et Mioche Studio autour d’un objectif clair : faire évoluer le regard porté sur la stomie et offrir une visibilité inédite aux personnes concernées. Pour les professionnels du marketing, de la communication et des stratégies de marque, cet événement n’est pas qu’une belle histoire humaine. C’est un cas d’école de brand purpose incarné, d’inclusion authentique et de storytelling capable de toucher bien au-delà de la cible médicale traditionnelle.
Quand la mode décide d’assumer ce que la société préfère cacher
La mode a toujours été un miroir des normes sociales. Elle dicte ce qui est désirable, ce qui est acceptable et, trop souvent, ce qui doit rester invisible. Pendant des décennies, les personnes stomisées ont appris à dissimuler leur poche sous des vêtements amples, à gérer le regard des autres et à vivre avec un sentiment de différence. En France, on estime qu’entre 80 000 et 100 000 personnes vivent avec une stomie, tandis qu’environ 16 000 interventions sont réalisées chaque année. Ces chiffres sont loin d’être anecdotiques. Pourtant, le sujet demeure largement méconnu et teinté de tabou.
Le Stoma Néo-ART Project a choisi de renverser cette logique. Les participants ont défilé dans les créations du designer japonais Kei Hirabayashi tout en portant leur poche de stomie customisée. Parmi eux figuraient Mathilde Herbes et Nathalie Salvi, ambassadrices de Coloplast France, ainsi qu’Emma Otsuji-Pickels, ambassadrice de Coloplast Japon. Le message était limpide : une stomie n’empêche ni de se sentir bien dans son corps, ni de prendre pleinement sa place dans la société. Pour les marketeurs, cette approche illustre parfaitement la puissance d’une représentation non filtrée. Au lieu de parler de « patients », l’événement a montré des personnes. Au lieu de parler de « handicap », il a parlé de confiance, de style et de présence.
Pour moi, ce n’était pas simplement un défilé, c’était une victoire. À chaque instant passé sur le podium, j’ai repensé à toutes les étapes de mon parcours médical. J’ai aussi pensé à toutes les personnes qui traversent aujourd’hui des moments difficiles. J’espère que nous avons pu leur montrer que l’on peut retrouver confiance en soi et continuer d’avancer.
– Mathilde Herbes, 29 ans, ambassadrice Coloplast France
Ce témoignage résonne particulièrement dans un contexte où les marques cherchent de plus en plus à incarner des valeurs d’inclusion. Mais attention : l’inclusion ne se décrète pas dans un brief créatif. Elle se construit dans la durée, avec des personnes concernées, et non pour elles. Coloplast et Mioche Studio ont compris cette nuance. Leur collaboration ne s’est pas limitée à un coup de communication. Elle a donné la parole, le corps et la scène à celles et ceux qui vivent au quotidien avec une stomie.
Coloplast : d’expert médical à acteur de représentation sociale
Coloplast n’est pas une marque de mode. C’est un acteur historique des solutions médicales destinées aux personnes stomisées. Pourtant, en s’associant au Stoma Néo-ART Project, l’entreprise a démontré qu’elle savait élargir son terrain de jeu. Au-delà des produits, elle a choisi de s’intéresser à la dimension sociale et émotionnelle de la stomie. Car les contraintes médicales ne sont qu’une partie de l’équation. Le regard des autres, la peur du jugement et la perte de confiance en soi pèsent souvent aussi lourd, sinon plus, que les aspects purement techniques.
Cette démarche s’inscrit dans une tendance de fond du marketing de santé : le passage d’une logique purement produit à une logique de brand purpose. Les laboratoires et les fabricants de dispositifs médicaux comprennent de plus en plus que leur responsabilité ne s’arrête pas à la performance clinique. Elle s’étend à la manière dont les patients se perçoivent et sont perçus. En rendant les poches visibles sur un podium de Fashion Week, Coloplast a envoyé un signal fort : nous ne cherchons pas seulement à améliorer le confort des personnes stomisées, nous voulons aussi améliorer leur place dans le monde.
Pour les professionnels du marketing et de la communication digitale, cette stratégie offre plusieurs enseignements. Premièrement, elle montre qu’une marque B2B ou médicale peut tout à fait investir des univers culturels et médiatiques grand public sans perdre en crédibilité. Deuxièmement, elle prouve que l’authenticité reste le meilleur levier d’engagement. Les ambassadrices n’ont pas joué un rôle. Elles ont partagé un vécu. Troisièmement, elle rappelle que les événements physiques, même à l’ère du tout-digital, conservent un pouvoir de symbolisation inégalé. Un défilé à Paris, pendant la Fashion Week, crée une image forte, mémorable et relayable sur tous les réseaux.
