Et si la meilleure façon de diriger un géant de la publicité consistait précisément à ne jamais abandonner la table à dessin ? C’est exactement le pari que vient de faire McCann en confiant la présidence mondiale à Andrés Ordóñez. Déjà directeur de la création à l’échelle planétaire, il empile désormais les responsabilités stratégiques et relationnelles sans lâcher d’un millimètre son rôle créatif. Dans un secteur encore marqué par les séismes des grandes fusions, ce choix envoie un signal fort : la créativité n’est plus seulement un département, elle devient le cœur du pouvoir.
L’annonce, révélée fin octobre 2026, s’inscrit dans un contexte très particulier. Le rachat d’Interpublic par Omnicom, bouclé le 26 novembre 2025, a redessiné la carte mondiale des réseaux. Trois pôles créatifs majeurs émergent désormais : BBDO, TBWA et McCann. Au milieu de cette recomposition, la promotion d’Andrés Ordóñez apparaît comme une décision à la fois logique et audacieuse. Logique parce que son parcours international parle de lui-même. Audacieuse parce qu’elle refuse la séparation classique entre le « business » et la « création ».
Un parcours international qui force le respect
Avant d’arriver chez McCann fin 2025, Andrés Ordóñez a enchaîné les postes à forte responsabilité. Il a d’abord dirigé la création d’Energy BBDO, puis celle de FCB Chicago. En 2024, il prenait la tête de la création mondiale de FCB. Chaque étape a renforcé sa capacité à orchestrer des équipes dispersées sur plusieurs continents tout en gardant une exigence créative élevée. Lorsqu’il rejoint McCann, le réseau cherche précisément quelqu’un capable de parler le langage des clients internationaux tout en restant crédible aux yeux des créatifs.
Cette double compétence est rare. Trop souvent, les profils purement business peinent à inspirer les équipes de création, tandis que les grands créatifs refusent de s’éloigner du terrain. Andrés Ordóñez semble avoir trouvé l’équilibre. Son expérience au sein de réseaux déjà intégrés dans de grands groupes lui a appris à naviguer entre les impératifs de rentabilité et la nécessité de produire des idées qui marquent les esprits. C’est ce bagage qui justifie aujourd’hui l’élargissement de ses attributions.
Une présidence qui ne sacrifie pas la création
Le communiqué de McCann est clair : Andrés Ordóñez conserve la direction de la création mondiale. Il ajoute simplement une couche de responsabilités orientées vers le développement des clients et la coordination des métiers au sein du réseau. Il rendra désormais compte à Andrew Robertson, directeur général d’Omnicom Advertising. Cette organisation montre que le groupe souhaite un leadership capable de relier directement la vision créative aux enjeux commerciaux.
Dans la pratique, cela signifie que le président du réseau passera davantage de temps avec les grands comptes, participera aux discussions stratégiques sur les partenariats internationaux et veillera à ce que les différentes disciplines (création, data, médias, expérience) travaillent vraiment ensemble. L’objectif n’est pas de transformer un créatif en pure machine à chiffres, mais de placer quelqu’un qui comprend intimement la valeur de la création au centre des décisions d’affaires.
Continuer de diriger la création tout en travaillant plus directement au développement des clients et à la collaboration entre les métiers du réseau.
– Communiqué McCann, octobre 2026
Le contexte de la fusion Omnicom-Interpublic change tout
Pour bien mesurer l’importance de cette nomination, il faut revenir sur le grand chamboulement de fin 2025. Le rachat d’Interpublic par Omnicom a créé le nouveau numéro un mondial du secteur. Immédiatement, le groupe a réorganisé ses forces autour de trois réseaux créatifs internationaux : BBDO, TBWA et McCann. FCB, d’où venait précisément Andrés Ordóñez, a été intégré à BBDO. Cette redistribution des cartes a généré des mouvements de talents et des redéfinitions de périmètres.
Dans un tel environnement, nommer un président qui connaît déjà les coulisses de plusieurs réseaux du nouvel ensemble prend une dimension stratégique. Andrés Ordóñez arrive chez McCann avec une vision claire des forces et des faiblesses des différentes cultures d’agence. Il sait comment BBDO fonctionne, il a vécu l’intérieur de FCB, et il découvre maintenant McCann avec un regard frais mais informé. Cette connaissance croisée devient un atout précieux pour fluidifier les collaborations et éviter les doublons coûteux.
La fusion a aussi créé un climat d’incertitude pour de nombreux collaborateurs. Les équipes se demandent qui restera, quelles cultures survivront, quels clients seront redistribués. En choisissant de renforcer un profil créatif à la tête de McCann, Omnicom envoie le message que la qualité des idées restera le critère numéro un, même dans un univers de consolidation extrême.
Tyler Turnbull part, un vide stratégique s’ouvre
Autre élément majeur du puzzle : Tyler Turnbull, actuel PDG mondial de McCann, doit rejoindre WPP Creative au début de l’année 2027. Cette annonce laisse un espace de pouvoir important. Andrés Ordóñez gagne dès maintenant des responsabilités dans la conduite du réseau, même si Omnicom n’a pas encore précisé qui succédera officiellement à Tyler Turnbull. La promotion d’aujourd’hui peut donc se lire comme une mise en position pour l’avenir.
Dans les agences, les périodes de transition sont souvent délicates. Les clients ressentent rapidement le moindre flottement. En élargissant dès maintenant le rôle d’Andrés Ordóñez, McCann sécurise une continuité de leadership. Les équipes savent à qui s’adresser, les annonceurs voient un visage familier monter en responsabilité, et le réseau évite le syndrome du « président par intérim » qui affaiblit parfois les organisations.
Pourquoi les créatifs au pouvoir changent la donne
Historiquement, les grands réseaux publicitaires ont longtemps séparé les rôles. D’un côté les « suit guys » qui géraient les P&L et les relations clients, de l’autre les « creatives » qui produisaient les idées. Cette séparation a produit des résultats mitigés. Trop souvent, les décisions budgétaires se prenaient sans réelle compréhension de ce qui rend une campagne mémorable. À l’inverse, certains créatifs devenus managers perdaient le contact avec le terrain et finissaient par défendre des process plutôt que des idées.
Le modèle qu’incarne Andrés Ordóñez tente de dépasser cette dichotomie. En restant directeur de la création tout en assumant la présidence, il force l’organisation à raisonner autrement. Les discussions sur les marges intègrent automatiquement la question de la qualité créative. Les arbitrages sur les investissements tiennent compte de l’impact émotionnel potentiel. Cette hybridation du leadership pourrait bien devenir un standard dans les années qui viennent.
On observe d’ailleurs un mouvement plus large dans l’industrie. Plusieurs réseaux tentent de placer des profils issus de la création à des postes stratégiques. L’idée sous-jacente est simple : dans un monde saturé de contenus, la capacité à produire des idées qui percent le bruit devient un avantage concurrentiel aussi important que la maîtrise des données ou l’efficacité média.
Les nouveaux défis d’un président-créatif
Élargir son rôle ne se fait pas sans tensions. Andrés Ordóñez devra désormais jongler entre des agendas très différents. Les sessions de brainstorming avec les équipes créatives, les dîners avec les grands annonceurs, les comités de direction Omnicom, les arbitrages sur les ressources entre bureaux… La charge mentale risque d’être considérable. La question se pose alors : comment rester suffisamment proche du terrain créatif pour ne pas perdre sa légitimité auprès des équipes ?
La réponse se trouve probablement dans la façon dont il structurera son temps et ses équipes. Un président-créatif efficace délègue massivement l’opérationnel tout en gardant la vision. Il s’entoure de directeurs de création régionaux solides, met en place des rituels de revue créative réguliers et refuse de se laisser absorber uniquement par les sujets administratifs. C’est un équilibre fragile qui demande une discipline personnelle importante.
Un autre défi concerne la culture interne. McCann possède une histoire riche et une identité propre. Après l’intégration dans le nouvel Omnicom et le départ annoncé de Tyler Turnbull, les collaborateurs ont besoin de repères. Andrés Ordóñez devra incarner à la fois la continuité et le renouveau. Montrer que la créativité reste sacrée tout en acceptant les nouvelles règles du jeu d’un groupe consolidé.