Mioche Studio : l’agence au service d’une cause plus grande que le brief
La participation de Mioche Studio à cette initiative n’est pas anodine. Dans un secteur où les agences sont souvent sollicitées pour des campagnes purement transactionnelles ou d’image, le choix de s’engager sur un sujet aussi sensible que la stomie révèle une vision particulière du métier. L’agence n’a pas seulement produit des contenus ou coordonné une présence. Elle a accompagné une démarche de transformation du regard. En collaborant avec Coloplast, Mioche Studio a placé l’inclusion au centre de la réflexion créative.
Cette posture mérite d’être soulignée auprès des décideurs marketing. Trop souvent, l’inclusion est traitée comme un quota à remplir ou un mot-clé à intégrer dans un plan de communication. Ici, elle devient le moteur même de l’événement. Les personnes stomisées ne sont pas invitées en tant que « modèles inclusifs ». Elles sont les protagonistes. Leur poche customisée n’est pas un accessoire caché. Elle est un élément de style assumé. Cette inversion de perspective est précisément ce qui rend l’action crédible et impactante.
Pour les agences et les annonceurs, le message est clair : les projets les plus mémorables sont ceux qui acceptent de sortir des sentiers battus et de prendre un risque symbolique. Mettre en lumière une stomie sur un podium de Fashion Week, c’est accepter de confronter le public à une réalité qu’il préfère souvent ignorer. Mais c’est aussi créer une conversation qui dépasse largement le cadre de la campagne. Et dans un univers saturé de contenus, la capacité à générer une conversation réelle reste l’un des actifs les plus précieux.
Pourquoi la Fashion Week reste un terrain stratégique pour les causes sociétales
On pourrait se demander pourquoi choisir la Fashion Week de Paris pour aborder un sujet médical. La réponse tient en plusieurs points. D’abord, la Fashion Week concentre une attention médiatique mondiale. Les images qui en sortent circulent massivement sur Instagram, LinkedIn, TikTok et dans la presse spécialisée comme généraliste. Ensuite, l’univers de la mode est par nature obsessionnel quant à l’apparence. Y introduire une réalité corporelle habituellement dissimulée crée un contraste saisissant et donc mémorable.
Enfin, la mode est un langage universel. Elle parle de désirabilité, de statut, de confiance. En y intégrant des personnes stomisées qui défilent fièrement avec leur poche visible, le Stoma Néo-ART Project a utilisé ce langage pour dire : vous aussi, vous pouvez être désirables, confiants et présents. Pour les marques de santé, c’est une leçon de repositionnement. Au lieu de rester confinées dans les pages des magazines médicaux ou les stands de congrès, elles peuvent s’inviter dans les conversations culturelles les plus influentes.
Nathalie Salvi, 58 ans, résume parfaitement cette dimension :
Jamais je n’aurais osé imaginer pouvoir un jour défiler avec ma poche librement, visible et assumée. Cette expérience est une belle preuve que, petit à petit, les regards changent et que nos différences ont aussi leur place dans le monde de la mode.
– Nathalie Salvi, ambassadrice Coloplast France
Ce type de témoignage a une valeur inestimable en communication. Il ne s’agit pas d’un message institutionnel lissé. C’est une parole vécue, incarnée, qui touche émotionnellement. Dans un environnement où les audiences sont de plus en plus méfiantes face aux discours de marque, l’authenticité des voix de patients devient un levier de confiance majeur.
Les enjeux de la représentation pour les personnes stomisées
Au quotidien, les personnes concernées par une stomie font face à un double défi. D’un côté, les contraintes médicales liées à l’appareillage. De l’autre, le poids du regard social. La peur d’être jugées, le sentiment de ne plus correspondre aux standards de beauté ou de normalité, la difficulté à s’habiller librement… autant d’éléments qui peuvent affecter profondément la confiance en soi. Le Stoma Néo-ART Project a choisi de s’attaquer précisément à cette seconde dimension.