Ce que cette nomination révèle sur l’industrie en 2026
Au-delà du cas particulier de McCann, la promotion d’Andrés Ordóñez dit beaucoup sur l’état actuel de la publicité mondiale. Premièrement, les fusions géantes ne tuent pas forcément la créativité ; elles peuvent même la placer au centre du pouvoir si les dirigeants le décident. Deuxièmement, les profils hybrides deviennent les plus recherchés. Savoir parler budget et brief créatif avec la même aisance est désormais un atout différenciant.
Troisièmement, la consolidation pousse les réseaux à clarifier leur positionnement. Avec seulement trois grands pôles créatifs chez Omnicom, chacun doit affirmer une personnalité distincte. McCann, en choisissant un président profondément ancré dans la création, choisit de se définir par l’excellence des idées plutôt que par la seule puissance média ou data.
Enfin, cette décision rappelle que les talents restent mobiles. Le départ de Tyler Turnbull vers WPP Creative montre que même au plus haut niveau, les dirigeants continuent de bouger. Les groupes qui sauront offrir des rôles stimulants et une réelle influence créative auront plus de chances de retenir ou d’attirer les meilleurs profils.
Les implications pour les clients et les équipes
Pour les annonceurs, avoir un interlocuteur qui comprend intimement les enjeux créatifs peut changer la nature des conversations. Au lieu de devoir expliquer longuement pourquoi une idée mérite d’être défendue, ils trouvent en face d’eux quelqu’un qui a déjà vécu ces combats de l’intérieur. Cela peut accélérer les prises de décision et améliorer la qualité des briefs.
Côté équipes, l’effet est double. D’un côté, la fierté de voir un « des leurs » accéder au sommet. De l’autre, une exigence plus forte. Quand le président est lui-même un créatif reconnu, il devient plus difficile de présenter des travaux moyens. Le niveau d’ambition collective a tendance à monter.
La coordination entre métiers devrait également progresser. Andrés Ordóñez a pour mission explicite de fluidifier les collaborations. Dans un réseau où création, stratégie, data et production doivent travailler ensemble, avoir un arbitre qui parle tous les langages constitue un avantage concret.
Regards croisés sur le leadership créatif moderne
On peut comparer cette trajectoire à d’autres exemples récents dans l’industrie. Certains réseaux ont tenté de placer des managers purement financiers à la tête d’agences créatives, avec des résultats parfois décevants en termes d’attraction de talents. D’autres ont au contraire laissé trop de pouvoir à des créatifs peu à l’aise avec les réalités économiques, générant des tensions avec les actionnaires. Le modèle mixte qu’adopte McCann cherche le meilleur des deux mondes.
Dans un environnement où les clients demandent à la fois de la performance mesurable et de l’impact émotionnel, ce type de leadership devient particulièrement pertinent. Les marques n’ont plus le luxe de choisir entre efficacité et créativité. Elles exigent les deux. Un président capable de tenir ces deux bouts du spectre apporte une réponse structurelle à cette demande.
Les prochaines étapes à surveiller
Plusieurs questions restent ouvertes. Qui prendra officiellement la suite de Tyler Turnbull en 2027 ? Comment Andrés Ordóñez organisera-t-il concrètement son temps entre création et présidence ? Quelles initiatives lancera-t-il pour renforcer la collaboration entre les métiers du réseau ? Les réponses à ces questions détermineront si cette promotion reste une belle annonce ou devient un vrai tournant pour McCann.
On peut aussi s’interroger sur l’effet d’entraînement. D’autres réseaux du nouvel Omnicom ou chez les concurrents vont-ils s’inspirer de ce modèle ? Verra-t-on davantage de directeurs de création accéder à des rôles de président ou de CEO ? L’industrie publicitaire a toujours fonctionné par vagues d’imitation. Si l’expérience McCann se révèle positive, le mouvement pourrait s’accélérer.
Une leçon plus large pour les organisations
Au-delà du seul secteur publicitaire, cette nomination interroge la façon dont les entreprises valorisent (ou non) leurs talents créatifs. Trop souvent, les profils issus de la création se heurtent à un plafond de verre dès qu’il s’agit de responsabilités stratégiques. On leur confie les campagnes, mais rarement les comptes de résultat ou les relations actionnaires. Le choix de McCann montre qu’une autre voie est possible.