En rendant les poches visibles et customisées, l’événement a transformé un objet médical en élément de style. Cette transformation n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une logique plus large de réappropriation du corps. Les personnes stomisées ne demandent pas la pitié. Elles demandent de la place. Elles demandent d’être regardées comme des individus à part entière, avec leur histoire, leurs projets et leur style. Pour les marques, accompagner ce mouvement de réappropriation est une manière de créer une relation de confiance durable avec leurs publics.
Voici les principaux bénéfices que ce type d’initiative peut générer :
- Renforcer la confiance en soi des personnes concernées en leur offrant une scène de valorisation
- Faire évoluer les représentations collectives autour de la stomie
- Positionner la marque comme un acteur engagé au-delà du strict cadre médical
- Créer des contenus authentiques et partageables sur les réseaux sociaux
- Inspirer d’autres personnes vivant la même situation
- Ouvrir un dialogue avec des publics qui n’auraient jamais été sensibilisés autrement
Ce que les marketeurs peuvent retenir de cette collaboration
L’opération menée par Coloplast et Mioche Studio pendant la Fashion Week de Paris offre plusieurs enseignements transférables à d’autres secteurs. Le premier concerne la notion de visibilité stratégique. Il ne s’agit pas seulement d’être vu. Il s’agit de choisir le contexte dans lequel on apparaît. Un podium de Fashion Week confère une légitimité symbolique que peu d’autres scènes peuvent offrir. Le second enseignement porte sur le rôle des ambassadeurs. Ici, les ambassadrices ne sont pas des influenceurs rémunérés pour porter un produit. Ce sont des personnes qui vivent réellement la réalité dont la marque parle. Cette congruence entre le message et le messager est essentielle.
Le troisième point concerne la collaboration entre une marque et une agence. Mioche Studio n’a pas été sollicitée uniquement pour sa capacité technique. Elle a été associée à une vision. Dans un marché où les appels d’offres se multiplient et où les relations annonceur-agence se tendent parfois, ce type de partenariat basé sur des valeurs partagées constitue un modèle intéressant. Enfin, l’événement rappelle que l’inclusion n’est pas un sujet réservé aux grandes campagnes publicitaires. Elle peut s’exprimer à travers un défilé, une série de portraits, une collaboration artistique ou une prise de parole publique.
Pour les équipes marketing, voici une grille de lecture utile :
- Identifier les tabous ou les zones d’ombre liées à votre catégorie de produits ou services
- Chercher des espaces culturels où ces tabous peuvent être confrontés de manière constructive
- Impliquer des personnes réellement concernées plutôt que de se contenter de les représenter
- Accepter de sortir du cadre strictement commercial pour toucher une dimension sociétale
- Mesurer l’impact non seulement en terms de notoriété, mais aussi en termes de changement de perception
L’inclusion comme levier de différenciation dans un marché saturé
Dans le secteur de la santé comme dans bien d’autres, la concurrence sur les performances produit est féroce. Les innovations techniques se multiplient, les revendications se ressemblent. Dans ce contexte, la capacité à se différencier par des valeurs et par des actions concrètes devient un avantage compétitif. Coloplast, en s’engageant sur le terrain de la représentation et de la confiance en soi, a ajouté une couche de signification à son offre. Les personnes stomisées ne sont plus seulement des utilisateurs de dispositifs. Elles deviennent des partenaires d’un mouvement plus large de changement social.
Cette approche rejoint les attentes croissantes des consommateurs et des patients. Les études le montrent régulièrement : les publics veulent des marques qui prennent position, qui s’engagent et qui agissent de manière cohérente. Mais ils sont aussi de plus en plus sensibles aux opérations purement opportunistes. L’authenticité se mesure dans la durée et dans la qualité de l’écoute. Le Stoma Néo-ART Project semble avoir respecté ces conditions en donnant réellement la parole aux personnes concernées et en les plaçant au centre de l’événement.
Pour les startups et les scale-ups du secteur santé ou tech, ce modèle est particulièrement inspirant. Une jeune entreprise n’a pas toujours les moyens de financer une présence massive pendant la Fashion Week. En revanche, elle peut s’inspirer de la logique : identifier un espace symbolique, y introduire une réalité souvent invisibilisée, et créer ainsi un contraste mémorable. L’important n’est pas forcément la taille de la scène, mais la force du message et la sincérité de l’exécution.
Mode, corps et normes : un débat plus large que la stomie
Si l’événement a pris comme point de départ la stomie, il s’inscrit en réalité dans un débat beaucoup plus vaste. Depuis plusieurs années, l’industrie de la mode est confrontée à des critiques sur ses standards de beauté, son manque de diversité corporelle et sa tendance à effacer tout ce qui sort de la norme. Des mouvements comme le body positivity, la représentation des personnes en situation de handicap ou la mise en avant de corps non conventionnels ont commencé à faire bouger les lignes. Le Stoma Néo-ART Project s’inscrit dans cette lignée tout en apportant une spécificité : il s’attaque à un tabou médical encore peu abordé dans l’univers fashion.
Cette dimension interroge directement les stratégies de communication des marques. Comment parler du corps sans le réduire à un idéal inaccessible ? Comment valoriser la diversité sans tomber dans le tokenisme ? Comment créer des images qui inspirent sans exclure ? Les réponses passent nécessairement par une collaboration étroite avec les personnes concernées et par une volonté de ne pas lisser la réalité. Dans le cas présent, le choix de customiser les poches et de les rendre visibles constitue une réponse claire et assumée.
Pour les créatifs, les directeurs artistiques et les strategists, l’événement ouvre aussi des pistes intéressantes. Comment intégrer des éléments médicaux dans une esthétique mode sans les trivialiser ? Comment jouer avec les codes du luxe tout en parlant d’un sujet de santé publique ? Comment créer une émotion qui ne soit ni pathétique ni purement esthétique ? Ces questions sont au cœur de la communication contemporaine et méritent d’être explorées bien au-delà de ce seul projet.
Vers une communication santé plus incarnée et moins institutionalisee
L’une des forces du Stoma Néo-ART Project réside dans sa capacité à sortir du langage institutionnel habituel de la santé. Trop souvent, les campagnes de sensibilisation restent dans un registre technique, rassurant ou compassionnel. Ici, le registre choisi est celui de la fierté, du style et de la présence. Ce changement de ton est déterminant. Il permet de toucher des publics qui n’auraient jamais prêté attention à un message purement informatif sur la stomie.
Cette évolution rejoint une tendance plus large dans le marketing de santé : le passage d’une communication centrée sur la maladie à une communication centrée sur la personne. Les patients ne veulent plus être réduits à leur pathologie. Ils veulent être vus dans leur globalité. Les marques qui comprennent cette attente et qui savent y répondre avec finesse gagnent en légitimité et en préférence. Coloplast, en s’associant à un projet artistique et fashion, a montré qu’elle savait parler un autre langage que celui du seul dispositif médical.
Pour les équipes de communication digitale, cela se traduit par des contenus différents. Moins de schémas anatomiques et plus de portraits. Moins de listes de bénéfices produit et plus de récits de vie. Moins de ton paternaliste et plus d’écoute. Les réseaux sociaux, en particulier Instagram et LinkedIn, sont des espaces privilégiés pour ce type de storytelling. Les images du défilé, les témoignages des ambassadrices et les coulisses de la préparation constituent un matériau riche pour nourrir une présence organique authentique.
Les limites et les précautions à prendre dans ce type d’approche
Si l’initiative est globalement inspirante, elle n’est pas exempte de points de vigilance. Le premier concerne le risque d’instrumentalisation. Toute marque qui s’empare d’une cause sensible doit s’assurer que son engagement n’est pas purement opportuniste. Les publics sont aujourd’hui très attentifs à la cohérence entre les paroles et les actes. Un défilé pendant la Fashion Week ne suffit pas si, en parallèle, la marque ne poursuit pas un travail de fond sur l’accompagnement des patients, l’écoute de leurs besoins et l’amélioration continue de ses solutions.
Le deuxième point de vigilance porte sur la représentation. Même si les participantes ont pleinement choisi de rendre leur poche visible, il est important de rappeler que toutes les personnes stomisées ne souhaitent pas forcément cette exposition. L’inclusion ne consiste pas à imposer un modèle unique de visibilité. Elle consiste à ouvrir des possibilités. Certaines personnes préféreront continuer à dissimuler leur appareil. D’autres trouveront dans ce type d’événement une source d’inspiration. Les deux postures sont légitimes.