Pour les jeunes talents qui hésitent entre une carrière purement créative et un parcours plus managérial, l’exemple d’Andrés Ordóñez offre une perspective stimulante. Il n’est pas nécessaire d’abandonner sa passion pour les idées afin d’accéder aux plus hautes responsabilités. Au contraire, c’est précisément cette passion qui peut devenir le socle d’un leadership différenciant.
Les organisations qui sauront créer des parcours permettant aux créatifs de monter sans se renier auront un avantage dans la guerre des talents. Dans un monde où l’intelligence artificielle transforme déjà une partie de la production, la capacité humaine à imaginer des concepts originaux et à inspirer des équipes devient encore plus précieuse. Placer ces profils au sommet n’est plus seulement une question de justice interne, c’est une nécessité stratégique.
McCann dans le nouvel équilibre des forces
Avec BBDO, TBWA et McCann comme piliers créatifs d’Omnicom, chacun doit trouver sa voix. BBDO a historiquement cultivé une culture de l’idée forte et du craft. TBWA mise sur la disruption et l’esprit « open source ». McCann, de son côté, a souvent mis en avant sa capacité à construire des marques dans la durée et à orchestrer des dispositifs complexes. En plaçant un créatif expérimenté à sa tête, le réseau affirme que cette identité restera centrée sur la qualité des idées.
La concurrence interne entre les trois réseaux sera réelle. Les clients du groupe regarderont attentivement les performances créatives et business de chacun. Dans ce contexte, le leadership d’Andrés Ordóñez sera scruté. S’il parvient à faire progresser simultanément la réputation créative et les résultats financiers de McCann, il validera le modèle du président-créatif. Dans le cas contraire, les sceptiques auront beau jeu de réclamer un retour à une séparation plus classique des rôles.
Les compétences clés du leader hybride
Quelles qualités faudra-t-il pour réussir dans ce type de poste ? D’abord, une crédibilité créative intacte. Les équipes ne suivent vraiment que ceux qu’elles respectent sur le fond. Ensuite, une aisance avec les chiffres et les enjeux business. Un président qui ne comprend pas un compte de résultat ou une négociation de contrat se retrouve vite dépassé. Enfin, une capacité à fédérer des cultures différentes. Dans un réseau mondial post-fusion, les sensibilités varient énormément d’un bureau à l’autre.
Andrés Ordóñez semble disposer de ces trois ingrédients. Son parcours le prouve. Reste à voir s’il saura les mobiliser dans un contexte particulièrement exigeant. La période qui s’ouvre sera révélatrice. Les six à douze prochains mois diront si le modèle tient la route ou s’il nécessite des ajustements.
Un signal encourageant pour toute l’industrie
Au final, la nomination d’Andrés Ordóñez à la présidence mondiale de McCann tout en conservant la direction de la création constitue bien plus qu’une simple promotion interne. C’est un acte de foi dans la valeur stratégique de la créativité. Dans un univers publicitaire dominé par les discussions sur la data, l’automatisation et les coûts, rappeler que les idées restent le nerf de la guerre a quelque chose de rafraîchissant.
Les prochains mois permettront de juger sur pièces. En attendant, cette décision offre déjà matière à réflexion pour tous ceux qui s’intéressent à l’avenir des agences, au leadership et à la place de la création dans les organisations. Elle montre qu’il est possible de refuser les cases trop étroites et de construire des parcours qui honorent à la fois l’exigence artistique et la responsabilité managériale.
Pour les professionnels du marketing, de la communication et de la publicité, le message est clair : la frontière entre création et business devient de plus en plus poreuse. Ceux qui sauront naviguer dans les deux univers auront les cartes en main pour diriger les réseaux de demain. Andrés Ordóñez vient d’en donner une illustration concrète. Reste maintenant à écrire la suite de l’histoire.
L’industrie regarde. Les équipes McCann aussi. Et quelque part, dans les open spaces et les salles de brief du monde entier, une génération de créatifs se dit peut-être que le sommet n’est plus forcément réservé aux autres.
Perspectives pour les réseaux publicitaires post-fusion
La réorganisation d’Omnicom autour de trois réseaux majeurs n’est pas anodine. Elle répond à une logique de simplification et de puissance. Moins de marques d’agence, plus de clarté pour les clients, davantage de synergies possibles. Mais cette simplification comporte aussi des risques. Les cultures d’agence sont des organismes vivants. Les forcer dans des cases trop rigides peut tuer ce qui faisait leur singularité.