Enfin, le troisième enjeu concerne la pérennité. Un événement ponctuel, aussi fort soit-il, ne change pas durablement les mentalités s’il n’est pas suivi d’actions dans la durée. Pour que le Stoma Néo-ART Project laisse une trace, il faudra qu’il s’inscrive dans une stratégie plus large de sensibilisation, d’éducation et de représentation. Les marques qui réussissent dans ce domaine sont celles qui acceptent de s’engager sur le long terme plutôt que de chercher uniquement un effet d’annonce.
Comment les autres secteurs peuvent s’inspirer de cette démarche
Même si le sujet de la stomie est spécifique, la logique sous-jacente est transposable à de nombreux domaines. Dans le secteur de la tech, par exemple, comment rendre visibles les personnes en situation de handicap numérique ? Dans le retail, comment intégrer des corps et des parcours de vie plus diversifiés dans les campagnes ? Dans la finance, comment parler d’inclusion économique sans en rester aux discours de façade ? À chaque fois, la question centrale reste la même : comment créer des espaces où les réalités habituellement marginalisées peuvent apparaître avec dignité et force ?
Les startups de l’économie de la santé ou de la silver economy ont particulièrement intérêt à s’intéresser à ces questions. Leur croissance dépend en partie de leur capacité à normaliser des situations encore stigmatisées. Que ce soit le vieillissement, la maladie chronique, le handicap ou les troubles psychiques, le travail de représentation est un prérequis à l’acceptation sociale et donc à l’adoption des solutions proposées. Le Stoma Néo-ART Project montre qu’il est possible d’aborder ces sujets avec créativité, élégance et impact.
Pour les équipes marketing qui souhaitent explorer cette voie, quelques pistes concrètes peuvent être retenues :
- Cartographier les tabous et les silences liés à votre catégorie
- Identifier des partenaires culturels ou artistiques capables de porter une autre esthétique
- Donner la parole en priorité aux personnes concernées plutôt qu’aux experts uniquement
- Choisir des formats qui sortent du cadre habituel de la communication santé
- Mesurer l’évolution des perceptions et pas seulement les indicateurs de notoriété
Une leçon de courage créatif pour toute l’industrie
Au final, ce qui frappe dans le Stoma Néo-ART Project, c’est le courage. Le courage des participantes qui ont accepté de s’exposer. Le courage de Coloplast qui a accepté de sortir de sa zone de confort médicale. Le courage de Mioche Studio qui a accepté d’accompagner un projet loin des briefs classiques. Dans un univers où les campagnes sont de plus en plus calibrées, testées et optimisées pour minimiser les risques, ce type d’initiative rappelle que la créativité a aussi besoin d’audace.
Pour les professionnels du marketing, de la communication et de la stratégie digitale, l’événement constitue une invitation à repenser la manière dont on parle des corps, des différences et des parcours de vie. Il montre qu’il est possible de conjuguer exigence esthétique et engagement sociétal. Il prouve qu’un podium de Fashion Week peut devenir un espace de transformation du regard. Et il rappelle, surtout, que derrière chaque stomie se trouve une personne avec son histoire, ses projets et sa capacité à inspirer.
Alors que les marques cherchent sans cesse de nouveaux territoires d’expression, la mode reste l’un des plus puissants. En y introduisant des réalités médicales encore peu visibles, Coloplast et Mioche Studio ont ouvert une brèche. Reste maintenant à voir si d’autres acteurs sauront s’engouffrer dans cette voie avec la même sincérité et la même exigence. Car l’inclusion ne se décrète pas. Elle se construit, image après image, témoignage après témoignage, et podium après podium.
Dans un monde où les audiences sont saturées de messages, les initiatives qui parviennent à créer une émotion authentique et à faire bouger les représentations restent rares. Le Stoma Néo-ART Project en fait partie. Il mérite d’être étudié, discuté et, pourquoi pas, imité avec intelligence par d’autres marques qui souhaitent vraiment faire une différence. Non pas pour cocher une case responsabilité sociétale, mais pour contribuer, à leur échelle, à un changement de regard plus juste et plus humain.
Les personnes stomisées n’ont pas attendu la Fashion Week pour exister. Mais grâce à ce défilé, elles ont gagné une visibilité nouvelle dans un univers qui, jusqu’ici, les avait largement ignorées. Et c’est peut-être là le plus bel enseignement pour tous ceux qui travaillent dans le marketing et la communication : parfois, le plus grand impact ne vient pas d’une innovation produit spectaculaire, mais d’une simple décision de regarder autrement et de donner à voir ce qui était resté dans l’ombre.
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