En nommant un président issu de la création et connaissant plusieurs univers, McCann se donne les moyens de préserver une identité forte tout en jouant le jeu du nouvel ensemble. C’est un exercice d’équilibriste. Trop d’intégration et l’agence perd son âme. Trop d’indépendance et elle passe à côté des avantages du groupe. Le rôle d’Andrés Ordóñez sera précisément de tenir cet équilibre au quotidien.
Les clients, eux, jugeront aux résultats. Ils regarderont si les campagnes gagnent en efficacité, si les idées deviennent plus audacieuses, si la collaboration entre disciplines s’améliore réellement. Dans un marché où les budgets restent sous pression, seule la performance justifiera les choix organisationnels.
Le poids des relations clients dans le nouveau mandat
L’un des aspects les plus intéressants de la promotion concerne le développement des clients. Andrés Ordóñez ne se contentera plus de superviser la qualité créative. Il s’impliquera directement dans la croissance du portefeuille. Cela signifie rencontrer les décideurs marketing, comprendre leurs enjeux business parfois très éloignés de la publicité pure, et proposer des approches qui dépassent le simple film ou la campagne digitale.
Cette proximité avec les clients change la nature du rôle. Un directeur de création classique peut parfois se permettre une certaine distance. Un président-créatif n’a plus ce luxe. Il doit incarner la promesse de l’agence auprès des annonceurs tout en restant le garant de l’exigence interne. C’est une posture exigeante qui demande diplomatie, vision et capacité d’écoute.
Dans un contexte où les relations clients se tendent souvent autour des questions de rémunération et de performance, avoir un interlocuteur qui parle le langage des idées tout en comprenant les contraintes économiques peut apaiser les discussions et ouvrir de nouvelles opportunités de collaboration.
Formation et transmission : un enjeu caché
Un aspect moins visible mais tout aussi important concerne la transmission. En restant ancré dans la création tout en occupant un rôle de président, Andrés Ordóñez devient un modèle pour les générations suivantes. Les jeunes créatifs peuvent se projeter. Ils voient qu’il est possible de gravir les échelons sans renier ce qui les a fait aimer ce métier.
Cette dimension de rôle modèle n’est pas anecdotique. Dans une industrie qui peine parfois à retenir ses meilleurs talents, offrir des perspectives d’évolution attractives constitue un levier puissant. Les profils les plus brillants hésitent souvent entre rester en agence ou partir côté annonceur, en consulting ou dans la tech. Montrer que l’on peut diriger un réseau mondial tout en restant créatif peut faire pencher la balance.
McCann a donc intérêt à mettre en avant ce parcours et à créer des conditions pour que d’autres puissent emprunter des chemins similaires. Mentoring, programmes de leadership hybrides, mobilité internationale… Les outils existent. Encore faut-il les activer avec conviction.
Conclusion ouverte sur un nouveau chapitre
La prise de présidence mondiale par Andrés Ordóñez sans quitter la création marque un moment intéressant dans l’histoire récente des grands réseaux. Elle intervient après une fusion majeure, à la veille d’un départ important, et dans un contexte où la publicité cherche encore ses marques entre intelligence artificielle, fragmentation des audiences et exigences de rentabilité.
Plutôt que de céder à la tentation du management purement financier ou de l’isolement créatif, McCann a choisi une voie médiane ambitieuse. Le succès n’est pas garanti. Les obstacles sont nombreux. Mais l’intention mérite d’être saluée. Elle rappelle que les meilleures organisations sont souvent celles qui refusent les fausses oppositions et cherchent à faire dialoguer des compétences que d’autres séparent.
Dans les mois et les années qui viennent, le regard se portera sur les résultats concrets. Qualité des campagnes, satisfaction des clients, engagement des équipes, performance financière… C’est à ces critères que l’on jugera si le pari était le bon. En attendant, une chose est déjà certaine : la conversation sur le leadership dans les agences vient de s’enrichir d’un nouvel exemple. Et cet exemple place la créativité exactement là où elle devrait toujours être : au centre du jeu.
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